Audience de pré-inculpation pour Elovitch et d’autres cadres de Bezeq
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Audience de pré-inculpation pour Elovitch et d’autres cadres de Bezeq

Les soupçons dans les enquêtes ayant mené à Netanyahu entourent des frais frauduleux de 110 millions de shekels depuis les coffres de Bezeq ainsi que des fuites d'informations

Shaul Elovitch lors de la prolongation de sa détention provisoire dans l'affaire 4000 au tribunal de Tel Aviv, le 22 février 2018. (Flash90)
Shaul Elovitch lors de la prolongation de sa détention provisoire dans l'affaire 4000 au tribunal de Tel Aviv, le 22 février 2018. (Flash90)

Le bureau du procureur d’Etat a convoqué dimanche l’ex-actionnaire majoritaire de la firme de télécommunications Bezeq, Shaul Elovitch, pour une audience de pré-inculpation au cours de laquelle il a dû répondre à des accusations de fraude, d’obstruction à la justice et de violation de la loi sur les titres israélienne.

Plusieurs autres anciens employés et cadres de Bezeq ont également été convoqués pour des délits similaires, dont notamment Stella Handler, l’ancienne directrice-générale; Or Elovitch, le fils d’Elovitch et ex-directeur de la compagnie; Linor Yochelman, ex-secrétaire; Ron Eilon, ancien directeur-général de Yes, la chaîne par satellite filiale de Bezeq; Mickey Naiman, l’ancien directeur financier de Yes; et Eli Kamir, ex-conseiller stratégique.

Selon la Division des impôts et de l’économie du bureau du procureur d’Etat, Handler et Kamir sont soupçonnés de fraude et d’abus de confiance pour leur comportement dans deux dossiers pour corruption qui ont entraîné l’enquête connue sous le nom de « l’Affaire 4000 ».

Dans cette affaire, le Premier ministre Benjamin Netanyahu est soupçonné d’avoir conclu un accord de compromis illicite avec Elovitch – qui est également propriétaire du site Walla – qui aurait duré environ quatre ans, jusqu’au début de l’année 2017.

Netanyahu aurait obtenu une couverture médiatique favorable sur le site d’information appartenant au magnat – qui est le deuxième site d’information israélien – assortie d’une couverture critique de ses adversaires, en particulier pendant les périodes électorales de 2013 et de 2015.

Selon les procureurs, Netanyahu serait intervenu en échange dans des décisions régulatoires et autres ayant bénéficié à Elovitch à hauteur de
1,8 milliard de shekels.

Une image composite du Premier ministre Benjamin Netanyahu (D) et de l’actionnaire majoritaire de Bezeq Shaul Elovitch. (Flash90 / Ohad Zwigenberg / POOL)

Pour sa part, Netanyahu doit se rendre à sa propre audience de pré-inculpation en date du 2 et 3 octobre, qui s’intéressera également aux deux dossiers de corruption l’impliquant et dans lesquels le Premier ministre risque des inculpations pour fraude et abus de confiance.

Le mois dernier, les procureurs d’Etat avaient organisé l’audience de deux principaux suspects dans ce dossier, Elovitch et son épouse Iris.

La première des deux enquêtes ayant entraîné l’Affaire 4000 concerne les frais frauduleux d’un montant de 110 millions de shekels – et peut être 170 millions de shekels – prélevés sur le budget de Bezeq en échange de la vente par Elovitch des parts qu’il détenait dans la chaîne satellite Yes à Bezeq au cours d’une transaction boursière effectuée en 2015.

Dans sa recommandation d’inculpation rédigée à l’encontre de Netanyahu dans l’Affaire 4000, le procureur-général Avichai Mandelblit avait écrit que le Premier ministre avait cherché à expédier cette transaction entre actionnaires en échange d’une couverture médiatique positive de ses actions sur le site Walla.

La Division des impôts et de l’économie estime pour sa part qu’il y a suffisamment de preuves qui attestent du fait que de hauts-responsables de Bezeq ont trafiqué les performances de l’entreprise pour montrer que leurs objectifs trimestriels avaient été remplis et accélérer la conclusion de l’accord. En échange, ils auraient obtenu des primes et des promotions de la part d’Elovitch.

La seconde enquête qui a précipité l’Affaire 4000 entoure des comités frauduleux présumés qu’Elovitch aurait établi au sein de Bezeq pour faire approuver les transactions entre actionnaires qu’il désirait.

Pour ce faire, des informations commerciales sensibles avaient fuité auprès des autres parties dans les tractations au sujet de la firme de télécommunications – souvent des entreprises privées placées sous son contrôle.

Parmi ces accords approuvés, la fusion de Bezeq avec Yes, qui avait finalement abouti et qui aurait rapporté à Elovitch des centaines de millions de dollars.

L’avocat d’Elovitch, Jack Hen, avait critiqué le moment choisi par le bureau du procureur de l’Etat pour son annonce, disant qu’il aurait pu attendre que la procédure contre Elovitch soit bouclée dans l’Affaire 4000.

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