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Attentat synagogue Copernic : la cour d’appel de Paris a infirmé le non-lieu

Hassan Diab, un universitaire libano-canadien accusé d'avoir posé la bombe, sera renvoyé devant une Cour d'assises

Scène de l'attentat contre la synagogue de la rue de Copernic, à Paris, en 1980. (Crédit : AFP)
Scène de l'attentat contre la synagogue de la rue de Copernic, à Paris, en 1980. (Crédit : AFP)

Quarante ans après l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic à Paris, la justice française a décidé mercredi de renvoyer devant une Cour d’assises l’unique suspect retrouvé dans l’enquête sur cette attaque qui avait fait 4 morts et 46 blessés le 3 octobre 1980, a-t-on appris de source judiciaire.

La cour d’appel de Paris a infirmé mercredi le non-lieu rendu en janvier 2018 par les juges antiterroristes au bénéfice de Hassan Diab, un universitaire libano-canadien de 67 ans, accusé d’avoir posé la bombe.

Ce dernier, qui clame son innocence, est reparti au Canada après trois années de détention provisoire et mène bataille contre la justice de son pays qui avait autorisé son extradition fin 2014.

« Cette décision (de la cour d’appel, NDLR) est insensée, car elle est totalement contraire au droit et au dossier, et par conséquent ne puise son inspiration que dans le politiquement correct », a réagi sa défense dans une déclaration à l’AFP, annonçant qu’elle allait contester ce revirement devant la Cour de cassation.

« Elle censure une décision prise par deux juges d’instruction, dont la motivation extrêmement rigoureuse, était proportionnée aux enjeux et à la gravité de faits. Personne ne peut soupçonner ces magistrats ni de faiblesse ni de naïveté », ont déclaré Mes William Bourdon, Apolline Cagnat et Amélie Lefevbre.

Cette photo prise le 24 mai 2016 montre Hassan Diab, arrêté en novembre 2008 pour son rôle présumé dans l’attentat de la synagogue de la rue Copernic en 1980 au palais de justice de Paris, en France. (Crédit : AFP PHOTO / BERTRAND GUAY)

L’enquête avait attribué l’attentat commis le 3 octobre 1980, non revendiqué, au Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS), groupe terroriste né d’une scission du FPLP, et les renseignements français avaient identifié Hassan Diab en 1999.

Mais près de 20 ans plus tard, les juges antiterroristes avaient, contre l’avis du parquet, considéré que les charges réunies contre l’ancien étudiant de Beyrouth, n’étaient « pas suffisamment probantes », une décision infirmée mercredi à la grande satisfaction des parties civiles.

« Je suis contente, cela faisait des années que nous demandions un procès », s’est félicitée Corinne Adler, partie civile venue écouter le délibéré. « Que tout s’arrête là m’aurait beaucoup peiné, pour toutes les victimes dont je fais partie », a déclaré celle qui, adolescente, célébrait sa bat-mitzvah dans le lieu de culte au moment de l’explosion.

« C’est une satisfaction d’obtenir un procès, presque la fin d’un long combat », a salué Me Bernard Cahen, avocat de la synagogue et des familles de deux victimes décédées dans l’attaque.

« Si la cour d’assises déclare que M. Diab n’est pas coupable, au moins justice aura été rendue par une décision collégiale et contradictoire », a ajouté l’avocat, toutefois « sceptique » sur les chances d’obtenir une nouvelle extradition de l’accusé. « Mais on va essayer. »

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