Aucun haut responsable israélien ni polonais ne sera à la Marche des Vivants
Rechercher

Aucun haut responsable israélien ni polonais ne sera à la Marche des Vivants

En 2018, une large délégation israélienne avait participé à l’événement commémoratif, sur fond de tensions au sujet de la loi sur la complicité polonaise pendant la Shoah

Le président polonais Andrzej Duda (à droite) et le président israélien Reuven Rivlin (à gauche) arrivent à Oswiecim le 12 avril 2018 lors de la Marche des vivants, une marche annuelle de commémoration de l'Holocauste entre les anciens camps de la mort d'Auschwitz et de Birkenau (Janek Skarzynski / AFP)
Le président polonais Andrzej Duda (à droite) et le président israélien Reuven Rivlin (à gauche) arrivent à Oswiecim le 12 avril 2018 lors de la Marche des vivants, une marche annuelle de commémoration de l'Holocauste entre les anciens camps de la mort d'Auschwitz et de Birkenau (Janek Skarzynski / AFP)

CRACOVIE, Pologne — Plus de 10 000 Juifs et non-Juifs, aux côtés de dizaines de survivants de la Shoah et de dignitaires venus du monde entier, participeront jeudi à la 31e Marche des Vivants, une marche de trois kilomètres qui relie Auschwitz à Birkenau, pour rendre hommage aux victimes du génocide nazi et appeler à mettre un terme à l’antisémitisme.

Mais, contrairement à l’année précédente, les représentants de l’Etat hébreu et du pays organisateur, la Pologne, brilleront par leur absence.

En 2018, le président polonais Andrzej Duda a participé à l’évènement commémoratif. La délégation israélienne était composée du président Reuven Rivlin, le chef d’état-major de l’époque Gadi Eizenkot, le chef du Mossad Yossi Cohen, le chef du Shin Bet Nadav Argaman, et le chef de la police de l’époque Roni Alsheich.

Cette année, les organisateurs ont confirmé mardi au Times of Israël que les plus hauts représentants de l’Etat hébreu seront l’ambassadeur aux Nations unies Danny Danon et le président de l’Agence juive Isaac Herzog,

Aucun responsable polonais n’est attendu.

La liste des participants à la Marche de cette année comprend, entre autres, la Première ministre Viorica Dancila, les ambassadeurs américains en Israël, en Pologne, en Allemagne et ailleurs, Patriarche de Constantinople de l’Église orthodoxe de Grèce Bartholomée Ier et le président du Parlement Nikos Voutsis.

Des jeunes participent à la Marche des vivants au camp de la mort d’Auschwitz en Pologne le 24 avril 2017. (Yossi Zeliger/La Marche des Vivants)

La Marche des Vivants de 2018 avait été assombrie par les tensions entre les deux pays au sujet d’une loi polonaise qui sanctionnait d’une amende ou d’une peine allant jusqu’à trois ans de prison quiconque imputait à la nation ou à l’Etat polonais « la responsabilité ou la co-responsabilité des crimes commis par le Troisième Reich allemand ».

Cette loi avait été vivement critiquée en Israël et ailleurs, et Varsovie a fini par l’amender, en la dépénalisant. Israël et la Pologne ont diffusé un communiqué conjoint, que de nombreux historiens israéliens ont perçu comme une façon de s’aligner à la version polonaise de la Shoah.

Le jour de la Marche des Vivants l’an dernier, le président Rivlin avait déclaré à son homologue polonais Duda que si des Polonais avaient aidé à sauver des Juifs pendant la Shoah, ils avaient également pris part à leur extermination.

« La Pologne a permis la mise en œuvre de l’horrible idéologie génocidaire de Hitler et a été témoin de la vague d’antisémitisme suscitée par la loi que vous avez adoptée », avait déclaré le président durant une conférence de presse conjointe avec le président polonais à Cracovie.

Cette crise avait été renouvelée en février, après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait déclaré, durant une visite dans le pays, que certains Polonais avaient collaboré avec les Allemands pendant la Shoah.

Cette photo prise le 19 avril 2019 montre des enfants en train de frapper avec des bâtons dune marionnette de Judas pour le Vendredi Saint, dans la ville de Pruchnik, en Pologne. (Hubert Lewkowicz / AFP)

Il avait déclaré que l’on pouvait parler de la complicité des individus en dépit de la loi. Mais ses propos, qui ont été mal relayés dans certains médias, notamment dans les médias polonais, avait déclenché une petite crise diplomatique. Elle a connu une escalade quand le ministre des Affaires étrangères Yisrael Katz avait déclaré que les Polonais « boivent l’antisémitisme dans le lait de leur mère ».

Les autorités polonaises et l’ambassadrice américaine en Pologne Georgette Mosbacher avaient demandé des excuses pour ces propos, ce qui ne s’est jamais produit.

La Pologne abritait la plus grande communauté d’Europe avant l’occupation par l’Allemagne nazie (1939-1945), et connaît une recrudescence de l’antisémitisme depuis quelques années.

Au début du mois, les résidents d’une petite ville de Pologne ont marqué le Vendredi Saint en fabriquant un mannequin à l’effigie de Judas, affublé de caractéristiques antisémites classiques et qui a été pendu, battu et brûlé.

Ce rituel a été très largement condamné par des groupes juifs.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...