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Attentat en Cisjordanie : Le chauffeur de bus dit être « encore sous le choc »

Le conducteur a été salué pour son "ingéniosité" qui a permis d'éviter une tragédie ; "mon objectif était de m'éloigner le plus possible", a-t-il témoigné sous couvert d’anonymat

Un bus israélien endommagé suite à une fusillade, près de Silwad, en Cisjordanie, le 20 août 2022. (Crédit : Autorisation)
Un bus israélien endommagé suite à une fusillade, près de Silwad, en Cisjordanie, le 20 août 2022. (Crédit : Autorisation)

Le chauffeur d’un bus qui a essuyé des tirs dans le centre de la Cisjordanie samedi soir a été salué pour sa vive réaction. Il a déclaré dimanche qu’il n’avait jamais fait face à une telle situation.

« Alors que je me dirigeais vers [l’implantation d’] Ariel, j’ai entendu des coups de feu », a déclaré le chauffeur, sous couvert d’anonymat, au site d’information Ynet.

« Je me suis fié à mon intuition et me suis éloigné de là. C’est une zone sombre et il n’y a pas de soldats stationnés à cet endroit, mon objectif était donc de m’éloigner le plus possible de là. »

Les coups de feu ont été tirés depuis la ville palestinienne de Silwad en direction d’un bus de la compagnie Egged qui circulait sur la route 60, principale autoroute nord-sud de Cisjordanie, située près de l’implantation d’Ofra, a indiqué Tsahal dans un communiqué.

Il était plein au moment de l’attaque et au moins huit impacts de balles ont été dénombrés sur les fenêtres et la carrosserie du bus, selon le Conseil régional de Binyamin.

« C’est seulement près de Shiloh que je suis descendu du bus et que j’ai constaté les dégâts », a déclaré le chauffeur, ajoutant que ce n’était pas son itinéraire habituel. « Je n’ai jamais rien vu de tel auparavant », a-t-il ajouté.

« Je n’ai pas dormi de la nuit. Je suis encore sous le choc ».

Personne n’a été blessé lors de l’attaque.

Nous avons entendu plusieurs « booms ». Au début, j’ai pensé que quelque chose était tombé sur le bus », a déclaré l’une des passagers, Yuval Hadad, à Ynet.

« Mais quand j’ai vu d’autres passagers se mettre à l’abri, j’ai supposé que c’était des jets de pierres. Nous avons appelé la police… Quand nous sommes descendus à Shilo, nous avons vu que le bus était plein d’impacts de balles », a-t-elle ajouté.

« Nous allons passer à autre chose – c’est notre pays – mais c’est évidemment un peu stressant. Nous avons des enfants… Nous parlons là de la vie d’êtres humains « , a ajouté Hadad.

Des secouristes ont été dépêchés à la jonction mais ne sont finalement pas intervenus. L’armée, quant à elle, a lancé une chasse à l’homme pour retrouver le ou les tireurs.

Tamar Ohana, du Syndicat israélien Koach LaOvdim, a salué l’action du chauffeur qui, selon elle, a permis d’éviter une catastrophe.

« C’est uniquement grâce à l’ingéniosité du chauffeur qu’une grande tragédie a été évitée », a déclaré Ohana.

« Nous soutenons les chauffeurs qui sont en première ligne chaque jour faisant face, d’une part aux actes de terrorisme tels que les jets de pierre et d’autre part, à la violence des passagers. C’est un rappel quotidien de la nécessité de reconnaître les chauffeurs comme fonctionnaires et c’est pour cela que nous continuerons à nous battre », a-t-elle ajouté.

Le président du Conseil régional de Binyamin, Yisrael Gantz, a déclaré que la fusillade s’inscrivait dans le cadre d’une escalade continue de la violence et témoignait d’un « manque de force de dissuasion » de la part des autorités israéliennes.

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