Israël en guerre - Jour 231

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"Nous voulions relever la tête."

Au kibboutz Beeri, ravagé par le Hamas, la plus grande imprimerie du pays a redémarré

L'imprimerie, où sont imprimés les permis de conduire, des factures et autres documents officiels, a été fondée en 1950

Les destructions causées par les terroristes du Hamas dans le kibboutz Bééri, près de la frontière entre Israël et Gaza, dans le sud d'Israël, le 14 octobre 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)
Les destructions causées par les terroristes du Hamas dans le kibboutz Bééri, près de la frontière entre Israël et Gaza, dans le sud d'Israël, le 14 octobre 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

C’est comme un symbole du retour à une certaine normalité, malgré les atrocités du 7 octobre. Dans le kibboutz israélien de Beeri, celui où les terroristes du Hamas ont fait le plus de morts, l’imprimerie s’est remise à tourner.

Cette communauté au sud d’Israël, à moins de 5 kilomètres de la bande de Gaza, comptait 1 200 habitants. Près de 90 ont été tués, y compris des enfants. Une trentaine de personnes, pour la plupart probablement retenues en otage dans le territoire palestinien, sont portées disparues.

Un mois après l’attaque de près de 3 000 hommes du Hamas, venus de la bande de Gaza où le groupe terroriste islamiste est au pouvoir, des traces du déchaînement de violence sont toujours là : les maisons dévastées, le sang qui n’a pas été nettoyé partout. Reste aussi à un endroit une odeur de mort.

Plus de 1 400 personnes ont été tuées depuis le 7 octobre, essentiellement des civils massacrés par le Hamas ce jour-là.

Naor Pakciarz, âgé de 45 ans, qui vit dans le kibboutz depuis 2000, fait visiter les lieux : « Ici, mon meilleur ami a été tué avec sa fille de 9 mois. Là, mon beau-père ».

En revanche, l’imprimerie dont il est un des dirigeants a été épargnée. « Elle n’a reçu que 5 balles. Ils (les terroristes du Hamas, ndlr) ont dû voir qu’il n’y avait personne à l’intérieur, comme c’était Shabbat, donc ils ont passé leur chemin », dit-il. « Mais s’ils avaient su ce qu’elle représente ici, ils l’auraient probablement brûlée ».

L’imprimerie de Beeri, fondée en 1950, est la plus grande d’Israël. Elle compte 400 employés, parmi lesquels 150 membres du kibboutz, ce qui en fait l’une des plus grandes entreprises de la région. Y sont imprimés les permis de conduire, des factures et autres documents officiels.

« C’est le cœur du kibboutz », explique Naor Pakciarz.

Exemple de réussite

Elle n’a fermé qu’une semaine, dit-il fièrement. Le travail a repris alors que tous les morts n’avaient pas encore été enterrés et que l’on continuait de découvrir de nouvelles victimes. « Au début, nous étions dix personnes à travailler, après deux jours, 20. Et aujourd’hui, elle fonctionne à 80 % ».

« Rapidement, nous nous sommes demandés comment nous pouvions nous relever et redevenir un exemple de réussite et non une histoire triste », poursuit-il. « Nous voulions relever la tête. »

Une dizaine d’employés parmi lesquels le directeur financier ont été tués le 7 octobre. Mais une centaine de salariés sont revenus sur les lieux et une centaine d’autres, des évacués du kibboutz, travaillent depuis les hôtels où ils ont été relogés.

Naor Pakciarz se souvient de son « émotion » à sa reprise. « Mais c’était un bon jour. Cela nous a redonné de l’espoir », poursuit-il.

Ella Shalom, qui est notamment secrétaire, a elle repris le travail le 18 octobre. « Au niveau de la santé mentale, cela libère beaucoup de retourner travailler, d’essayer de retrouver un semblant de vie » normale, raconte cette femme de 44 ans. « On est occupés, donc on n’a pas le temps d’être sur les téléphones, de suivre les informations ».

La réouverture de l’imprimerie a inspiré d’autres entreprises de la région, selon Naor Pakciarz. « Ils se sont dits que si les membres du kibboutz Beeri retournaient au travail, (…) alors ils devaient faire de même, ils n’avaient pas d’excuses. »

Début novembre, les travaux agricoles, notamment la récolte de mangues et d’avocats, ont également repris dans le kibboutz.

En revanche, Naor Pakciarz n’envisage pas de revenir vivre rapidement à Beeri : « Si la situation reste la même, si le Hamas reste au pouvoir à Gaza, je ne reviendrai pas vivre ici avec ma femme et nos quatre enfants ».

A Beeri, on entend les frappes israéliennes sur la bande de Gaza. Depuis l’attaque du 7 octobre, Israël cherche à détruire les capacités militaires et de gouvernance du Hamas, et s’est engagé à éliminer l’ensemble du groupe terroriste qui dirige la bande de Gaza. Israël vise toutes les zones où le Hamas opère, tout en cherchant à réduire au maximum les pertes civiles – le Hamas prenant la population pour ses boucliers humains, ses centres de commandement et ses armes sont très souvent postés dans des zones civiles, comme des hôpitaux, des écoles ou des mosquées.

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