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Attentat Centre juif AMIA/Mémorandum Iran : non-lieu pour Cristina Kirchner

L'attaque avait fait 85 morts et 300 blessés en 1994 à Buenos Aires ; La vice-présidente est poursuivie dans six autres procédures

La présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner salue ses supporters en quittant le Parlement après son discours d'ouverture de la session parlementaire le 1er mars 2015 (Crédit : AFP PHOTO / ALEJANDRO PAGNI)
La présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner salue ses supporters en quittant le Parlement après son discours d'ouverture de la session parlementaire le 1er mars 2015 (Crédit : AFP PHOTO / ALEJANDRO PAGNI)

Un tribunal argentin a prononcé jeudi un non-lieu en faveur de la vice-présidente du pays Cristina Kirchner, accusée d’entrave – au profit de l’Iran – à l’enquête sur l’attentat contre une mutuelle juive qui avait fait 85 morts et 300 blessés en 1994 à Buenos Aires.

L’ancienne présidente de gauche était poursuivie pour avoir encouragé l’approbation par le Parlement d’un accord avec Téhéran, prévoyant que de hauts fonctionnaires iraniens accusés d’avoir commandité l’attentat antisémite soient entendus hors d’Argentine, leur permettant de cette façon de se dérober à la justice.

« Le protocole d’accord avec l’Iran, qu’il soit considéré comme un succès ou un échec politique, ne constitue pas un délit, ni un acte de dissimulation », a estimé le tribunal fédéral numéro 8. Sa décision est susceptible d’appel devant la Chambre de cassation pénale.

Cristina Kirchner avait estimé devant la cour que l’accusation qui la visait était « un non sens, un scandale judiciaire et politique, l’oeuvre d’un instrument de persécution des opposants politiques au gouvernement de Mauricio Macri (2015-2019) », qui lui avait succédé.

Le président argentin Mauricio Macri à la résidence présidentielle Casa Rosada à Buenos Aires, le 12 septembre 2017. (Crédit : Juan Mabromata/AFP)

Le pacte avait été approuvé en 2013 par le Parlement argentin, mais la république islamique d’Iran n’avait finalement pas respecté les termes de l’accord.

Alberto Nisman donne une conférence de presse à Buenos Aires, le 20 mai 2009. (AFP Photo/Juan Mabromata)

L’accusation pour entrave à l’enquête avait d’abord été lancée en 2015 par le procureur Alberto Nisman, qui avait été retrouvé mort dans son appartement de Buenos Aires à la veille de présenter son accusation contre Mme Kirchner au Parlement.

L’attentat contre l’Amia (Association mutuelle israélite argentine), le 18 juillet 1994, était le deuxième perpétré contre la communauté juive d’Argentine, la plus nombreuse d’Amérique latine, après celui de 1992 contre l’ambassade d’Israël (29 morts et 200 blessés).

L’attentat n’a jamais été revendiqué, ni élucidé, mais Israël accuse Téhéran d’être le commanditaire.

Cristina Kirchner, 68 ans, a obtenu des non lieux dans plusieurs affaires de corruption présumée durant ses deux mandats présidentiels (2007-2015), mais reste poursuivie dans six autres procédures.

Une manifestante tient un écriteau qui dit en espagnol « Plus de sang dans l’affaire AMIA » alors que les gens se rassemblent devant le palais du gouvernement sur la Plaza de Mayo en réaction au décès du procureur spécial et enquêteur pour l’attentat de l’AMIA Alberto Nisman à Buenos Aires, Argentine, le lundi 19 janvier 2015. (crédit photo : AP Photo/Victor R. Caivano)

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