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Antisémitisme: 5 nouveaux campus dans le viseur du département d’Éducation américain

La Rutgers University, la Tulane University, le Santa Monica College figurent parmi la liste de 12 établissements d'enseignement supérieur et districts scolaires accusés d'avoir échoué face à la haine antijuive

Une manifestation "All out for Gaza" à l'Université Columbia, à New York, le 15 novembre 2023. (Crédit : Bryan R. Smith/AFP)
Une manifestation "All out for Gaza" à l'Université Columbia, à New York, le 15 novembre 2023. (Crédit : Bryan R. Smith/AFP)

JTA – Le département américain de l’Éducation a ouvert douze nouvelles enquêtes portant sur la prise en charge des discriminations dans des établissements d’enseignement supérieur et dans des districts scolaires depuis Thanksgiving – dernier élargissement en date des initiatives prises par le Département face à la question du respect des droits civils depuis le début de la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas, suite au massacre perpétré par le groupe terroriste sur le sol israélien, le 7 octobre.

Au moins cinq – et presque certainement davantage – de ces investigations concernent des problèmes d’antisémitisme, un antisémitisme que les autorités américaines ont promis, au mois d’octobre, de combattre sur les campus américain par le biais de tous les outils mis à leur disposition.

La Rutgers University, la Tulane University, le Santa Monica College, l’Union College et la Montana State University sont tous accusés d’avoir été dans l’incapacité de répondre de manière appropriée à des faits liés à l’antisémitisme, ont confirmé les porte-paroles de toutes ces écoles auprès de la JTA et ou d’autres médias.

Un district scolaire courant de la maternelle à la Terminale, en Georgie, a fait savoir que l’enquête ouverte à son encontre n’était pas liée à l’antisémitisme, tandis que deux autres établissements scolaires ont refusé de révéler ce qui motivait les investigations dont elles vont faire l’objet. Certaines institutions majeures, notamment la Stanford University et l’Université de Californie-Los Angeles n’ont pas répondu à notre demande de réaction.

Les États-Unis ont connu une augmentation nette de l’antisémitisme sur les campus depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas – une guerre qui a été entraînée par le massacre commis par le groupe terroriste dans le sud d’Israël, le 7 octobre. 3 000 hommes armés avaient franchi la frontière, ce jour-là, et ils avaient tué près de 1 200 personnes, des civils en majorité. Des familles toutes entières avaient été exécutées dans leurs habitations et les jeunes qui participaient à une rave-party avaient été massacrés, entre autres atrocités. 240 personnes avaient été enlevées et prises en otage.

Le Bureau des droits civils, au sein du Département de l’Éducation, a tenu à se concentrer sur les plaintes déposées pour antisémitisme et pour islamophobie qui portent sur des violations du « Title VI », qui interdit les discriminations sur la base de différentes catégories et notamment sur « l’origine partagée ». Plus de vingt dossiers de ce type ont été ouverts depuis le 7 octobre dans un contexte de pressions politiques en faveur de la lutte contre la haine antijuive qui sévit sur les campus américains – une haine qui inquiète beaucoup.

Un grand nombre de ces violations du « Title VI », qui impliquent des discriminations anti-juives, ont été présentées par des groupes de défense pro-israéliens, notamment par le Brandeis Center for Human Rights Under Law and the Lawfare Project, qui a souvent cherché à faire entrer les discours anti-sionistes prononcés dans les espaces universitaires dans la catégorie des discours antisémites.

Illustration : Des manifestants pro-palestiniens rassemblés à l’Université de Harvard, à Cambridge, dans le Massachusetts, le 14 octobre 2023. (Crédit : Joseph Prezioso/AFP)

Le Département a aussi initié des investigations dans certains établissements majeurs comme Harvard, Columbia et l’université de Pennsylvanie – dont la présidente, Liz Magill, a récemment présenté sa démission suite aux répercussions de son passage devant le Congrès lors d’une audience consacrée à la haine anti-juive sur les campus. Ouvrir une enquête ne signifie pas, par ailleurs, que le Département estime qu’une plainte est nécessairement bien fondée.

