Aucun lien entre l’immigration musulmane et l’antisémitisme – étude allemande
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Aucun lien entre l’immigration musulmane et l’antisémitisme – étude allemande

Un responsable du Comité Juif américain a déclaré que les auteurs du rapport "ignorent les données, écartent le problème et accusent les victimes"

Illustration : Des demandeurs d'asile musulmans attendent leur inscription après être arrivés dans un centre de réfugiés à Glessen, en Allemagne, le 2 décembre 2015 (Crédit : AFP/DPA/Boris Roessler)
Illustration : Des demandeurs d'asile musulmans attendent leur inscription après être arrivés dans un centre de réfugiés à Glessen, en Allemagne, le 2 décembre 2015 (Crédit : AFP/DPA/Boris Roessler)

JTA — Une étude publiée par une entité fédérale allemande a déclaré que l’antisémitisme en Europe n’est pas affecté par l’immigration musulmane récente. Une personnalité éminente a par la suite qualifié ce rapport de sélectif et biaisé.

L’affirmation est apparue dans une étude publiée ce mois par la fondation EVZ basée à Berlin présentant une recherche menée par l’Institut Pears pour les Etudes d’Antisémitisme de l’Université de Londres.

L’étude cherchait à mesurer comment l’arrivée de plus de 2 millions de personnes du Moyen-Orient et d’Afrique depuis 2011 a affecté les épisodes d’antisémitisme dans cinq pays d’Europe occidentale.

« Ni l’analyse des données existantes ni les entretiens réalisés pour cet article suggèrent un lien significatif » entre l’arrivée des migrants et « l’ampleur et la dimension de l’antisémitisme en Europe occidentale », ont écrit le chercheurs dans le rapport intitulé « Antisémitisme et Immigration en Europe occidentale aujourd’hui, y-a-t-il un lien ? »

Les affirmations indiquant que les nouveaux arrivants en Europe pourraient constituer une menace envers les Juifs semblent être basée « sur les perceptions des individus et des communautés juifs plutôt que la menace objective portée par les immigrants », expliquait le rapport.

Le rabbin Andrew Baker, représentant personnel du président de la lutte contre l’antisémitisme à l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) (Capture d’écran : YouTube )

Le rapport critique le rabbin Andrew Baker, le directeur des affaires internationales de l’American Jewish Committee et l’homme chargé de l’antisémitisme de l’organisation intergouvernementale OSCE. Baker fait partie des individus qui « ont exprimé l’idée que les récents réfugiés apportent des dangers pour les Juifs d’Europe », sans preuve, considère l’étude.

Les préoccupations sur la même question exprimées par Ron van der Wieken, le président du Comité central Juif des Pays-Bas, étaient également citées dans l’étude.

Baker a répondu aux auteurs du rapport dans une lettre ouverte qu’il a écrite la semaine dernière pour le journal Jewish Chronicle de Londres, déclarant qu’ils « ignorent les données, écartent le problème et accusent les victimes ».

Il a écrit que l’étude « ignore » comment dans une étude européenne à grande échelle portant sur les perceptions juives de l’antisémitisme, « les personnes interrogées déclaraient qu’environ 40 % des incidents les plus sérieux de violence et de menaces auxquels ils ont assisté ou dont ils ont fait l’objet venaient de ‘quelqu’un avec un point de vue musulman extrême’ ».

Au Pays-bas, le groupe de veille CIDI a estimé que les ‘étrangers’ sont responsables de 70 % des incidents antisémites. En décembre, un réfugié syrien a fracassé les fenêtres d’un restaurant cacher à Amsterdam tout en agitant un drapeau palestinien.

Une photo prise le 7 décembre 2017 montre la devanture endommagée du restaurant juif casher HaCarmel à Amsterdam (Crédit : GINOPRESS B.V./AFP/Getty Images)

Et en France, le Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme a déclaré cette année que des personnes avec des racines musulmanes étaient responsables de presque toutes les violences antisémites dans ce pays.

« Au lieu de faire face à ces résultats », a écrit Baker, « les chercheurs se s’efforcent de les minimiser ». Il a ajouté : « Mettre la tête dans le sable est rarement un bon conseil, même si cela s’accompagne d’un pavé de cinquante pages pleines d’annotations ».

Les chercheurs qui ont mené cette étude ont écrit qu’il y avait des preuves que les peuples de sociétés musulmanes aient peut-être plus de chances d’abriter des sentiments antisémites que les Européens, mais que cela ne se traduit pas nécessairement en actes.

Les minorités ont un « sentiment d’injustice qui est bien fondé », ont écrit les auteurs, ajoutant que cela « pose la question de savoir s’il y a un lien entre ces expériences de discrimination » vécues par les Musulmans et « la persistance de l’antisémitisme ».

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