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Après avoir nié les viols du Hamas, Shalhoub-Kevorkian arrêtée pour incitation à la violence

Cette professeure à l'Université hébraïque qui estime que les Israéliens sont des « criminels" qui "devraient trembler" est interrogée par la police ; l'université l'a suspendue puis réintégrée

Nadera Shalhoub-Kevorkian, professeure de travail social et de droit à l'Université hébraïque de Jérusalem, lors d'une présentation. (Crédit : Capture d'écran YouTube ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d'auteur)
Nadera Shalhoub-Kevorkian, professeure de travail social et de droit à l'Université hébraïque de Jérusalem, lors d'une présentation. (Crédit : Capture d'écran YouTube ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d'auteur)

Une Arabe israélienne, professeure à l’Université hébraïque de Jérusalem a été arrêtée jeudi, soupçonnée d’incitation à la violence, après avoir nié les viols et autres atrocités commis par le groupe terroriste palestinien du Hamas lors des attaques du 7 octobre et avoir déclaré que les Israéliens étaient des « criminels » et qu’ils « devraient avoir peur ».

Nadera Shalhoub-Kevorkian, criminologue et professeur de droit, a été interpellée dans un commissariat de police de Mevasseret Zion, dans la banlieue de Jérusalem.

Shalhoub-Kevorkian, maîtresse de conférences à l’université, avait été suspendue une première fois en mars après avoir été interviewée le 9 mars dans le podcast Makdisi Street, où elle avait affirmé que le sionisme devrait être aboli et avait mis en doute les viols et autres atrocités commises par le Hamas. Elle avait également déclaré que les Israéliens avaient peur lorsqu’ils passaient près d’elle et l’entendaient parler en arabe, « et ils devraient avoir peur parce que les criminels ont toujours peur. Ils ne peuvent pas me prendre ma terre, ils ne peuvent pas déplacer mon peuple. Ils ne peuvent pas tuer sans avoir peur, alors ils devraient avoir peur ».

Elle a poursuivi en disant qu’il était « temps d’abolir le sionisme. Ça ne peut pas continuer, c’est criminel. Ce n’est qu’en abolissant le sionisme que nous pourrons continuer ».

Shalhoub-Kevorkian a également affirmé qu’il fallait considérer les Israéliens « comme des criminels et les examiner d’un point de vue criminel. C’est ainsi que je vois les choses en tant que Nadera. Et ce n’est pas du tout les déshumaniser. Il s’agit simplement de prendre conscience que nous avons affaire à des criminels vicieux et que quelqu’un doit les arrêter. »

Elle a appelé à un « mouvement politique mondial » pour y parvenir.

Tout en se disant toujours prête à croire les victimes d’agressions sexuelles, elle a indiqué que peu de femmes s’étaient manifestées pour formuler de telles allégations suite aux attaques du 7 octobre, minimisant les nombreux articles sur les faits de viol et autres violences sexuelles par les terroristes, ainsi qu’un récent rapport des Nations Unies qui a soutenu ces allégations.

« Le corps des femmes est utilisé comme une arme politique. Si cela s’est produit, ce n’est pas en mon nom. Si cela ne s’est pas produit, il est honteux pour l’État d’utiliser le corps et la sexualité des femmes pour promouvoir des programmes politiques, pour promouvoir la dépossession des terres, pour promouvoir de nouveaux meurtres, pour promouvoir les abus et les viols.

« C’est très malhonnête », a-t-elle poursuivi, « Ils utiliseront n’importe quel mensonge. Ils ont commencé avec des bébés, ils ont continué avec le viol, et ils continueront avec un million d’autres mensonges. Nous avons cessé de les croire, j’espère que le monde cessera de les croire ».

Les déclarations incendiaires de Shalhoub-Kevorkian niant les atrocités commises par le Hamas lui avaient valu une brève suspension de l’université. Elle a cependant été réintégrée, fin mars, citant une réunion que Shalhoub-Kevorkian avait eue avec son recteur, le professeur Tamir Sheafer, au cours de laquelle elle avait « clairement indiqué qu’en tant que chercheuse féministe, elle croyait les victimes et ne doutait pas de leurs affirmations, et qu’elle ne niait pas qu’il y avait pu avoir des incidents de viol le 7 octobre ».

Il ne lui a pas été demandé de revenir sur ses propos selon lesquels Israël commettait un génocide à Gaza, a rapporté le quotidien Haaretz.

