Après 22 ans, Aryeh Deri retourne au ministère de l’Intérieur
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Après 22 ans, Aryeh Deri retourne au ministère de l’Intérieur

Le dirigeant du Shas avait démissionné de son poste de ministre de l’Intérieur en 1993 suite à des accusations de corruption, pour lesquelles il avait ensuite effectué 3 ans de prison

Aryeh Deri, ministre de l'Intérieur. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Aryeh Deri, ministre de l'Intérieur. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les ministres du cabinet devraient approuver dimanche la nomination du dirigeant du parti Shas Aryeh Deri comme nouveau ministre de l’Intérieur d’Israël, un poste dont Deri avait démissionné en septembre 1993 pour faire face à des accusations de corruption.

Le ministère de l’Intérieur s’occupe essentiellement des pouvoirs locaux et de la lutte contre l’immigration illégale. La police est du ressort du ministère de la Sécurité intérieure.

Deri, âgé de 56 ans, avait occupé le poste de ministre de l’Intérieur de 1988 à 1993. Il avait été ensuite condamné en 2000 à trois ans de prison pour avoir touché un pot-de-vin de 155.000 dollars, ainsi que pour fraude et abus de confiance, le forçant à sortir de la politique pour sept ans de plus après une peine due à la loi « turpitude morale » pour les politiciens reconnus coupables. Sa peine avait été réduite pour « bonne conduite ».

Après une traversée du désert, l’ancien enfant prodige de la politique israélienne, qui est devenu ministre de l’Intérieur à 29 ans, avait réussi à se faire élire en 2013 comme député puis à reprendre la direction du Shass, un parti qu’il avait co-fondé avec son mentor spirituel et politique, le rabbin Ovadia Yosef, considéré comme un parti faiseur de rois. Il a été réélu au Parlement en 2015.

Deri gardera son portefeuille actuel, le ministère du Néguev, de la Galilée et de la Périphérie, qu’il a pris après avoir quitté le poste de ministre de l’Economie en novembre à cause de la réforme controversée sur le gaz naturel avancée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Deri a refusé d’utiliser les pouvoirs légaux du ministre de l’Economie pour approuver l’accord, mais a promis à Netanyahu qu’il « ne ferait pas obstacle », ce qui a finalement mené à la démission de Deri. Netanyahu a ensuite repris lui-même le poste.

Plusieurs experts ont interprété l’acceptation du portefeuille du ministère du Néguev, de la Galilée et de la Périphérie par Deri comme un poste « bouche-trou » avant qu’un autre, plus important, puisse être attribué au dirigeant d’un parti membre de la coalition.

L’appui de son parti, qui a sept députés, est vital pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dont la coalition ne dispose que d’une seule voix de majorité au Parlement.

Avec la démission le mois dernier du ministre de l’Intérieur Silvan Shalom pour une série d’accusations de harcèlement sexuel, le poste de ministre de l’Intérieur s’est ouvert, lançant une course brève mais frénétique pour le poste parmi les députés du Likud, y compris la ministre de la Culture Miri Regev, et le président de la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset, le député Tzachi Hanegbi. Netanyahu a cependant informé rapidement Deri que le poste lui serait attribué.

Le retour d’Arye Deri au ministère de l’Intérieur faisait dimanche débat dans les médias. Des commentateurs ont dénoncé ce retour d’un « corrompu » à l’Intérieur tandis que d’autres soulignaient qu’il avait « payer sa dette » à la société.

Netanyahu a demandé l’opinion légale du procureur général, Yehuda Weinstein, pour s’assurer qu’il n’y avait pas d’obstacles légaux à la nomination de Deri. L’approbation est arrivée la semaine dernière, ouvrant la voie au vote du cabinet dimanche qui devrait approuver le nouveau ministre, suivi par un vote de la Knesset dans la semaine pour le confirmer.

L’AFP a contribué à cet article.

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