L’agence ne dévoile pas les détails spécifiques de ses investigations – laissant les écoles et les groupes concernés s’exprimer eux-mêmes sur le sujet. Mais les écoles, de leur côté, affirment qu’elles n’ont pas été informées, parfois, de la raison pour laquelle des enquêtes ont été ouvertes à leur encontre. Un porte-parole du département d’Éducation a évoqué un communiqué de presse, émis au mois de novembre, au sujet des enquêtes lancées pour des faits d’islamophobie et d’antisémitisme pour expliquer « le contexte » de cette dernière série d’investigations.

Un porte-parole de la Rutgers University, dans le New Jersey – qui fait actuellement l’objet d’une enquête, une information qui lui a été communiquée lundi – a dit à la JTA que les investigations seraient consacrées « à des incidents présumés de harcèlement, au mois d’octobre et au mois de novembre 2023, à l’encontre d’étudiants sur la base de leur origine nationale (d’origine juive et/ou israélienne). » Le porte-parole a déclaré que l’école n’avait eu aucun détail supplémentaire de la part du Département.

Rutgers avait annoncé, cette semaine, suspendre la branche du mouvement Students for Justice in Palestine sur son campus, qui avait été accusé d’avoir initié des manifestations qui avaient entraîné des perturbations. L’établissement d’enseignement supérieur avait aussi suspendu brièvement l’Association du barreau étudiant, au sein de sa faculté de droit, le mois dernier, qui avait tenté d’exclure l’un de ses membre juifs suite à une querelle portant sur un message publié sur son tableau d’affichage en lien avec Israël et avec le Hamas.

Les participants applaudissent lors d’une conférence sur Gaza organisée par le Center for Middle Eastern Studies et par le Sawyer Seminar « Afterlives of Liberation » au sein de l’université Rutgers à New Brunswick, dans le New Jersey, le 27 octobre 2023. (Crédit : AP Photo/Andres Kudacki)

Un porte-parole de la Tulane University, en Nouvelle-Orléans – des investigations ont été lancées à son encontre en date du 5 décembre – a déclaré à JTA que ces dernières étaient liées à des inquiétudes concernant des faits d’antisémitisme et plus précisément à un rassemblement pro-palestinien, le 26 octobre, au cours duquel quatre individus avaient été arrêtés – ils ne sont pas étudiants à l’université – et plusieurs personnes avaient été blessées, notamment des Juifs du campus.

« L’antisémitisme et les autres formes de haine n’ont pas leur place à la Tulane University, », a commenté le porte-parole de cette dernière. « L’incident qui se trouve au cœur de cette enquête a eu lieu lors d’une manifestation organisée par un groupe qui n’est pas reconnu par la Tulane University. Le rassemblement a été délibérément organisé dans un espace public adjacent à notre campus, un espace sur lequel nous n’avons aucun contrôle ».

Strecker a ajouté que l’université avait renforcé la sécurité sur son campus et qu’elle avait également renforcé ses formations à l’antisémitisme suite à l’incident, entre autres mesures prises, et qu’elle « se conformera pleinement » aux résultats de l’enquête. L’un des avocats de l’un des étudiants juifs blessés lors de la manifestation a indiqué au journal étudiant de l’établissement d’enseignement supérieur qu’il n’avait eu « aucune idée » des ces investigations.

Un administrateur du Santa Monica College a, pour sa part, expliqué que l’enquête lancée le 4 décembre à son encontre était, là encore, liée à la haine anti-juive, alors que le conseil d’un club étudiant a refusé de reconnaître une branche locale du groupe Students Supporting Israel à la fin du mois d’octobre. Les responsables de l’université avaient rejeté cette décision dès le lendemain, disant que ce refus n’avait « aucune base juridique ». Dans une déclaration, le Santa Monica College avait estimé que « cette réaction prompte démontre l’engagement de notre établissement en faveur d’un environnement exempt de toute discrimination et ce pour tous nos étudiants », des propos cités par le journal Santa Monica Daily Press.

