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Alsace: des tags antisémites et racistes sur la maison d’un maire non-juif

"Mon nom n'était nulle part, mais ma maison a été visée en tant qu'élu alsacien", a déclaré Etienne Wolf, maire de Brumath, de confession catholique

L'Hôtel de ville de Brumath. (Crédit : CC BY-SA 4.0)
L'Hôtel de ville de Brumath. (Crédit : CC BY-SA 4.0)

Des tags antisémites et racistes, visant notamment le préfet de la région Grand Est et les migrants, ont été inscrits sur la maison du maire de Brumath (Bas-Rhin) dans la nuit de jeudi à vendredi, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

« Toutes les façades de la maison et la porte du garage ont été taguées sur deux mètres de haut », a expliqué à l’AFP le maire de Brumath, Etienne Wolf, « effaré ».

Il était écrit, a-t-il détaillé: « Marx=Jude » (juif en allemand) à côté d’une croix gammée, « Le préfet juif Marx, on ne veut plus de migrants », « Migrant raus » (dehors en allemand) ou encore « Elus alsaciens=vendus ».

« Mon nom n’était nulle part, mais ma maison a été visée en tant qu’élu alsacien », a-t-il ajouté, précisant qu’il était de confession catholique et avait enseigné la religion pendant trente ans.

Une plainte a été déposée auprès de la gendarmerie et des techniciens en identification criminelle ont procédé à un relevé d’indices, a précisé l’élu, qui est aussi vice-président du conseil départemental du Bas-Rhin.

M. Wolf a ensuite fait recouvrir de peinture les inscriptions. « Ça fait 18 ans que je suis maire, je n’ai jamais été confronté à cette problématique », a-t-il ajouté.

Des inscriptions antisémites visant entre autres le préfet, Jean-Luc Marx, ont été relevées ces dernières semaines dans cinq autres communes du Bas-Rhin, a indiqué à l’AFP la préfecture.

Le préfet Marx a déposé plainte après ces faits, a ajouté la préfecture sans autre détail.

Dans un communiqué, le président LR de la région Grand Est, Jean Rottner, a dénoncé des « actes (qui) sont contraires à l’esprit de respect de l’Autre et d’humanisme qui caractérisent nos territoires » et fait part de sa « profonde indignation ».

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé vendredi, 80 ans après la funeste nuit de Cristal et ses exactions nazies contre les Juifs en Allemagne le 9 novembre 1938, que les actes antisémites en France avaient progressé de plus de 69 % au cours des neuf premiers mois de 2018.

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