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Alpes-Maritimes : Beuil sacré « Village des Justes de France »

Entre l'été 1943 et l'été 1944, les Beuillois ont caché et sauvé une centaine de juifs

Beuil, 13 October 2008 ( Crédit : Zil, CC BY-SA 3.0)
Beuil, 13 October 2008 ( Crédit : Zil, CC BY-SA 3.0)

Créé en 2010, le réseau des « Villes et Villages des Justes de France » distingue les localités qui ont caché des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. À Beuil, village des Alpes-Maritimes, dans les Gorges du Cians, entre l’été 1943 et l’été 1944, une centaine de juifs ont été cachés par les 250 personnes qui y vivaient.

Le 14 novembre dernier, leurs familles, des officiels, des habitants et des personnes cachées à l’époque leur ont rendu hommage. Aujourd’hui habité par plus de 500 personnes, Beuil a fait son entrée par les « Villes et Villages des Justes de France »

Parmi les stratégies mises en place à l’époque : un système de garde, plus bas dans la vallée, pour prévenir de l’arrivée des Allemands, et des caches réparties dans le village, dans les granges ou dans l’église de l’abbé Ollive, pour abriter les juifs en cas de scénario catastrophe…

Finalement, aucune dénonciation ou arrestation n’a été effectuée, tous les juifs accueillis ont été sauvés.

Le 14 novembre dernier, lors de la cérémonie organisée pour la célébrer, leur descendants, des officiels, des habitants, et des survivants leur ont rendu hommage.

Michèle Khan, qui a survécu, enfant, grâce à l’accueil des Beuillois s’est ainsi rappelée à haute voix de « ceux qui ont équipé des caches et des placards de survie, qui ont partagé chaque jour la polenta, la pomme de terre et les lentilles, avec ceux qui pouvaient à tout instant causer leur perte. Cela se nomme l’amour des autres », cite France 3 Provence alpes côte d’azur.

Une plaque siglée du réseau des « Villes et Villages des Justes de France » a été inaugurée par le maire et le président du Conseil départemental, Charles-Ange Ginésy, sous des applaudissements émus.

L’histoire de ce sauvetage a longtemps été gardée secrète. Elle a été découverte par un habitant, Michel Rémy. Il a mis au jour des archives spécifiant l’attitude du village de Beuil à cette période de l’Histoire, en 2014, dont il n’avait jamais entendu parler avant.

C’est sa démarche qui a permis l’attribution du titre de « Villes et Villages des Justes de France ».

L’Institut international pour la mémoire de la Shoah, installée à Jérusalem, a diligenté l’enquête pour recueillir des preuves et des témoignages sur ce sauvetage. Yad Vashem a créé le programme de Justes parmi les nations en 1963. Il rend hommage à ceux « qui ont risqué leurs vies pour sauver des juifs pendant l’Holocauste. Ceci représente une unique, et sans précédent, tentative des victimes d’honorer les individus […] qui se sont tenus à leurs côtés ».

Très strictes, les enquêtes de Yad Vashem pour honorer les Justes parmi les nations et valider l’inscription de la commune au rang des « Villes et Villages des Justes de France » se font uniquement s’il n’y a eu aucune contrepartie.

Beuil est devenue ainsi la 139e commune française à être élevée à ce rang.

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