Et un communiqué émis par l’Union College, à Schenectady, à New York, a révélé que des investigations le prenant pour cible, lancées le 5 décembre, portaient également sur « des accusations de discrimination à l’égard des étudiants juifs ».

« De manière plus spécifique, le plaignant, qui n’a pas été identifié, a prétendu que l’Union College a été dans l’incapacité de répondre de manière adéquate aux incidents de harcèlement sur les campus qui sont survenus au mois d’octobre et au mois de novembre 2023 », dit le communiqué. Il ajoute que l’école « se dresse contre la haine sous toutes ses formes et y compris contre l’antisémitisme », ajoutant qu’elle « n’a pas assisté à des violences ou à des menaces de violence sur les campus depuis l’attaque commise par le Hamas en Israël, le 7 octobre. »

Dans une déclaration, la Montana State University a dit à JTA faire l’objet d’une enquête liée à des faits d’antisémitisme.

Le département de l’éducation « établit que les problèmes qui ont déclenché ces investigations sont en lien avec l’origine nationale (l’origine juive), sans aucun détail spécifique », a déclaré l’université qui a assuré qu’elle « coopérera pleinement » et que l’établissement d’enseignement supérieur « n’a pas reçu d’information portant sur des menaces de violences » relatives à la guerre entre Israël et le Hamas.

Des manifestants pro-Israël lors d’une manifestation après que des terroristes du Hamas ont massacré 1 400 personnes et en ont enlevé 203 autres, à l’Université de Columbia, à New York, le 12 octobre 2023. (Crédit : Yuki Iwamural/AP)

Les représentants de deux autres universités, celles de Washington-Seattle et de Californie-San Diego, ont indiqué à la JTA qu’elles collaboreront avec les enquêteurs sans préciser si ces derniers examinaient des faits antisémites. De son côté, le district scolaire de Cobb County, en Georgie, a confié à un journaliste local que les investigations le concernant n’avaient rien à voir avec la haine antijuive.

Nos demandes de commentaires transmises aux autres établissements d’enseignement supérieur qui font, eux aussi, l’objet d’enquêtes récentes sont restées sans suite. Il s’agit de l’UCLA; de Stanford; du Whitman College et de l’Université of Cincinnati.

Des informations récentes concernant ces établissements laissent entendre qu’ils auraient récemment suscité les inquiétudes des étudiants juifs. Une station de radio conservatrice a ainsi signalé que les personnels du bureau chargé de la diversité et de l’inclusion, au sein de l’Université de Washington, avaient envoyé un courriel aux étudiants, le 25 octobre, appelant Israël « l’oppresseur, le colonisateur » et qualifiant les Palestiniens « d’opprimés » et de « colonisés ». Le courriel accusait aussi l’État juif de « génocide » et établissait clairement que « nous soutenons avec fermeté la cause des Palestiniens et leur combat pour la liberté face à l’État d’apartheid colonial, illégitime et oppresseur ». Une missive qui n’aurait pas été sanctionnée par l’école et qui n’aurait entraîné aucune conséquence pour ses auteurs.

Une vidéo partagée sur les réseaux sociaux en provenance de l’USCD, au mois de novembre, avait affirmé que l’université avait évacué un bâtiment où les étudiants juifs débattaient des menaces antisémites proférées à leur encontre : des accusations qui avaient été niées par les responsables de l’école. Sur les images, des pro-Palestiniens étaient rassemblés à l’extérieur d’un espace où les étudiants juifs s’étaient réunis.

A l’UCLA, les administrateurs, le mois dernier, avaient condamné les propos antisémites tenus par les étudiants lors d’une manifestation pro-palestinienne – des étudiants avaient détruit une figurine à l’effigie du Premier ministre Benjamin Netanyahu, tout en hurlant au micro : « Frappez ce pu…n de Juif ».

Et à l’université de Cincinnati, la branche locale du groupe Students for Justice in Palestine avait été admonestée peu avant Halloween suite à un post, sur les réseaux sociaux, qui faisait la promotion d’un événement dont le thème était les « sionistes flippants », selon des informations locales.

L’équipe du Times of Israel a contribué à la rédaction de cet article.

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