Au Parlement, une survivante d’Auschwitz dénonce le virus de l’antisémitisme
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"Apparemment incurable"

Au Parlement, une survivante d’Auschwitz dénonce le virus de l’antisémitisme

"Quel scandale que des écoles juives, même des jardins d'enfant juifs, doivent être protégés par la police !", a lancé Anita Lasker-Wallfisch, une musicienne de 92 ans

De gauche à droite, le président allemand Frank-Walter Steinmeier, la survivante de l'Holocauste Anita Lasker-Wallfisch et la chancelière allemande Angela Merkel quittent après la cérémonie annuelle à la mémoire des victimes et des survivants de l'Holocauste le 31 janvier 2018 à Berlin (Bundestag). (Crédit: AFP / John MACDOUGALL)
De gauche à droite, le président allemand Frank-Walter Steinmeier, la survivante de l'Holocauste Anita Lasker-Wallfisch et la chancelière allemande Angela Merkel quittent après la cérémonie annuelle à la mémoire des victimes et des survivants de l'Holocauste le 31 janvier 2018 à Berlin (Bundestag). (Crédit: AFP / John MACDOUGALL)

Une survivante de l’Holocauste, Anita Lasker-Wallfisch, a mis en garde mercredi contre l’antisémitisme en Allemagne dans un discours à la chambre des députés où siègent depuis fin 2017 des élus d’extrême droite.

« Quel scandale que des écoles juives, même des jardins d’enfant juifs, doivent être protégés par la police ! », a lancé cette musicienne de 92 ans, une violoncelliste déportée à Auschwitz en 1943 et invitée devant les élus allemands à l’occasion de la commémoration annuelle des victimes du nazisme au Bundestag.

« L’antisémitisme est un virus vieux de 2 000 ans, apparemment incurable », a ajouté cette femme alerte, qui était accompagnée de sa soeur, Renate, déportée comme elle d’abord à Auschwitz puis à Bergen-Belsen.

« Nier quelque chose qui fait partie du passé de l’Allemagne est tout simplement inacceptable », a encore indiqué la musicienne qui a fait partie de l’orchestre d’Auschwitz, organisé par les SS dans le camp d’extermination.

Mme Lasker-Wallfisch n’a pas évoqué le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) qui compte 90 élus au Bundestag depuis les élections du 24 septembre dernier.

Or la jeune formation compte dans ses rangs des révisionnistes et certains de ses cadres souhaitent en finir avec la culture du repentir, socle de l’identité allemande depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

« La haine est un poison et au final, vous vous empoisonnez vous-même », a insisté Mme Lasker-Wallfisch, devant la chancelière Angela Merkel, l’ensemble de son gouvernement et des dirigeants des partis politiques.

D’une voix forte et assurée malgré son âge et les souffrances subies en déportation, la musicienne a également raconté l’histoire de sa famille juive allemande assimilée.

« Renate (sa soeur, ndlr) et moi sommes nées dans ce pays, c’est-à-dire (que nous sommes) Allemandes », a-t-elle rappelé. Après l’arrivée des nazis au pouvoir, « on m’a craché dessus dans la rue et on m’a dit ‘sale Juive !' ».

Le 9 avril 1942, ses parents sont déportés. L’adolescente de 16 ans veut partir avec eux. Mais son père l’avertit : « Là où nous allons, tu iras bien assez tôt », a-t-elle dit.

Longuement applaudie par les députés, elle a également évoqué l’accueil par l’Allemagne de plus d’un million de réfugiés, fuyant la guerre ou la misère, depuis 2015. Un « geste humain incroyablement généreux et courageux ».

Les autorités allemandes, en particulier Angela Merkel, s’inquiètent de la résurgence de l’antisémitisme, notamment dans les cours d’école, où « Toi, le juif » est l’insulte la plus répandue à Berlin.

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