Au salon Watec, démonstration de la technologie israélienne au service de l’eau
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Au salon Watec, démonstration de la technologie israélienne au service de l’eau

Israël, dont plus de 60 % des terres sont désertiques, a poussé à la création de technologies pour que chaque goutte d'eau compte et est devenu leader mondial en la matière

De l'eau s'écoule d'une bouche d'incendie. (Crédit : ChiccoDodiFC iStock by Getty Images)
De l'eau s'écoule d'une bouche d'incendie. (Crédit : ChiccoDodiFC iStock by Getty Images)

Les bouches d’incendie servent à sauver des vies en cas d’incendie, mais elles servent aussi – en cas de dysfonctionnement – de source d’eau jaillissante dont les enfants peuvent s’asperger et se rafraîchir pendant l’été.

La société israélienne HydrantTech vise à endiguer ce déluge avec un dispositif intelligent qu’elle a mis au point pour ces bouches et qui alerte les autorités en cas de fuite, de vol d’eau ou de tentative malveillante de pénétration dans un système d’approvisionnement en eau.

« Rien qu’à Chicago, quelque 5 millions de gallons d’eau sont perdus chaque jour à cause des bouches d’incendie ouvertes ou de leur utilisation illégale », a déclaré Dovik Barkay, PDG de la société basée à Ramat Yishai, citant la commissaire Debra Shore du Metropolitan Reclamation District of Greater Chicago. « Cela coûte à la ville environ 9 millions de dollars par an », a-t-il ajouté.

Le dispositif métallique intelligent développé par HydrantTech se visse sur l’embouchure d’une bouche d’incendie, entourée de capteurs. Il recueille les données et les envoie dans le cloud, d’où les alertes sont envoyées aux systèmes de contrôle ou aux téléphones d’opérateurs spécifiques, qui peuvent aller résoudre le problème.

L’entreprise israélienne vient de commencer à vendre son produit aux autorités de l’eau à Haïfa, Petah Tikva et Tibériade, indique M. Barkay, et cherche à étendre ses activités à l’étranger.

Dovik Barkay, PDG de HydrantTech au salon Watec de Tel Aviv, le 19 novembre 2019 (Crédit : Shoshanna Solomon/Times of Israel)

Barkay a exposé sa technologie lors de l’événement Watec Israël qui se tenait récemment à Tel-Aviv et auquel participaient des milliers de visiteurs du monde entier, dont l’Inde, le Pérou et les Pays-Bas, qui souhaitent profiter des technologies de l’eau en cours de développement dans ce qu’on appelle la Start-Up Nation.

Les discussions organisées portaient sur les progrès réalisés dans les technologies de « l’eau intelligente », le traitement des eaux usées et la façon dont les données peuvent être exploitées pour approvisionner tout un chacun en eau potable.

D’ici 2025, la moitié de la population mondiale vivra dans des zones de stress hydrique, selon une fiche d’information publiée en juin 2019 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« L’eau salubre et facilement accessible est importante pour la santé publique, qu’elle soit utilisée pour boire, pour l’usage domestique, la production alimentaire ou les loisirs », a rappelé l’OMS. « L’amélioration de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement, ainsi que de la gestion des ressources en eau, peut stimuler la croissance économique des pays et contribuer grandement à réduire la pauvreté. »

Lors de l’événement de mardi, Andrew Wheeler, directeur de l’Agence américaine de protection de l’environnement depuis février, a souligné l’importance des partenariats mondiaux pour s’attaquer aux problèmes environnementaux et a parlé de la façon dont les États-Unis peuvent apprendre d’Israël dans la récupération des eaux usées. Israël récupère environ 90 % de ses eaux usées, a-t-il dit, alors qu’aux États-Unis, ce chiffre n’est que de 6 %. « Il est clair que nous avons beaucoup à apprendre », a-t-il dit.

Andrew Wheeler, directeur de l’Agence américaine de protection de l’environnement au salon Watec à Tel Aviv, le 19 novembre 2019 (Crédit : Shoshanna Solomon/Times of Israel)

Selon les chiffres fournis par l’Institut israélien des exportations, quelque 250 entreprises développent des technologies et des équipements dans le domaine de l’eau en Israël, et le pays exporte chaque année environ 2,4 milliards de dollars en technologies et équipements hydrauliques. Selon Start-Up Nation Central, une organisation à but non lucratif qui suit l’industrie, plus de 180 jeunes entreprises sont actives dans les domaines de l’eau et du traitement des eaux usées, de l’irrigation, des systèmes d’approvisionnement en eau, de la gestion des réseaux d’eau, des technologies de dessalement et de la qualité de l’eau.

Israël, dont plus de 60 % des terres sont désertiques, a poussé à la création de technologies pour que chaque goutte d’eau compte. Aujourd’hui, la majeure partie de l’eau potable provient d’installations de dessalement, et Israël est considéré comme un leader mondial dans tous les aspects de la gestion de l’eau.

Dani Oren devant le dispositif conçu par Woosh Water au salon Watec de Tel Aviv, le 19 novembre 2019 (Crédit : Shoshanna Solomon/Times of Israel)

« Notre innovation est née de la nécessité », a expliqué Adiv Baruch, président de l’Institut israélien des exportations, dans son discours au Watec. « Nous avons l’innovation et les technologies. Comment pouvons-nous l’étendre et la partager avec le monde entier « , a-t-il demandé.

Lors du salon, Woosh Water a présenté sa station d’eau « intelligente » pour les écoles et les lieux publics, avec des robinets qui fournissent de l’eau purifiée et refroidie pour éliminer l’utilisation de bouteilles en plastique, explique Dani Oren, responsable du développement commercial au sein de l’entreprise.

Chaque station d’eau contient un système de purification et un système de nettoyage pour les bouteilles réutilisables. Elles sont entièrement informatisées et surveillées à distance par un centre de contrôle 24h/24 7j/7. Le système est déjà en cours de vente à des municipalités et des entités privées aux États-Unis, d’après M. Oren.

NUFiltration Ltd., basée à Césarée, a présenté sa technologie, qui reconvertit les dialyseurs obsolètes et les utilise comme dispositifs de purification de l’eau pour les pays en développement.

Lishtot, une entreprise de Jérusalem fondée en 2015, a mis au point TestDrop, un appareil de type chaîne qui, selon l’entreprise, peut détecter les contaminants dans l’eau tels que l’Escherichia coli, le plomb, l’arsenic, le mercure, le cuivre et le chlore en à peine deux secondes.

Isaac Sachs montre la boite noire développée par Ayyeka pour améliorer le recyclage des eaux usées. (Crédit : Shoshanna Solomon/Times of Israel)

Ayyeka, basée à Jérusalem, a exposé ses boîtes noires d’enregistrement de données qui se connectent à des capteurs dans les réseaux d’eau pour surveiller les eaux usées à la recherche de déchets illégaux ou de particules étrangères comme la peinture et l’huile, qui ne peuvent être recyclées. L’objectif est de rendre les systèmes de recyclage de l’eau plus sûrs et plus efficaces. « Pour recycler les eaux usées, il faut comprendre leur qualité « , explique Isaac Sachs, représentant commercial de l’entreprise.

« En tant que nation, comment surveillez-vous votre eau ? », a-t-il interrogé. « Tout le monde surveille son rythme cardiaque ou sa tension artérielle. Notre système s’installe dans n’importe quel tuyau, comme une artère. Notre produit est comme un Fitbit pour les réseaux d’eau. » Fitbit est une application et un dispositif semblable à une montre qui est utilisée pour suivre l’activité physique et le sommeil.

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