Amnesty accuse l’Iran de « torture » après les manifestations de novembre
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Amnesty accuse l’Iran de « torture » après les manifestations de novembre

Des manifestations déclenchées, après une forte hausse du prix du pétrole, ont été rapidement et sévèrement réprimées par les forces de sécurité

Des manifestants iraniens se rassemblent autour d'un feu lors d'une manifestation contre l'augmentation du prix de l'essence dans la capitale Téhéran, le 16 novembre 2019. (Crédit : AFP)
Des manifestants iraniens se rassemblent autour d'un feu lors d'une manifestation contre l'augmentation du prix de l'essence dans la capitale Téhéran, le 16 novembre 2019. (Crédit : AFP)

Les forces de sécurité iraniennes ont utilisé la « torture » pour obtenir des « aveux » de personnes arrêtées et des centaines ont été condamnées à des peines de prison depuis la sévère répression de manifestations en Iran l’an dernier, a accusé mercredi Amnesty international.

Des manifestations déclenchées en novembre à travers l’Iran, après une forte hausse du prix du pétrole, ont été rapidement et sévèrement réprimées par les forces de sécurité, qui ont procédé à de nombreuses arrestations, sur fond de coupure quasi complète d’internet.

Amnesty dit avoir recueilli des dizaines de témoignages de personnes arrêtées, estimant le nombre total d’interpellations à 7 000, dont des enfants.

Les témoignages révèlent « une liste de violations choquantes des droits humains, dont des détentions arbitraires, des disparitions forcées, la torture et d’autres mauvais traitements », a dénoncé l’ONG dans un rapport.

Les personnes arrêtées ont été soumises à la torture pour admettre avoir participé aux manifestations, être membre d’un groupe d’opposition ou être en contact avec des gouvernements ou médias étrangers, précise Amnesty.

La torture et les mauvais traitements, notamment par la police et des membres des renseignements, « étaient généralisés », d’après l’ONG.

Elle affirme avoir recueilli les noms de plus de 500 personnes « soumises à des poursuites pénales inéquitables en lien avec les manifestations ».

Des manifestants iraniens se rassemblent autour d’une voiture en feu lors d’une manifestation contre l’augmentation du prix de l’essence, dans la capitale Téhéran, le 16 novembre 2019. (AFP)

« Des centaines de personnes ont ainsi été condamnées à des peines de prison et de flagellation et plusieurs personnes à la peine de mort après des procès largement inéquitables à huis clos présidés par des juges biaisés », a accusé Amnesty, précisant que les peines de prison allaient d’un mois à 10 ans.

Les techniques de torture utilisées incluent des simulacres d’exécution ou de noyade, des coups, l’électrocution, la pulvérisation de gaz poivré sur les parties génitales, des violences sexuelles, et l’arrachage d’ongles, selon Amnesty.

« J’avais l’impression que des millions d’aiguilles perçaient tout mon corps », a affirmé à l’ONG un homme disant avoir subi des électrocutions. Un autre dit avoir été suspendu, les bras et jambes attachés à un poteau, une méthode qui serait nommée « le chicken kebab » par ses bourreaux.

En mai, le ministre iranien de l’Intérieur a indiqué que près de 225 personnes avaient été tuées durant les manifestations émaillées de violences.

Un groupe d’experts indépendants de l’ONU a avancé en décembre un bilan pouvant être supérieur à 400 morts durant la répression, selon des informations non confirmées.

L’Iran a accusé des « émeutiers » d’être à l’origine des violences, soutenus par Israël, les Etats-unis et l’Arabie saoudite, ses ennemis.

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