Alain Finkielkraut : les antisémites d’extrême gauche m’empêchent de sortir
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Alain Finkielkraut : les antisémites d’extrême gauche m’empêchent de sortir

Le philosophe compare les manifestants responsables de la quasi-annulation de son intervention dans une grande école aux fascistes des années 30 en Europe

Alain Finkielkraut, dans son appartement parisien. (Crédit : Robert Sarner/ Times of Israel)
Alain Finkielkraut, dans son appartement parisien. (Crédit : Robert Sarner/ Times of Israel)

JTA — Alain Finkielkraut a déclaré qu’en raison des manifestations d’extrême gauche organisées contre lui, il ne peut « plus mettre le nez dehors ».

Il s’est exprimé dans une interview mercredi avec le magazine Marianne à la suite des manifestations survenues la veille à Sciences Po Paris, où il était attendu pour intervenir dans une conférence sur l’avenir de l’Europe. Des étudiants d’extrême gauche s’étaient réunis pour protester contre sa venue.

En raison des menaces de manifestations, les organisateurs ont annulé l’annulation de l’événement, puis sa relocalisation dans une école de commerce voisine, l’IPAG. La conférence s’est finalement tenue comme initialement prévu, après un renforcement des mesures de sécurité, à la suite de ce que le site du magazine Valeurs Actuelles a qualifié de jeu du chat et de la souris entre Sciences Po et contestataires.

Dans un texte publié sur Facebook, les responsables de l’appel à manifester devant l’école ont déclaré : « nous ne pouvons accepter que ‘l’Europe moderne’ soit celle d’Alain Finkielkraut et de ses propos islamophobes, racistes, sexistes et homophobes. » Un porte-parole de Sciences Po a qualifié le groupe « d’extrême gauche ».

Finkielkraut a souvent mis en garde contre le danger représenté par les communautés immigrées musulmanes fermées pour la société française et a accusé l’islam de la résurgence de l’antisémitisme ces dernières années.

Les organisateurs de la conférence avaient justifié l’annulation de l’événement ainsi : « La sécurité de notre intervenant est notre priorité et face aux menaces il est préférable de ne prendre aucun risque ». Les manifestants ont tenté de bloquer l’accès à l’IPAG et à Sciences Po, mais ont été tenus à distance par la police.

D’autres intervenants étaient prévus, mais non mentionnés dans le texte des protestataires. Le philosophe a été pris à parti il y a peu en marge d’une manifestation des Gilets jaunes à Paris et traité de « sioniste ». En 2016, il avait été également violemment exclu d’un rassemblement du mouvement Nuit debout dans la capitale.

« C’est peut-être le début d’un phénomène », a réagi Alain Finkielkraut après les incidents. Commentant l’attitude des contestataires, il a riposté : « Le fascisme c’est vous, les années 30, c’est vous, l’antisémitisme, c’est vous ».

L’essayiste a fait son entrée à l’Académie française en 2016.

Soutien d’Israël, il est membre de l’organisation J Call, inspirée de l’américaine J Street.

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