Amman s’oppose à l’ouverture d’un aéroport israélien près de sa frontière
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Amman s’oppose à l’ouverture d’un aéroport israélien près de sa frontière

"La Jordanie rejette l'implantation de l'aéroport israélien à son emplacement actuel", a affirmé le directeur de la Commission de réglementation de l'aviation civile jordanienne

Construction du nouvel aéroport international Ramon, à Timna, au nord d'Eilat, au sud d'Israël, janvier 2016. (Moshe Shai/FLASH90)
Construction du nouvel aéroport international Ramon, à Timna, au nord d'Eilat, au sud d'Israël, janvier 2016. (Moshe Shai/FLASH90)

La Jordanie a condamné lundi l’ouverture en Israël d’un nouvel aéroport international près de sa frontière, à proximité de la mer Rouge, affirmant que son espace aérien allait être menacé.

L’aéroport Ramon est situé dans le sud d’Israël à une dizaine de km du King Hussein International Airport, situé lui-même à quelques kilomètres d’Aqaba, ville portuaire jordanienne.

« La Jordanie rejette l’implantation de l’aéroport israélien à son emplacement actuel », a affirmé le directeur de la Commission de réglementation de l’aviation civile jordanienne, Haitham Misto, ont rapporté des médias étatiques.

Inauguré lundi, l’aéroport Ramon viole « les normes internationales concernant le respect de la souveraineté de l’espace aérien et du territoire d’autres pays », d’après M. Misto.

La cérémonie officielle s’est tenue en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu, arrivé en avion sur place.

L’échange entre le pilote de l’avion du Premier ministre et la tour de contrôle a été diffusé par haut-parleur aux invités présents à cette cérémonie, M. Netanyahu prenant la place du pilote pour annoncer « Aéroport Ramon, ici le vol Arkia 683, nous sommes très émus ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononce un discours à la cérémonie d’ouverture de l’aéroport Ramon, près d’ Eilat, le 21 janvier 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Benjamin Netanyahu, accompagné du ministre des Transports Israël Katz et des enfants de la famille d’Ilan Ramon, a coupé le ruban marquant l’ouverture de l’aéroport Ramon, du nom du premier astronaute israélien, mort en 2003 dans l’explosion de la navette spatiale américaine Columbia.

La Jordanie s’était opposée une première fois au projet d’aéroport lorsque sa construction avait débuté en 2013.

Une ministre avait expliqué en 2014 que la distance « très courte » entre l’aéroport Ramon et le King Hussein International Airport « affecterait les décollages et atterrissages ainsi que les mesures de sécurité ».

La Jordanie a fait part à l’Organisation de l’aviation civile internationale de sa « forte opposition » à cet aéroport, a rapporté M. Misto.

La commission qu’il dirige a par ailleurs informé l’Autorité de l’aviation civile israélienne que « la décision d’exploiter l’aéroport ne devrait pas être prise unilatéralement », a-t-il dit.

Amman se réserve le droit d’étudier « toutes les options afin d’assurer la défense des intérêts du royaume et sa protection », a mis en garde M. Misto.

La Jordanie est le seul pays arabe, avec l’Egypte, à avoir conclu la paix avec Israël, en 1994.

L’aéroport Ramon est destiné à stimuler le tourisme à destination de la mer Rouge et à servir d’alternative à Tel-Aviv, la principale plate-forme aéroportuaire de l’Etat hébreu, en cas de conflit.

Dans un premier temps, l’aéroport Ramon servira uniquement pour les vols intérieurs des compagnies israéliennes Arkia et Israir, qui opéreront à partir du 4 février, a indiqué à l’AFP le porte-parole de l’Autorité israélienne des Aéroports (IAA). La date à laquelle il accueillera aussi des vols internationaux n’est pas encore fixée.

Il pourra accueillir à terme des gros porteurs du monde entier.

Son site internet précise que sa capacité initiale sera de deux millions de passagers par an mais qu’elle sera ensuite portée à 4,2 millions d’ici 2030. Les visiteurs des Etats-Unis, de Russie, de France, d’Allemagne et de Grande-Bretagne ont constitué les plus importants contingents de touristes.

Ramon dispose d’une piste de 3 600 mètres, d’une capacité de parking de neuf « gros porteurs » et des installations pour traiter le fret.

Il se trouve à 18 km de la station balnéaire israélienne d’Eilat et du port jordanien adjacent d’Aqaba.

Il va servir d’abord uniquement pour les vols intérieurs de deux compagnies israéliennes. La date à laquelle il accueillera aussi des vols internationaux n’est pas encore fixée.

Le coût pour sa construction a atteint 455 millions de dollars (395 millions d’euros). Les travaux ont été lancés en 2013. Le projet a été modifié à plusieurs reprises au fur et à mesure que les ambitions étaient revues à la hausse.

L’Autorité israélienne des Aéroports a indiqué que les plans avaient notamment été révisés pour tenir compte des leçons de la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza contrôlée par les islamistes palestiniens du Hamas en 2014.

« En cas d’urgence, non seulement Israël sera en mesure de faire atterrir et de garer tous les avions civils à Ramon, mais aussi des appareils supplémentaires », affirme l’IAA.

A la suite du tir d’une roquette du Hamas sur un secteur situé dans le périmètres de l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, des compagnies aériennes étrangères avaient suspendu en 2014 leurs vols vers Israël.

Selon les médias israéliens, une clôture « intelligente » antimissiles de 26 m de haut et de 4,5 km de long doit protéger Ramon.

L’IAA a refusé de commenter ces informations.

Le tourisme constitue pour Israël une importante source de revenus, avec des recettes estimées à 5,8 milliards de dollars en 2018.

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