Antisémitisme non retenu dans l’affaire Sarah Halimi : le parquet fait appel
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Antisémitisme non retenu dans l’affaire Sarah Halimi : le parquet fait appel

La juge d'instruction a aussi refusé l'organisation d'une reconstitution avec le suspect

Sarah Halimi, défenestrée en avril 2017 à Paris. (Crédit : autorisation)
Sarah Halimi, défenestrée en avril 2017 à Paris. (Crédit : autorisation)

Le parquet de Paris a demandé à la cour d’appel de trancher le débat sur le caractère antisémite ou non du meurtre de Sarah Halimi, après le refus de la juge d’instruction de se prononcer à ce stade sur cette question, a appris mercredi l’AFP de source judiciaire.

La juge, Anne Ihuellou, a rejeté lundi la demande de l’avocat des enfants de la victime, qui avait réclamé en décembre la requalification des faits en « assassinat » avec la circonstance aggravante de l’antisémitisme. Elle a aussi refusé l’organisation d’une reconstitution avec le suspect.

Selon la source judiciaire, « le parquet a interjeté appel de l’ordonnance de refus des demandes des parties civiles ». Lucie Attal, aussi appelée Sarah Halimi, avait été défenestrée par son voisin musulman à Paris en avril 2017.

« C’est une insulte à (la) mémoire » de Sarah Halimi « et une douleur supplémentaire pour ses enfants et sa famille », a réagi sur Twitter Francis Kalifat, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), instance de représentation politique de la première communauté juive d’Europe.

Pour le président de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), Sacha Ghozlan, la victime a été « assassinée parce que juive ». « Jusqu’à quand devrons-nous dénoncer et condamner? L’antisémitisme tue. Jusqu’à quand? », a-t-il tweeté.

Cette requête des parties civiles faisait suite à une demande de requalification, formulée voici quatre mois par le parquet de Paris et restée sans réponse à ce jour. Le 20 septembre, après la remise du rapport d’expertise psychiatrique du suspect, le parquet avait requis que le caractère antisémite soit retenu, à la « satisfaction » des responsables juifs qui l’avaient réclamé sans relâche.

Si la juge peut néanmoins encore procéder à tout moment à une requalification de la mise en examen, il reviendra donc à la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris de se prononcer.

La communauté juive a vivement critiqué mardi le refus de la juge opposé aux parties civiles.

« C’est une insulte à (la) mémoire » de Sarah Halimi « et une douleur supplémentaire pour ses enfants et sa famille », avait réagi le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Francis Kalifat.

Interné au lendemain du drame, le suspect, Kobili Traoré, a été mis en examen en juillet pour meurtre sans que soient retenus la préméditation ni la motivation antisémite, au grand dam des parties civiles.

Dans la nuit du 3 au 4 avril, ce jeune homme de 27 ans s’était introduit dans l’appartement de sa voisine. Aux cris d' »Allah Akbar », entrecoupés d’insultes et de versets du Coran, il l’avait rouée de coups sur le balcon, avant de la défenestrer.

L’expertise a conclu que le suspect avait été pris ce jour-là d’une « bouffée délirante aiguë » après une forte consommation de cannabis, mais que ce trouble psychotique n’était « pas incompatible avec une dimension antisémite » et n’écartait pas sa responsabilité pénale.

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