Armée libanaise : « La clôture frontalière d’Israël viole notre territoire »
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Armée libanaise : « La clôture frontalière d’Israël viole notre territoire »

Des pourparlers entre les deux pays, présidés par l'ONU, ont eu lieu près de la frontière ; la FINUL a noté la retenue exercée par les deux nations malgré les tensions

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Cette photo prise dans le kibboutz israélien de Yiftah le 30 janvier 2018 montre la clôture frontalière entre Israël et le Liban, avec le village de Blida, dans le sud du Liban, dans le fond (AFP / Jalaa Marey)
Cette photo prise dans le kibboutz israélien de Yiftah le 30 janvier 2018 montre la clôture frontalière entre Israël et le Liban, avec le village de Blida, dans le sud du Liban, dans le fond (AFP / Jalaa Marey)

Les responsables militaires libanais ont déclaré lundi à leurs homologues israéliens que le mur frontalier que l’armée israélienne construit le long de la frontière entre les deux pays violait le territoire souverain libanais.

La réunion a eu lieu alors que les tensions s’accroissent entre les deux voisins concernant le tracé de la frontière et des explorations gazières offshore et suite à des avertissements d’Israël selon lesquels l’Iran – par l’intermédiaire de son mandataire au Liban, le Hezbollah – transformerait le pays en plateforme de fabrication de roquettes destinées à attaquer l’Etat juif.

La construction de la clôture a renforcé les tensions avec le Hezbollah, un groupe terroriste puissant censé avoir plus d’influence militaire que l’armée libanaise, qui a récemment menacé d’ouvrir le feu sur les soldats israéliens qui construisent la barrière.

Les officiers de l’armée se sont rencontrés au cours d’une réunion tripartite régulière présidée par les forces de maintien de la paix de l’ONU dans les locaux de l’agence à Ras al-Naqoura, près de la frontière, a rapporté Reuters.

Une patrouille de la FINUL près de la frontière israélo-libanaise (Hamad Almakt / Flash90)

Israël a lancé la construction de la clôture il y a déjà longtemps, mais elle n’irriterait Beyrouth que maintenant.

« Le camp libanais a passé en revue la question du mur que l’ennemi israélien a l’intention de construire », a déclaré l’armée libanaise dans un communiqué publié après la réunion. Elle a ajouté qu’elle « confirmait la position du gouvernement libanais, qui rejette la construction de ce mur car il viole la souveraineté libanaise ».

La déclaration de l’armée libanaise faisait également référence à un autre différend avec Israël concernant les droits d’exploration des réserves de gaz naturel au large des côtes des deux pays. Le Liban a lancé des appels d’offres pour des explorations de gisements dans la mer Méditerranée qui, selon Israël, sont situés dans ses eaux territoriales.

« Le gisement se situe intégralement dans les eaux territoriales et économiques du Liban », a indiqué le communiqué.

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), qui a accueilli la réunion, a déclaré dans un communiqué que les pourparlers avaient attiré leur attention « en raison des travaux d’ingénierie au sud de la Ligne bleue précédemment annoncés par la partie israélienne ».

Le commandant de la FINUL, le major-général Michael Beary, a salué ce qu’il a qualifié de « période de calme relatif » depuis la dernière rencontre entre les deux parties.

« Cependant, il y a eu beaucoup d’activité le long de la Ligne bleue », a déclaré M. Beary, se référant à la Ligne qui marque le retrait d’Israël du Liban en 2000. « Je voudrais reconnaître la retenue exercée par les deux parties afin de réduire les tensions et de maintenir la stabilité. Personne ne veut revenir à une période d’escalade des tensions et de violation de la cessation des hostilités. »

Selon l’armée israélienne, cette photo publiée en juin 2017 montre un poste d’observation du Hezbollah à la frontière israélo-libanaise (Unité du porte-parole de l’armée israélienne)

La section qu’Israël construit actuellement a provoqué la colère du Hezbollah. Cependant, la clôture est construite à l’intérieur du territoire israélien, ostensiblement à l’intérieur de la Ligne bleue.

Lundi dernier, la chaîne israélienne Hadashot TV a rapporté que le Hezbollah avait menacé d’attaquer des unités de l’armée israélienne travaillant à la frontière.

Le message a été livré à Jérusalem via la FINUL, a indiqué le reportage. Les forces de l’ONU, craignant une éventuelle escalade, ont transmis le message aux ambassadeurs américain et français, qui en ont informé le bureau du Premier ministre à Jérusalem.

Le gouvernement israélien, peu impressionné, a réagi en lançant un avertissement, a indiqué le reportage. Israël a déclaré agir sur son propre territoire souverain, conformément à la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU adoptée après le retrait d’Israël du Liban en 2000.

Israël n’a pas l’intention d’arrêter la construction, a déclaré Jérusalem, et le Hezbollah « paiera cher » s’il tente d’attiser les tensions. « La réaction d’Israël sera forte et douloureuse », ont déclaré des sources au sein de l’establishment sécuritaire israélien.

Le Times of Israël a contribué à cet article

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