Arabie/Etats-Unis: un partenariat stratégique émaillé de crises
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Arabie/Etats-Unis: un partenariat stratégique émaillé de crises

La dernière en date est vendredi, quand les renseignements US ont accusé le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane d'avoir "validé" le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi

Le vice-président américain Joe Biden, à droite, présente ses condoléances au prince Salman bin Abdel-Aziz à l'occasion du décès de son frère, le prince héritier saoudien Sultan bin Abdul-Aziz Al Saoud, au palais du prince sultan à Riyad, en Arabie saoudite, le 27 octobre 2011. (Crédit : AP Photo/Hassan Ammar, Archives)
Le vice-président américain Joe Biden, à droite, présente ses condoléances au prince Salman bin Abdel-Aziz à l'occasion du décès de son frère, le prince héritier saoudien Sultan bin Abdul-Aziz Al Saoud, au palais du prince sultan à Riyad, en Arabie saoudite, le 27 octobre 2011. (Crédit : AP Photo/Hassan Ammar, Archives)

L’Arabie saoudite et les Etats-Unis sont liés par un partenariat de longue date en matière de sécurité, même si plusieurs crises ont émaillé leurs relations.

Vendredi, un rapport du renseignement américain a accusé le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) d’avoir « validé » l’assassinat du journaliste et critique saoudien Jamal Khashoggi en 2018. Le rapport gardé secret sous Donald Trump a été déclassifié à la demande du président Joe Biden.

Mais ce dernier n’a pas été jusqu’à sanctionner MBS dans l’espoir d’éviter la « rupture » avec le royaume saoudien, un allié clé qui a « totalement » rejeté le rapport.

Partenariat dès 1945

La découverte à la fin des années 1930 de vastes réserves de pétrole sous les sables du désert saoudien donne au royaume le rang de partenaire vital pour les Etats-Unis, avides d’or noir.

Le 14 février 1945, leur partenariat est scellé lors d’une rencontre historique entre le roi Abdel Aziz ben Saoud et le président Franklin D. Roosevelt à bord du croiseur USS Quincy dans le canal de Suez. Le pacte assure au royaume une protection militaire contre un accès privilégié au pétrole.

Arme du pétrole

Le 16 octobre 1973, dix jours après le début de la guerre israélo-arabe, les pays arabes de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) menés par Ryad font du pétrole une arme, augmentant son prix de 70 % et imposant un embargo pétrolier (octobre 1973 – mars 1974) aux soutiens d’Israël, notamment les Etats-Unis.

Coopération, attentats

Après l’invasion du Koweït par l’Irak de Saddam Hussein en août 1990, l’Arabie saoudite autorise le déploiement de centaines de milliers de militaires américains sur son sol. Le pays va servir de base à la coalition internationale, dirigée par Washington, qui chassa les troupes irakiennes.

A partir du Koweït, les avions de la coalition vont décoller pour faire respecter une « zone d’exclusion aérienne » au-dessus du sud de l’Irak, provoquant la colère des terroristes saoudiens qui mènent deux attentats anti-américains sur le sol saoudien dans les années 1990.

Les tours du World Trade Center, le 11 septembre 2001. (Crédit : TheMachineStops/Flickr)

11-Septembre

Après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, revendiqués par Al-Qaïda, les relations bilatérales connaissent leur revers le plus sérieux : 15 des 19 pilotes qui avaient détourné les avions et provoqué la mort de quelque 3 000 personnes étaient des Saoudiens.

L’Arabie saoudite dénonce les attaques mais est accusée de financer en sous-main l’extrémisme islamiste.

Washington évacue d’Arabie saoudite le gros de ses derniers soldats et transfère au Qatar le QG de ses forces aériennes dans le Golfe.

Crise sous Obama

En octobre 2013, Ryad annonce son refus de siéger au Conseil de sécurité de l’ONU, un acte sans précédent pour protester contre l’inaction du Conseil, mais aussi de Washington, en particulier face à la guerre en Syrie.

Ryad, qui appuie la rébellion contre le président Bachar al-Assad, n’a pas caché sa colère après que le président Barack Obama eut renoncé en septembre à des frappes contre le régime Assad.

L’accord sur le nucléaire conclu en 2015 avec l’Iran, grand rival de Ryad, ébranle davantage la confiance de l’Arabie saoudite.

Soutien sous Trump

Ryad salue l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. En mai 2017, ce dernier est reçu avec faste dans le royaume, son premier déplacement présidentiel à l’étranger. Trump y appelle à « isoler » l’Iran chiite.

Ryad et Washington annoncent des méga-contrats excédant 380 milliards de dollars, dont 110 pour des ventes d’armements américains à Ryad.

Le journaliste saoudien et directeur de Alarab TV, Jamal Khashoggi, à Manama en 2014. (Crédit : AFP/MOHAMMED AL-SHAIKH)

Le 20 mars 2018, Donald Trump loue sa « grande amitié » avec MBS.

Le 20 novembre, il n’exclut pas que le prince héritier ait été au courant du meurtre de Jamal Khashoggi, mais affirme que « les Etats-Unis entendent rester un partenaire inébranlable de l’Arabie saoudite ».

« Recalibrer »

Le 4 février 2021, Joe Biden appelle à la « fin » de la guerre au Yémen et met un terme aux « ventes d’armes » à la coalition sous direction saoudienne.

Le 12, Washington retire les rebelles yéménites, appuyés par l’Iran, de sa liste des « organisations terroristes ».

Le 16, la Maison Blanche indique que Joe Biden entend « recalibrer » la relation avec Ryad et communiquera avec le roi Salmane, plutôt qu’avec MBS.

Le 26, déclassification du rapport du renseignement américain sur le meurtre de Khashoggi.

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