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Amsterdam : chant en hommage à une terroriste lors d’un rassemblement pro-BDS

Des élus néerlandais ont demandé au gouvernement local pourquoi il a autorisé cette manifestation antisémite qui s'est tenue près d'un mémorial dédié aux victimes des crimes nazis

Des activistes anti-Israël sur la place du Dam, à Amsterdam, en novembre 2018. (Crédit : capture d'écran Facebook)
Des activistes anti-Israël sur la place du Dam, à Amsterdam, en novembre 2018. (Crédit : capture d'écran Facebook)

AMSTERDAM (JTA) — Les représentants du parti au pouvoir aux Pays-Bas ont demandé aux responsables de la capitale d’expliquer pourquoi il tolère le discours antisémite et l’incitation anti-Israël, des propos tenus près d’un monument érigé en mémoire des victimes du nazisme.

Les membres du conseil municipal d’Amsterdam Marianne Poot du parti populaire libéral et démocrate, et Diederik Boomsma, de l’appel chrétien-démocrate, ont déposé une liste de neuf questions au gouvernement municipal en début de semaine, suite à une manifestation dimanche, qui encourage le boycott d’Israël et a lieu chaque semaine au monument de Dam Square.

Ce jour-là, le rassemblement, qui se limite généralement à une poignée d’activistes, a accueilli de nouveaux participants, principalement des hommes arabes mais également des Européens et plusieurs femmes. Les organisateurs ont lancé sur haut-parleur une chanson du rappeur Ismo, connu pour le contenu raciste et homophobe de ses créations. Dans un de ses textes en 2014, il déclarait : « je hais les juifs encore plus que les nazis ».

Intitulé « Free Palestine », la chanson rend hommage à l’attentat-suicide d’une kamikaze à Tel Aviv.

Le Center for Information and Documentation on Israel (CIDI), une organisation pro-israélienne a parlé de l’événement sur son site et cité les paroles d’Ismo qui ont retenti dans les hauts-parleurs : « c’est l’heure de pointe à Tel Aviv, elle monte dans le bus avec un type de 60 ans, elle s’assoit et ferme les yeux, et son désir de vengeance monte, elle veut l’exprimer, elle se fait sauter ».

Le lendemain, un activiste à déclaré à un journaliste du JTA qui filmait le rassemblement : »les juifs, ce cancer, votre peuple n’existe pas, vous êtes une invention ».

Une femme irlandaise a assuré de son côté que le rassemblement n’était pas antisémite : « la critique n’est pas l’antisémitisme ».

Amin Abou Rashed, un homme identifié par Israël et par d’autres agences de renseignement occidentales comme un membre actif du groupe terroriste palestinien du Hamas aux Pays-Bas, était présent à l’événement, aux côtés du militant pro-BDS Simon Vrouwe.

Poot et Boosma ont demandé au gouvernement local s’il considère qu’un discours antisémite est approprié sur les lieux du principal mémorial aux victimes des crimes nazis, et « comment le gouvernement municipal considère la présence de personnes qui collectent des fonds pour une organisation considérée comme terroriste par l’Union européenne ? »

Certains des militants ont brandi des panneaux représentant le drapeau d’Israël avec une croix gammée au lieu de l’étoile de David. Dans le passé, une variante de ce panneau, avec un cafard à la place de l’étoile avait déjà été brandie sur cette même place.

Ces dernières années, les sympathisants juifs et non-juifs de l’Etat d’Israël ont organisé des contre-manifestations. Michael Jacobs, qui consacre la majeure partie de son temps aux contre-manifestations, a été arrêté à plusieurs reprises. Il était présent dimanche, avc des drapeaux d’Israël et des panneaux condamnant le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions ou BDS.

Vrouwe a également été arrêté pour collecte de fonds non-autorisée.

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