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Après Israël, le Liban veut délimiter sa frontière maritime avec Chypre

Le Liban et Chypre, qui ont déjà amorcé distinctement le processus de prospection des ressources offshore, ont signé un accord en 2007 délimitant leurs ZEE respectives

Un hélicoptère vole au-dessus du Fatih, un navire d'exploration gazière turc, dans l'est de la méditerranée, près de Chypre, le 9 juillet 2019. (Crédit : ministère turc de la Défense via AP, Pool)
Un hélicoptère vole au-dessus du Fatih, un navire d'exploration gazière turc, dans l'est de la méditerranée, près de Chypre, le 9 juillet 2019. (Crédit : ministère turc de la Défense via AP, Pool)

Le Liban a convenu avec Chypre vendredi d’accélérer les pourparlers autour du tracé de leur frontière maritime, au lendemain d’un accord avec Israël sur la démarcation de leurs eaux, assurant la répartition de précieux gisements gaziers offshore en Méditerranée orientale.

« Il n’y a pas de problème entre le Liban et Chypre qui ne puisse être résolu facilement », a déclaré un envoyé présidentiel chypriote, Tasos Tzionis, à l’issue d’une rencontre avec le président libanais Michel Aoun.

« Nous avons eu des discussions très amicales et constructives » au sujet de la démarcation de la frontière maritime, a-t-il ajouté, exprimant l’espoir de « résoudre tous les problèmes ».

Le Liban et Chypre, qui ont déjà amorcé distinctement le processus de prospection des ressources offshore, ont signé un accord en 2007 délimitant leurs zones économiques exclusives (ZEE) respective.

Mais il n’avait pas été ratifié par le parlement libanais en raison du contentieux maritime entre le Liban et Israël.

Les deux pays ennemis ont conclu jeudi l’accord de démarcation de leur frontière maritime, permettant à Beyrouth de commencer l’exploration et à Tel-Aviv de produire du gaz à partir de la zone auparavant contestée.

Chypre dispose d’une ZEE importante découpée en 12 blocs potentiellement riches en gaz et rêve de devenir un acteur énergétique majeur.

« La coopération avec Chypre n’est pas comme la coopération avec les Israéliens, l’Etat ennemi », a souligné le vice-président du parlement libanais Elias Bou Saab, qui a joué un rôle majeur dans la conclusion de l’accord avec Israël.

Mais le Liban estime aujourd’hui ne pas pouvoir tracer sa ZEE avec Chypre sans un accord avec la Syrie, avec laquelle il n’a pas non plus tracé sa frontière maritime nord.

« Nous avons expliqué à la partie chypriote que nous ne sommes pas en mesure de délimiter unilatéralement les frontières (…) sans entente avec la Syrie »

La Syrie qui a longtemps exercé une tutelle sur le Liban a refusé à plusieurs reprises de délimiter ses frontières terrestres et maritimes avec le pays voisin.

La présidence libanaise a annoncé cette semaine qu’une délégation se rendrait à Damas pour discuter de la question, mais le voyage n’a pas eu lieu.

L’ambassadeur de Syrie à Beyrouth, Ali Abdel Karim Ali, a parlé d’une « confusion » autour de la date.

« Nous avons demandé à communiquer à nouveau avec les amis en Syrie », a déclaré M. Bou Saab.

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