L’université a déclaré que, suite à cette clarification, elle n’avait trouvé aucune objection à la réintégration de Shalhoub-Kevorkian et que celle-ci continuerait à enseigner à l’école de travail social et de protection sociale.

Du sang sur le sol d’une chambre, au kibboutz Beeri, le 11 octobre 2023. (Crédit : Canaan Lidor/Times of Israel)

En annonçant cette décision, Sheafer a indiqué que « l’Université hébraïque condamne fermement les propos incitatifs a la haine ainsi que les menaces à l’encontre des étudiants, des professeurs, des employés, des individus et des groupes, et appelle tous les membres de la communauté académique à maintenir un environnement d’étude et de recherche sûr et respectueux ».

L’avocat de Shalhoub-Kevorkian, Alaa Mahajna, a déclaré que sa cliente n’allait pas bien.

« Elle n’était pas en bonne santé ces derniers temps et a été arrêtée à son domicile », a-t-il déclaré jeudi. « La police a fouillé la maison et a saisi son ordinateur et son téléphone portable, des livres de poésie [palestinienne] et des documents liés à son travail », a-t-il ajouté. Mahajna a ajouté que l’arrestation de Shalhoub-Kevorkian s’inscrivait dans le cadre de la campagne d’incitation à la haine menée à son encontre.

« Le harcèlement dont elle fait l’objet comprend notamment un grand nombre de menaces violentes et de menaces de mort.

Le député de Hadash, Ofer Cassif, a vivement critiqué l’enquête sur l’universitaire, affirmant que la police « a arrêté Shalhoub-Kevorkian uniquement en raison de ses déclarations. Il n’y a aucun doute à ce sujet : la professeure Shalhoub-Kevorkian n’a ni nié le massacre du 7 octobre, ni remis en cause les atrocités commises par le Hamas (et quand bien même c’aurait été le cas, il n’y a rien de criminel à cela). Sa déclaration selon laquelle Israël commet un génocide à Gaza est légitime et ne pourrait être considérée comme interdite que dans un régime dictatorial ».

Le député Hadash-Taal Ofer Cassif s’exprimant lors d’une discussion et d’un vote sur son éviction lors du plénum de la Knesset, à Jérusalem, le 19 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Elchanan Felhaimer, président de l’Union nationale des étudiants israéliens, s’est félicité de l’arrestation et a affirmé qu’il espérait qu’elle aurait une incidence sur la manière dont les universitaires s’expriment sur les questions brûlantes.

« Les étudiants à travers Israël, sous l’égide de l’Union nationale des étudiants israéliens, réclament depuis longtemps l’arrêt de l’incitation à la violence. Il est important de savoir comment réagir, chez nous, à ce genre d’incitation afin d’éradiquer ce phénomène dégoûtant », a indiqué Felhaimer.

Shalhoub-Kevorkian est active dans le milieu universitaire progressiste international depuis de nombreuses années. En octobre, quelques semaines après l’assaut du Hamas du 7 octobre et peu après le début de l’incursion terrestre d’Israël dans la bande de Gaza, elle a été la première signataire d’une lettre ouverte accusant Israël de « génocide ».

Des étudiants de l’Université hébraïque de Jérusalem protestent contre la professeure Nadera Shalhoub-Kevorkian, le 17 mars 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Le 7 octobre, le Hamas a lancé une attaque transfrontalière de grande envergure contre Israël, au cours de laquelle près de 1 200 personnes ont été tuées et des atrocités ont été commises, dont des viols et des tortures. Les terroristes ont également enlevé 253 personnes qui ont été emmenées comme otages à Gaza.

Shalhoub-Kevorkian est titulaire de la chaire de droit Lawrence D. Biele à la Faculté de droit-Institut de criminologie et à l’École de travail social et de bien-être public de l’Université hébraïque de Jérusalem, ainsi que de la chaire mondiale de droit de l’Université Queen Mary de Londres, selon la page de sa faculté, qui indique qu’elle réside dans la Vieille Ville de Jérusalem et qu’elle est une « activiste locale de premier plan ».

Elle est experte en « traumatisme, crimes d’État et criminologie, surveillance, violence de genre, droit et société ». Elle étudie « le féminicide et d’autres formes de violence sexiste, la violence contre les enfants dans les zones de conflit, les crimes d’abus de pouvoir dans les contextes coloniaux, la surveillance, la sécurisation et le contrôle social », selon sa page.

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