Annexion: Face aux tensions, le chef du Mossad a rendu visite au roi de Jordanie
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Annexion: Face aux tensions, le chef du Mossad a rendu visite au roi de Jordanie

Alors qu'Amman menace de reconsidérer ses relations avec Israël, Yossi Cohen dit avoir apporté à Abdallah II un message de Netanyahu

Le directeur du Mossad Yossi Cohen lors d'une conférence à l'université de Tel Aviv, le 24 juin 2019. (Crédit : Flash90)
Le directeur du Mossad Yossi Cohen lors d'une conférence à l'université de Tel Aviv, le 24 juin 2019. (Crédit : Flash90)

Le directeur du Mossad, Yossi Cohen, s’est récemment rendu en Jordanie, où il a rencontré le roi Abdallah II afin de discuter de l’annexion par Israël de pans de la Cisjordanie.

La Jordanie a menacé d’abroger ou de modifier son traité de paix de 1994 avec Israël si l’annexion se poursuivait. Selon les rumeurs, Abdallah serait tellement furieux du projet d’Israël qu’il aurait cessé de prendre les appels du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Les médias israéliens ont cité un responsable israélien qui a affirmé que Cohen avait transmis un message non spécifié de Netanyahu à Abdallah.

Les deux hommes ont discuté de l’annexion prévue par Israël de la vallée du Jourdain, zone stratégique qui longe la frontière des deux pays. Cohen serait revenu avec un message d’Abdallah à Netanyahu, a déclaré le responsable.

Le roi Abdallah de Jordanie prononce un discours au Parlement européen, à Strasbourg, dans l’est de la France, le 15 janvier 2020. (Crédit : Jean-Francois Badias / AP)

Avec l’Égypte, la Jordanie est l’un des deux pays arabes à entretenir des relations diplomatiques officielles avec Israël.

Dans le cadre d’un accord de coalition signé le mois dernier entre Netanyahu et Benny Gantz, dirigeant du parti Kakhol lavan et désormais ministre de la Défense, le gouvernement peut entamer l’annexion de toutes les implantations juives et de la vallée du Jourdain – les 30 % de territoires de la Cisjordanie alloués à Israël dans le cadre du plan de paix de l’administration Trump – à partir du 1er juillet. Le plan prévoit également conditionnellement la création d’un État palestinien sur les 70 % restants du territoire.

Mercredi, Gantz a rencontré Cohen ainsi que le directeur de l’agence de renseignements intérieurs du Shin Bet, Nadav Argaman, et le chef d’état-major de l’armée, Aviv Kohavi, a rapporté Ynet.

La réunion a mis fin à une semaine de différends entre diverses entités de sécurité en vue de l’annexion, qui pourrait provoquer une escalade de la violence palestinienne en Cisjordanie.

Il a été rapporté qu’Israël envisageait une annexion plus limitée, revendiquant uniquement des zones habitées proches de Jérusalem.

Le site d’information Ynet a indiqué qu’une des idées discutées était d’ajouter la ville de Maale Adumim à la zone municipale de Jérusalem.

Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi a déclaré qu’Israël n’annexerait pas la vallée du Jourdain, selon un reportage télévisé diffusé mercredi soir.

« Je suppose que l’annexion ne comprendra pas la vallée du Jourdain. Tout le monde comprend cela », a déclaré Ashkenazi à des responsables lors de discussions tenues à huis clos ces derniers jours, selon la chaine Kan.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre de la Défense Benny Gantz assistent à la réunion hebdomadaire du cabinet au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 21 juin 2020. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)

Israël fait face à une importante pression internationale pour que le gouvernement abandonne son projet d’annexion.

Il est encore incertain si Israël poursuivra ou non l’annexion le 1er juillet, date à laquelle Netanyahu a fixé le début du processus, car les États-Unis voudraient que le plan soit soutenu par Gantz et Ashkenazi, qui jusqu’à présent refusent de donner leur feu vert, tenant de nombreuses réunions.

Il a également été suggéré que le plan pourrait progresser par étapes, ou éventuellement ne s’appliquer qu’à des parcelles de territoire relativement petites.

Les Nations unies et les puissances européennes et arabes ont averti mercredi Israël que l’annexion pourrait porter un coup majeur à la paix. Les États-Unis ont néanmoins donné leur feu vert.

« Les décisions concernant la souveraineté israélienne doivent être prises par les Israéliens », a déclaré aux journalistes depuis Washington le secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

La semaine dernière, Abdallah de Jordanie avait déclaré aux sénateurs américains que l’annexion serait « inacceptable », soulignant l’engagement du royaume à créer un État palestinien indépendant.

Abdallah a déjà laissé entendre que la Jordanie pourrait rompre son accord de paix avec Israël si le projet d’annexion se réalisait.

Les Palestiniens ont rejeté le plan de paix américain et ont, au début du mois, déclaré avoir soumis une contre-proposition d’un État palestinien démilitarisé au Quartet pour le Moyen-Orient, rassemblant les États-Unis, l’UE, l’ONU et la Russie.

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