« Arafat mentait quand il condamnait le terrorisme contre Israël »
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« Arafat mentait quand il condamnait le terrorisme contre Israël »

Selon le garde du corps du défunt chef de l’AP, l'Egypte l’incitait à dénoncer les attentats terroristes. Et de préciser que la loi islamique autorise le mensonge en politique

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Yasser Arafar en septembre 2003 (Crédit : Flash 90)
Yasser Arafar en septembre 2003 (Crédit : Flash 90)

Dans une interview accordée à la BBC en langue arabe la semaine dernière et traduite par le MEMRI – l’observatoire des médias du Moyen Orient – Muhammad Al-Daya a déclaré que Yasser Arafat « condamnait les attentats à sa manière en affirmant ‘Je suis opposé aux meurtres de civils’. Mais il s’agissait d’un mensonge »

Arafat n’a pas prononcé ces condamnations de gaieté de cœur, raconte Al-Daya. Il n’a fait qu’obtempérer, harcelé par le président égyptien de l’époque.

« Ce n’est que le résultat des pressions, en particulier exercées par le président Hosni Moubarak », affirme-t-il.

« Moubarak appelait Arafat et lui disait : ‘Condamne, ou ils te le feront payer’. Arafat répondait à Moubarak : ‘M. le Président, nous avons des martyrs. [Les Israéliens] nous ont détruits. Ils nous ont massacrés’. Et Moubarak de rétorquer : ‘Condamne, ou ils te le feront payer’ »

Par ailleurs, ces mensonges ne contreviennent absolument pas à la loi islamique, poursuit Al-Daya.

« L’islam autorise le mensonge dans trois cas : pour concilier deux personnes. Si votre épouse est laide, vous êtes autorisé à lui dire qu’elle est la plus belle femme du monde. Le troisième cas relève de la politique. Vous êtes autorisé à mentir en politique », explique-t-il.

Arafat a dirigé l’OLP de 1969 à 2004, et l’Autorité palestinienne de 1994 jusqu’à sa mort en 2004.

C’est sous sa présidence que la seconde Intifada a éclaté, déclenchant une vague d’attentats-suicides contre Israël.

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