Après le vote à l’ONU, le Hamas redouble ses appels aux attaques
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Après le vote à l’ONU, le Hamas redouble ses appels aux attaques

Poursuivant la lutte contre la reconnaissance de Jérusalem, et craignant que les manifestations ne s'affaiblissent, Yahya Sinwar a donné des instructions précises quant à la violence qu'il recommande

Le chef du Hamas Yahya Sinwar à la télévision, le 21 décembre 2017. (Crédit : capture d'écran Al-Aqsa Television)
Le chef du Hamas Yahya Sinwar à la télévision, le 21 décembre 2017. (Crédit : capture d'écran Al-Aqsa Television)

Le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, a déclaré, dans une rare apparition à la télévision jeudi, qu’il appelait à une « journée sanglante » vendredi, au lendemain d’un vote à l’Assemblée nationale des Nations unies condamnant la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président américain Donald Trump.

Sinwar a appelé « le peuple de Jérusalem, de Cisjordanie et les Palestiniens du monde entier, à passer à l’action vendredi, pour que ce soit un jour sanglant pour l’occupation », a-t-il déclaré dans un discours retransmis sur Al-Aqsa Television.

« [Il faut] faire de vendredi un jour décisif pour que notre peuple fasse tomber la décision de Trump », a -t-il ajouté face à la jeunesse gazaouie.

Craignant que les manifestations violentes contre la décision de Trump du 6 décembre ne s’affaiblissent, Sinwar a donné des instructions précises aux potentielles attaques, afin d’enflammer la Cisjordanie.

Il a exhorté les Palestiniens de Cisjordanie à se rendre dans des endroits où des soldats de l’armée israélienne se trouvent, et de les attaquer. Il a également appelé à attaquer les Israéliens qui vivent en Cisjordanie.

Vendredi matin, le groupe terroriste a intensifié les instructions de Sinwar, appelant ses partisans à sortir manifester et à se rassembler après les prières du vendredi matin. L’organisation a appelé à un rassemblement de Palestiniens à Bethléem, « près de l’entrée nord de Bethléem, et à marcher vers les points de contact avec l’occupant ». Cette instruction suggère aux manifestations de se rendre aux checkpoints qui mènent à Israël.

Il a appelé les résidents de Tulkarem, au nord de la Cisjordanie, à se réunir pour une marche « qui débutera après les prières de vendredi, devant la nouvelle mosquée ».

L’annonce de Trump au début du mois a déclencché de nombreuses manifestations palestiniennes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, mais ces manifestations se sont considérablement calmées après la première semaine. Les autorités israéliennes estiment qu’il est peu probablement que l’on observe un véritable déferlement de violence.

Sinwar a également rejeté le cadre de l’accord de paix proposé par les États-Unis, avant même que l’administration américaine ne rendre cet accord public. Il a déclaré que l’accord mettrait fin à la lutte palestinienne, et que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de Jérusalem était la première étape de cet accord.

La semaine dernière, le chef du Hamas Ismail Haniyeh avait appelé toutes les nations arabes et musulmanes à manifester leur colère tous les vendredis lors de « journées de la colère » jusqu’à ce que l’administration Trump annule sa décision.

Dans un discours à l’intention des jeunes gazaouis, Sinwar a également admis que le processus de réconciliation était sur le point d’échouer, en raison du sort de la branche armée du Hamas.

« Celui qui ne voit pas que la réconciliation échoue est aveugle », a déclaré Sinwar.

« Certains veulent la réconciliation telle que les Israéliens et les Américains la conçoivent, ce qui signifierait d’abandonner les armes, les tunnels et les roquettes », a-t-il ajouté.

Le Hamas et le Fatah ont signé un accord de réconciliation négocié par l’Égypte, en vertu duquel le Hamas était censé rétrocéder le 1er décembre le pouvoir dans la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne, dominée par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Ce transfert a été reporté au 10 décembre.

Khaled Fawzi, 3ème à gauche, chef des services égyptiens de renseignement, s’esclaffe aux côtés du leader du Hamas, Izzat al-Rishq, 2ème à gauche, et d’Azzam al-Ahmad du Fatah, au centre, suite à la signature de l’accord de réconciliation au Caire, le 12 octobre 2017 (Crédit :AFP / KHALED DESOUKI)

À Gaza, la situation est restée inchangée, malgré ce délai. La police du Hamas continue de patrouiller dans les rues, et la pénurie d’électricité se poursuit.

Le Hamas a déclaré au début du mois de décembre qu’elle avait transféré le contrôle de l’ensemble des ministères du gouvernement, mais le négociateur en chef du Fatah a déclaré par la suite que des « obstacles » subsistaient.

Depuis le début de ce processus de réconciliation entre les factions palestiniennes rivales, après plusieurs tentatives échouées, la question du sort de la branche armée du Hamas, forte de 25 000 combattants, a toujours divisé les parties.

Abbas souhaite que l’AP contrôle les armes et la sécurité dans la bande de Gaza, mais le Hamas refuser de poser les armes. Le Hamas, qui cherche à détruire Israël, a mené trois guerres avec l’État hébreu depuis qu’il a pris le pouvoir des mains du Fatah en 2007.

Abbas n’a toujours pas levé les sanctions portées contre le Hamas, notamment en ce qui concerne les paiements des factures d’électricité, aggravant uné pénurie déjà sévère à Gaza.

Les deux parties soutiennent publiquement leur engagement envers la réconciliation.

L’AFP a contribué à cet article.

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