Après avoir salué les marches anti-corruption, Rivlin revient sur ses propos
Rechercher

Après avoir salué les marches anti-corruption, Rivlin revient sur ses propos

Le président a assuré qu'il n'avait jamais appelé à prendre part aux manifestations anti-corruption gouvernementale

Le président Reuven Rivlin, à Jérusalem, le 4 avril 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le président Reuven Rivlin, à Jérusalem, le 4 avril 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le président Reuven Rivlin a déclaré mercredi que le soutien qu’il a apporté à la vague de manifestations contre la corruption gouvernementale présumée, principalement dirigées contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a été sorti de son contexte.

Mardi, il a qualifié ces protestations publiques de pierre angulaire de la démocratie israélienne.

Cependant, mercredi, Rivlin a déclaré qu’il regrettait que ses propos aient été mal interprétés, et a assuré qu’il n’appelait pas une participation à ces manifestations.

« Pour ôter toute part de doute, je vais le dire aussi clairement que possible : je n’ai jamais appelé qui que ce soit, ni n’envisagerai d’appeler un citoyen israélien à se joindre à ces manifestations, ni à aucune autre », a-t-il affirmé dans un communiqué.

« C’est inconcevable. Je regrette simplement que, dans un contexte délicat, mes mots aient été sortis de leurs contextes, pour mettre de l’huile sur le feu. »

S’exprimant lors de la conférence de Dov Lautman sur la politique d’éducation, Rivlin a salué les réseaux sociaux pour leur mobilisation de masse.

Le président a mentionné les manifestations de masse de 2011 contre l’augmentation du coût de la vie ; des rassemblements au cours des derniers mois pour protester contre le prétendu blocage par les forces de l’ordre lors des allégations de corruption contre Netanyahu ; et le mouvement MeToo plus récent contre le harcèlement sexuel et les agressions.

« Les réseaux sociaux [en ligne] sont vraiment géniaux, c’est une chose merveilleuse, ils sensibilisent et disent ce qui se passe autour de nous », a déclaré Rivlin, selon un rapport de la Dixième chaîne.

« Nous avons de merveilleux exemples de l’influence des réseaux sociaux sur la réalité : les manifestations de l’été 2011, les manifestations pour et contre [le mouvement de justice sociale]; les manifestations pour et contre ces derniers mois qui se sont déroulées de la place de Petah Tikva jusqu’à Tel-Aviv et d’ici vers d’autres places ; ainsi que la campagne MeToo. »

« Prenez note que tous les exemples qui sont passés des mots aux actions, sont arrivés par l’écran et ont pris racine dans le monde réel », a continué Rivlin.

« Il n’y a pas de remplacement pour les véritables places publiques physiques. Nous devons élever une génération qui se souviendra que la vraie démocratie est capable peut-être de commencer sur le web, mais ne remplacera jamais le besoin et la nécessité de prendre une part réelle dans les décisions, dans les débats et dans l’action sociale.  »

Des mois de manifestations organisées par des centaines de manifestants à l’extérieur du domicile du procureur général à Petah Tikvah, Avichai Mandelblit, se sont multipliés par des milliers de manifestations lors de quatre samedis soirs consécutifs à Tel Aviv contre la corruption gouvernementale. Une manifestation de droite contre la corruption a attiré plusieurs centaines de manifestants samedi soir.

Un homme brandissant une fausse guillotine en carton assiste à un rassemblement anti-Netanyahu à Tel Aviv le 23 décembre 2017 (Crédit : capture d’écran 0404.co.il)

Lors du plus récent événement de Tel Aviv, tenu samedi soir dernier, un manifestant a provoqué l’indignation en défilant avec une guillotine en carton. Ce signe a été condamné par Rivlin comme étant une « incitation ».

Les dernières manifestations anti-corruption ont été renforcées par une pression de la coalition en faveur d’une législation qui empêcherait les enquêteurs de la police d’informer les procureurs de l’existence de motifs d’inculpation dans les enquêtes sur les agents publics. Pendant que Rivlin parlait, l’opposition faisait une obstruction systématique aux derniers votes sur le soi-disant projet de loi des recommandations de la police à la Knesset.

Les médias israéliens ont rapporté que la police prévoyait de préconiser des accusations envers Netanyahu dans deux affaires pénales actuellement ouvertes contre lui, parce qu’il est soupçonné d’avoir reçu des cadeaux illégaux et des faveurs d’hommes d’affaires tout en défendant leurs intérêts.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu préside la réunion hebdomadaire du cabinet à son bureau à Jérusalem le 7 novembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / POOL / Ariel Schalit)

Dans l’affaire 1000, Netanyahu et sa femme Sara sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux illicites de bienfaiteurs milliardaires, notamment des centaines de milliers de shekels de cigares et de champagne du producteur hollywoodien d’origine israélienne Arnon Milchan.

L’affaire 2000 implique un accord présumé illégal de compensation entre Netanyahu et l’éditeur du journal Yedioth Ahronoth, Arnon « Noni » Mozes, qui aurait vu le Premier ministre bloquer un quotidien rival, Israel Hayom, soutenu par Sheldon Adelson, en échange d’une couverture plus favorable de Yedioth.

Netanyahu a été interrogé sept fois depuis janvier concernant ces cas. Il a nié toute malversation.

Plus tard mardi, dans un message Twitter, Rivlin a paru critiquer des projets de loi controversés qui influenceraient les relations entre la police et les procureurs de l’État, ou affaibliraient la Cour suprême.

« Israël célébrera [bientôt] 70 ans », a-t-il écrit à propos du prochain anniversaire en mai. « Si nous voulons garantir les 70 prochaines années, ainsi que je l’ai dit lors de la conférence sur l’éducation de Lautman, nous devons défendre obstinément les instituts démocratiques et exiger des fonctionnaires, nos élus, de respecter leurs paroles et leurs vidéos sur les réseaux sociaux avec des actions qui rendent claires les lignes rouges que la démocratie ne peut pas tolérer. »

Rivlin a également semblé faire référence à une nouvelle poussée par les législateurs pour modérer les tribunaux d’Israël. Le ministre de la Justice, Ayelet Shaked, et son chef de parti, Naftali Bennett, ont publié la semaine dernière un projet de loi visant à restreindre l’autorité de la Haute Cour de justice et de la Cour suprême dans l’abrogation de la loi.

Le projet nouvellement dévoilé empêchera les tribunaux de récuser des lois fondamentales quasi constitutionnelles – adoptées avec le soutien d’au moins 61 des 120 législateurs dans chacune de ses trois lectures en séance plénière.

Le projet de loi stipule que le tribunal ne pourra invalider d’autres lois qu’avec un groupe spécial de neuf juges présidant le procès, et seulement si les deux tiers des juges soutiennent le mouvement.

Mandelblit a averti que le projet de loi « causerait un préjudice significatif à la démocratie israélienne ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...