Amir Haskel arrêté au rassemblement anti-Netanyahu : une « ligne a été franchie »
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Amir Haskel arrêté au rassemblement anti-Netanyahu : une « ligne a été franchie »

L'ex-général Amir Haskel, libéré dimanche, a dit que sa détention valait le coup si elle "allumait la flamme" en faveur des protestations contre les accusations du Premier ministre

Le militant israélien et ancien général de l'armée de l'air Amir Haskel tient une conférence de presse à Tel Aviv, le 28 juin 2020. (Avshalom Sassoni/Flash90)
Le militant israélien et ancien général de l'armée de l'air Amir Haskel tient une conférence de presse à Tel Aviv, le 28 juin 2020. (Avshalom Sassoni/Flash90)

Un ancien général de l’armée de l’air arrêté lors d’une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré, après sa libération dimanche, que sa détention « dépassait les bornes » mais qu’elle « valait le coup » si elle galvanisait d’autres personnes à se rassembler contre le Premier ministre au sujet de ses accusations criminelles.

Un tribunal a ordonné la libération du général de brigade à la retraite Amir Haskel tôt dimanche, un jour après que des centaines de personnes ont protesté devant la résidence du leader israélien pour demander sa libération.

« Une ligne a été franchie qui ne doit pas l’être. La raison de mon arrestation était un désir de faire taire la protestation contre la personne accusée d’un crime, Benjamin Netanyahu », a déclaré Haskel lors d’une conférence de presse dimanche soir.

« Dans l’État moral d’Israël, il est impossible qu’une personne accusée d’un crime soit Premier ministre ».

« Si mon arrestation, et celle de deux de mes amis, a allumé la flamme, le prix en valait la peine », a-t-il ajouté.

L’arrestation de Haskel, ainsi que de deux autres personnes, a fait de lui un symbole du mouvement de protestation qui s’oppose au maintien du pouvoir de Netanyahu. Des manifestations ont eu lieu fréquemment dans tout le pays, les manifestants brandissant des pancartes portant la mention « crime minister » et demandant la démission de Netanyahu.

Les Israéliens protestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant sa résidence officielle à Jérusalem, le 27 juin 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Ces arrestations ont été dénoncées avec colère par d’éminents Israéliens et des centaines d’entre eux ont manifesté devant la résidence de Netanyahu samedi, beaucoup d’entre eux reprochant à la police d’avoir procédé à ce qu’ils considéraient comme des arrestations à motivation politique.

Alors que certains avaient été arrêtés pour avoir bloqué une route pendant la manifestation, Haskel n’était pas parmi eux, mais la police a déclaré qu’il portait la responsabilité en tant qu’organisateur de la manifestation.

« Nous sommes de simples citoyens, arrêtés pour avoir organisé une manifestation, ce qui est un droit dans un État démocratique. Personne ne nous enlèvera cela maintenant », a déclaré M. Haskel lors de la conférence de presse.

« Je n’aurais jamais pensé voir une cellule de prison de l’intérieur », a-t-il ajouté.

La police a déclaré avoir offert de libérer Haskel et d’autres personnes si elles acceptaient de s’abstenir de retourner sur les lieux des manifestations. Haskel et deux autres ont refusé les conditions et sont restés en détention jusqu’à ce que le tribunal les libère.

La police évacue une manifestante lors d’une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 26 juin 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Lors de l’audience de placement en détention, un juge a déclaré qu’une injonction restrictive serait à la limite d’une atteinte à la liberté d’expression.

Le chef de la police par intérim du pays a déclaré que les services de police tireraient les leçons de l’incident.

« Le rôle de la police est de permettre la liberté d’expression et de manifestation à toute personne et de maintenir la paix et la sécurité publiques ; ceci, indépendamment du sujet de la manifestation, de l’identité des manifestants ou de leurs opinions », a déclaré le commissaire par intérim Motti Cohen.

Le Général de brigade (Rés.) Amir Haskel (deuxième à partir de la gauche) et deux autres manifestants lors de l’audience du tribunal de première instance de Jérusalem le 27 juin 2020, après avoir été arrêtés lors d’une manifestation devant la résidence officielle du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem. (Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu est jugé pour une série de scandales dans lesquels il aurait reçu de somptueux cadeaux d’amis milliardaires et échangé des faveurs réglementaires avec des magnats des médias pour une couverture plus favorable de lui-même et de sa famille. Le procès doit reprendre le mois prochain.

Netanyahu a nié tout acte répréhensible, qualifiant ces accusations de chasse aux sorcières menée contre lui par des médias hostiles et un système d’application de la loi partial.

Ces scandales, ainsi que l’inculpation de Netanyahu, ont occupé une place importante dans trois campagnes électorales israéliennes au cours de l’année. L’impasse politique a finalement pris fin le mois dernier lorsque Netanyahu a conclu un accord de partage du pouvoir avec son principal adversaire, le chef d’état-major à la retraite Benny Gantz.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre de la Défense Benny Gantz lors de la réunion hebdomadaire du cabinet, au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 28 juin 2020. Derrière Netanyahu se trouve le secrétaire de cabinet Tzahi Braverman. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Mais les tensions étaient encore évidentes lors de la réunion hebdomadaire du cabinet de dimanche lorsque Gantz, le ministre de la Défense et Premier ministre d’alternance, a évoqué l’arrestation de Haskel et a déclaré que le droit de manifester était un « droit sacré ».

Netanyahu, assis à ses côtés, a rétorqué que le droit de manifester n’avait jamais été remis en question et qu’Israël l’avait autorisé même dans les moments les plus restrictifs de la récente épidémie de coronavirus.

« L’argument selon lequel nous cherchons à la limiter est absurde », a-t-il déclaré. « En même temps, les lois et règlements de l’État d’Israël doivent être maintenus. Ce n’est pas la prérogative d’une partie de dire qu’elle soutient l’État de droit et ensuite de le piétiner ».

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