Amir Peretz a dit que le « démon » du racisme disparaîtra après les élections
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Amir Peretz a dit que le « démon » du racisme disparaîtra après les élections

Le chef nouvellement élu du parti Travailliste a tenu son premier meeting de campagne électorale dans la ville arabe de Tamra

Le chef du parti Travailliste Amir Peretz s'exprime lors d'un événement à Tamra, le 6 juillet 2019. (Crédit)
Le chef du parti Travailliste Amir Peretz s'exprime lors d'un événement à Tamra, le 6 juillet 2019. (Crédit)

Samedi, Amir Peretz, le chef du parti Travailliste israélien en très grande difficulté, a déclaré lors d’un meeting organisé dans la ville arabe du nord de Tamra que le racisme dans le pays cessera après les élections de septembre.

« Le démon du racisme sera éliminé et il ne fera pas partie d’un Israël démocratique après les prochaines élections », a déclaré Peretz, qui a dirigé le parti Travailliste de 2005 à 2007. « Notre campagne commune commence aujourd’hui. Les racistes resteront en dehors de la Knesset ».

Le parti anti-arabe d’extrême droite Otzma Yehudit n’a pas réussi à entrer à la Knesset après les élections d’avril, même après avoir rejoint l’Union des partis de droite dans un accord négocié par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, puisque ses candidats n’étaient pas assez hauts placés sur la liste pour obtenir des sièges. On ne sait pas clairement si le parti participera aux élections du 17 septembre dans le cadre de l’alliance.

Jeudi, Otzma Yehudit a lancé sa campagne alors que le chef du parti Michael Ben Ari a appelé à « renvoyer nos ennemis dans leurs pays ». Le parti a déclaré soutenir l’émigration des non-Juifs d’Israël, et à expulser les Palestiniens et les Arabes israéliens qui refusent d’affirmer leur loyauté à Israël et d’accepter un statut spécial dans un État d’Israël élargi, dont la souveraineté serait étendue sur toute la Cisjordanie.

Des membres de la communauté arabe dans le nord d’Israël et des représentants Travaillistes lors d’une réunion dans la ville de Tamra, le 6 juillet 2019. (Crédit)

Peretz s’est exprimé lors d’une réunion samedi pour renforcer les liens avec la communauté arabe en Israël et a présenté à l’assemblée ses idées pour traiter les problèmes de la communauté. Seul un parti Travailliste fort serait capable de combattre efficacement le racisme et de créer l’égalité en Israël, a-t-il dit.

« J’ai choisi cet endroit pour notre premier meeting de campagne parce que pour moi et les Travaillistes, vous êtes nos véritables partenaires, pas seulement des électeurs potentiels », a déclaré Peretz.

Environ 80 membres de la communauté arabe sont venus écouter Peretz s’exprimer, a annoncé le site d’information Walla.

Le meeting a eu lieu après une semaine de manifestations importantes dans ce qui a été perçu comme un acte raciste après qu’un policier hors-service a abattu Solomon Tekah, un Israélien d’origine éthiopienne, âgé de 19 ans.

Peretz a été élu mardi avec 47 % des votes des membres du parti, devançant Stav Shaffir (26,9 %) et Itzik Shmuli (26.3 %). Environ 30 000 militants travaillistes, 46 % des votants potentiels, ont participé à la primaire. La position du chef du parti s’est libérée quand Avi Gabbay a annoncé qu’il démissionnait après les mauvais résultats de son parti aux élections d’avril et après avoir envisagé une offre faite par Netanyahu de rejoindre la coalition, une hésitation qui a été très critiquée en interne.

De gauche à droite, Itzik Shmuli, Avi Gabbay, Stav Shaffir et Amir Peretz, le dirigeant travailliste sortant, lors d’une réunion du Parti travailliste à Tel Aviv, le 13 février 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Peretz n’aura pas la tâche facile puisqu’il doit faire revenir son parti sur le devant de la scène dans l’espace du centre gauche déjà très chargé. Le parti historique a reporté seulement six sièges sur 120 aux élections d’avril. Ces dernières années, le parti Travailliste a vu ses résultats s’effondrer à cause de luttes internes, de changements incessants à la tête du parti et de l’arrivée de beaucoup d’autres partis sur l’espace politique du centre-gauche.

Il y a beaucoup de spéculations sur de possibles alliances de partis de centre-gauche afin de renforcer leur poids électoral, même si les responsables vont suivre de très près les sondages internes pour savoir si de telles alliances pourraient leur faire gagner un nombre important de voix ou si la sommet de leurs résultats est en réalité plus important que le potentiel global.

Mercredi, des sondages d’opinion ont montré que les Travaillistes remporteraient sept à huit sièges en septembre.

Les mêmes sondages montraient que la Liste arabe unie remporterait 9 ou 12 sièges.

Le député Amir Peretz, le chef nouvellement élu du parti Travailliste s’exprime lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 3 juillet 2019. (Flash90)

Peretz, âgé de 67 ans, un ancien ministre de la Défense, a déclaré mercredi qu’il avait un programme qui ferait passer le parti Travailliste jusqu’à 15 sièges aux prochaines élections israéliennes.

Jeudi, il a dit qu’il était prêt à faire tout ce qu’il faudrait pour créer un large centre gauche, y compris en s’effaçant au profit de l’ancien Premier ministre Ehud Barak pour mener une liste commune de leurs deux partis.

Elu à la Knesset depuis 1988, Peretz a quitté les Travaillistes dans les années 1990 pour former le parti Am Ehad, qui a fusionné avec les Travaillistes en 2005. En 2012, Peretz a encore abandonné le parti pour rejoindre la formation politique Hatnua de Tzipi Livni, qui s’est associée avec le parti Travailliste en 2014 pour former l’Union sioniste.

En février 2016, Peretz a annoncé qu’il allait revenir chez les Travaillistes.

Des Israéliens ont voté le 9 avril, et 65 des 120 députés élus ont alors recommandé Netanyahu comme Premier ministre. Pourtant, au fil des semaines de tractations, Netanyahu n’a pas réussi à négocier une coalition de majorité, alors que le chef d’Yisrael Beytenu Avidgor Liberman a refusé de rejoindre la coalition parce qu’il n’avait pas reçu la garantie qu’un projet de loi encadrant la conscription des hommes ultra-orthodoxes dans l’armée israélienne serait voté sous sa forme actuelle.

Plutôt que de permettre à un autre député de tenter de former une coalition de majorité, Netanyahu a réussi à faire dissoudre la Knesset le 30 mai, préparant la voie à une autre élection pour le 17 septembre.

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