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Assaut sur le Capitole: cinq militants d’extrême droite inculpés pour « sédition »

L'acte d'inculpation accuse Henry Tarrio et quatre de ses lieutenants d'avoir coordonné l'intrusion d'une centaines de membres de la milice Proud Boys

Le rassemblement pro-Trump au Capitole américain, à Washington, le 6 janvier 2021. (Lloyd Wolf via JTA)
Le rassemblement pro-Trump au Capitole américain, à Washington, le 6 janvier 2021. (Lloyd Wolf via JTA)

Une figure clé de l’extrême droite américaine, Henry Tarrio, et quatre autres membres de la milice des « Proud Boys » ont été inculpés lundi de « sédition » pour leur rôle dans l’assaut sur le Capitole le 6 janvier 2021, a annoncé le ministère de la Justice.

Les cinq hommes, âgés de 31 à 45 ans et détenus depuis plusieurs mois, faisaient jusque-là l’objet de poursuites pour « association de malfaiteurs » en vue de gêner une procédure officielle ou pour violences.

L’accusation de « sédition », très rarement utilisée et passible de 20 ans de prison, va plus loin. Elle implique d’avoir comploté contre le gouvernement ou une de ses lois.

Depuis l’attaque par des partisans de Donald Trump contre le siège du Congrès, au moment où les élus certifiaient la victoire de son rival Joe Biden à la présidentielle de 2020, plus de 810 personnes ont été arrêtées et inculpées, le plus souvent pour intrusion dans un bâtiment fédéral.

Le chef des Proud Boys, Henry ‘Enrique’ Tarrio lors d’un rassemblement à Portland, dans l’Oregon, le 26 septembre 2020. (Allison Dinner / AP)

Seule une poignée, tous membres d’une autre milice radicale baptisée les « Oath Keepers », font également l’objet de poursuites pour « sédition ».

En parallèle, une commission d’enquête parlementaire tente de faire la lumière sur le rôle joué par l’ex-président républicain et ses proches dans ce coup de force. Elle doit présenter jeudi ses premières conclusions, lors d’une audition très attendue.

En attendant, l’acte d’inculpation adopté lundi par un grand jury accuse Henry Tarrio et quatre de ses lieutenants d’avoir coordonné l’intrusion d’une centaines de membres de cette milice, créée en 2016, dans le Capitole.

Lui-même n’était pas sur place : deux jours plus tôt, il avait été interpellé pour la destruction d’une banderole « Black Lives Matter » et alors qu’il se trouvait en possession de chargeurs d’arme interdits dans la capitale fédérale. Il avait été remis en liberté le 5 janvier 2021 avec ordre de rester hors de Washington.

Selon l’acte d’accusation, il n’avait pas immédiatement obtempéré et avait même rencontré Stewart Rhodes, son homologue chez les « Oath Keepers », avant de quitter la capitale fédérale.

Cette photo, fournie par le bureau du shérif du comté de Collin, montre Stewart Rhodes. Les procureurs ont déposé des accusations de conspiration séditieuse contre Rhodes, le chef de la milice d’extrême droite Oath Keepers et 10 associés présumés pour leur implication dans les émeutes au capitole à Washington, le 6 janvier 2021. (Crédit : Bureau du shérif du comté de Collin via AP)

Entrave à l’enquête

Par ailleurs, l’ancien conseiller économique et proche allié de Donald Trump, Peter Navarro, a été inculpé vendredi pour « entrave aux prérogatives d’enquête du Congrès » concernant l’attaque contre le Capitole, le 6 janvier 2021, a annoncé le ministère américain de la Justice.

M. Navarro, 72 ans, a été inculpé pour avoir refusé de témoigner et de fournir des documents à la commission parlementaire chargée d’enquêter sur l’assaut du Capitole, lorsque des milliers de partisans de Donald Trump ont envahi le siège du Congrès américain pour tenter de bloquer la certification de la victoire de Joe Biden à la présidentielle.

L’ex-conseiller a été placé en détention et doit être présenté devant un juge vendredi après-midi, selon le tribunal fédéral de Washington.

Peter Navarro n’a en effet « pas fait mystère de son rôle dans les manœuvres visant à renverser les résultats de l’élection de 2020 et a même évoqué le soutien de l’ancien président à ces projets », selon le chef de l’enquête parlementaire, le démocrate Bennie Thompson.

Selon la commission dite « du 6 janvier », M. Navarro a aussi travaillé avec l’ancien conseiller politique de Donald Trump, Steve Bannon, pour « retarder la certification du Congrès » et changer le résultat de l’élection.

M. Bannon a d’ailleurs été le premier proche de Donald Trump a avoir été inculpé pour « entrave » à cette enquête parlementaire en novembre.

Le président américain Donald Trump, à gauche, félicite son conseiller Stephen Bannon après l’investiture des hauts responsables dans la salle est de la Maison Blanche, le 22 janvier 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

La commission d’enquête, qui a déjà entendu des centaines de témoins, veut à tout prix terminer son travail avant les élections législatives de mi-mandat, en novembre.

Si les démocrates perdent le contrôle de la Chambre des représentants lors du scrutin, la commission risque d’être dissoute par les républicains. Elle prévoit de tenir des auditions publiques dès la semaine prochaine.

Peter Navarro encourt entre 30 jours et un an de prison, ainsi qu’une amende allant jusqu’à 100 000 dollars pour chaque chef d’inculpation.

Mardi, l’ancien conseiller a porté plainte contre la commission, alléguant que son enquête était illégale et qu’elle n’avait pas autorité pour le citer à comparaître, mais un juge fédéral a demandé jeudi à M. Navarro de déposer sa plainte à nouveau à cause d’un vice de procédure.

Malgré les recommandations des élus de la Chambre, le ministère américain de la Justice n’a pour le moment pas inculpé Mark Meadows, ancien chef de cabinet de Donald Trump, ni Dan Scavino, autre proche conseiller du milliardaire républicain, les deux hommes ayant eux aussi refusé de coopérer à l’investigation du Congrès.

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