Attentat rue Copernic: décision le 27 janvier sur la contestation du non-lieu
Rechercher

Attentat rue Copernic: décision le 27 janvier sur la contestation du non-lieu

Plus de 40 ans après les faits, le débat sur un éventuel procès s'est tenu jeudi à huis clos devant la chambre de l'instruction de la cour

Scène de l'attentat contre la synagogue de la rue de Copernic, à Paris, en 1980. (Crédit : AFP)
Scène de l'attentat contre la synagogue de la rue de Copernic, à Paris, en 1980. (Crédit : AFP)

La cour d’appel de Paris doit se prononcer le 27 janvier sur la validité du non-lieu accordé à l’unique suspect de l’attentat de 1980 devant la synagogue de la rue Copernic, pour lequel les victimes demandent un procès aux assises, ont indiqué des avocats à l’AFP.

Le 3 octobre 1980, l’explosion d’une bombe sur une moto près d’une synagogue du XVIe arrondissement de la capitale française, avait fait quatre morts et 46 blessés.

Plus de 40 ans après, le débat sur un éventuel procès s’est tenu jeudi à huis clos devant la chambre de l’instruction de la cour.

Le parquet général a maintenu ses réquisitions en faveur d’un renvoi aux assises d’Hassan Diab, un professeur d’université canado-libanais de 66 ans.

Cette photo prise le 24 mai 2016 montre Hassan Diab, arrêté en novembre 2008 pour son rôle présumé dans l’attentat de la synagogue de la rue Copernic en 1980 au palais de justice de Paris, en France. (Crédit : AFP PHOTO / BERTRAND GUAY)

A l’issue du non-lieu rendu début 2018, ce dernier, qui clame son innocence, avait été libéré après trois ans de détention et était reparti au Canada qui avait accepté son extradition fin 2014.

« J’aimerais que la justice fasse son travail et qu’il y ait enfin un procès », a déclaré à l’AFP Corinne Adler, l’une des victimes, qui n’a pu assister à l’audience en raison du huis clos.

« Je ne comprends pas ce non-lieu alors que l’extradition n’a pas été acceptée à la légère », a ajouté Mme Adler, l’une des jeunes filles qui célébraient leur Bat Mitzvah lors de l’explosion qui avait fait s’écrouler la verrière.

« Toutes les charges, prises isolément, sont ténues, mais elles convergent toutes vers la même personne », a abondé Me Eric Morain, l’avocat du policier en faction devant la synagogue, partie civile dans le dossier.

Pour la défense de M. Diab, « cette ordonnance, en toute logique, doit être confirmée, compte tenu de l’importance des éléments à décharge », ont déclaré Mes William Bourdon, Amélie Lefebvre et Apolline Cagnat.

Le 12 janvier 2018, les juges d’instruction antiterroristes avaient rendu un non-lieu, jugeant « pas suffisamment probantes » les charges retenues contre M. Diab.

Le parquet avait fait appel. Tout en admettant des « doutes » sur la présence du suspect à Paris le jour de l’attentat, le ministère public estime que le faisceau d’indices mérite d’être examiné devant une cour d’assises.

Le 26 octobre 2018, la cour d’appel de Paris avait décidé, contre toute attente, de suspendre sa décision aux conclusions d’une énième expertise graphologique sur une fiche d’hôtel.

Cette fiche est l’objet d’une âpre bataille judiciaire depuis la demande d’extradition en 2008: huit expertises graphologiques privées produites par la défense sont venues contredire trois experts français différents.

Dans la nouvelle contre-expertise, rendue en novembre 2019, les trois nouveaux experts ne tranchent pas la question, mais concluent qu' »il n’est pas possible d’exclure » que M. Diab soit l’auteur de cette fiche.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...