Attentat contre l’Amia : l’Argentine gèle les avoirs du Hezbollah
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Attentat contre l’Amia : l’Argentine gèle les avoirs du Hezbollah

L'Argentine a gelé jeudi les avoirs du mouvement chiite libanais, soupçonné dans l'attentat à la bombe commis il y a 25 ans à Buenos Aires contre la mutuelle juive argentine Amia

Le président argentin Mauricio Macri à la résidence présidentielle Casa Rosada à  Buenos Aires, le 12 septembre 2017. (Crédit : Juan Mabromata/AFP)
Le président argentin Mauricio Macri à la résidence présidentielle Casa Rosada à Buenos Aires, le 12 septembre 2017. (Crédit : Juan Mabromata/AFP)

L’Argentine a gelé jeudi les avoirs du mouvement chiite libanais Hezbollah, soupçonné dans l’attentat à la bombe commis il y a exactement 25 ans à Buenos Aires contre la mutuelle juive argentine Amia, qui avait fait 85 morts.

L’Unité d’information financière (UIF), un organisme gouvernemental, « a ordonné le gel des actifs de l’organisation terroriste Hezbollah, des entités spécifiques de la branche militaire qui font partie de cette organisation et des dirigeants de l’organisation », indique un communiqué officiel argentin.

La mesure a été annoncée le jour anniversaire de l’attentat à la bombe du 18 juillet 1994 contre l’immeuble qui abritait les institutions juives d’Argentine. L’attentat, le pire jamais commis en Argentine, avait fait 85 morts et 300 blessés.

La justice argentine et Israël affirment que l’Iran a ordonné cet attentat et qu’il a été exécuté par des hommes du Hezbollah, de même que celui de 1992 contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires, qui avait fait 29 morts et 200 blessés.

L’Argentine a émis sans résultat des mandats d’arrêt internationaux contre des Iraniens qu’elle accuse d’implication dans l’attentat.

L’importante communauté juive d’Argentine et les organisations de familles des victimes ont marqué jeudi l’anniversaire de l’attentat lors de cérémonies au cours desquelles elles ont une nouvelle fois réclamé que justice soit faite.

La veille, l’Argentine a officiellement créé un registre des personnes et organisations terroristes, dans un décret qui prévoit des sanctions telles que le gel d’actifs en Argentine ou l’interdiction d’entrée sur le territoire. Le Hezbollah est le premier à figurer dans ce registre.

Lors de l’une des cérémonies commémoratives de jeudi, le président argentin Mauricio Macri a déclaré que la création du registre avait permis que l’UIF « décide le gel d’actifs de personnes et entités liées au Hezbollah et ayant un rapport avec des actes de terrorisme ou avec leur financement ».

Vingt-cinq ans après, l’attentat contre l’Amia n’a toujours pas été élucidé. Une ancienne présidente, Cristina Kirchner, a été accusée d’avoir fait piétiner les investigations et mise en examen en 2017 ; un juge, Juan José Galeano, a été condamné pour entrave à l’enquête et le procureur Alberto Nisman, qui travaillait depuis plus de 10 ans sur cette affaire, a été trouvé mort à son domicile en 2015.

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