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Australie : Malka Leifer reconnue coupable de viol et d’attentats à la pudeur

L'ancienne directrice d'école d'origine israélienne a été reconnue coupable de 18 chefs d'accusation et innocentée de 9 autres, 15 ans après avoir fui en Israël

Malka Leifer, à droite, est amenée dans une salle d'audience à Jérusalem, le 27 février 2018. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean, File)
Malka Leifer, à droite, est amenée dans une salle d'audience à Jérusalem, le 27 février 2018. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean, File)

Une ancienne directrice d’école a été reconnue lundi coupable par la justice australienne de viol sur mineur et d’agression sexuelle sur deux sœurs dans une école juive ultra-orthodoxe en Australie, 15 ans après avoir échappé à son arrestation en s’enfuyant en Israël.

Au terme d’un procès de sept semaines et de sept jours de délibérations, Malka Leifer a été reconnue coupable de 18 chefs d’accusation, dont viol et attentat à la pudeur, pour avoir agressé sexuellement les deux étudiantes, Dassi Erlich et Elly Sapper, au cours d’une série d’incidents survenus entre 2003 et 2007, alors qu’elle était enseignante en études religieuses et directrice de l’école Adass Israel de Melbourne (sud-est de l’Australie).

Elle a été blanchie de neuf autres chefs d’accusation, dont plusieurs concernant une troisième sœur, Nicole Meyer.

Leifer, 56 ans, qui a toujours clamé son innocence, s’est assise les mains croisées et a regardé droit devant elle pendant la lecture des verdicts. Le juge se prononcera sur sa peine à une date ultérieure.

Si les victimes d’agressions sexuelles ne sont normalement pas identifiées publiquement dans les médias, les trois sœurs ont renoncé à leur droit à l’anonymat pour mener une campagne publique de plusieurs années afin de traduire Leifer en justice.

Elrich et Sapper étaient présentes au tribunal pour le verdict.

Les violences de Mme Leifer « nous ont tenues en otage pendant de nombreuses années », a déclaré Dassi Erlich.

« Aujourd’hui, nous pouvons commencer à reprendre le pouvoir qu’elle nous a volé lorsque nous étions enfants », a-t-elle déclaré aux journalistes à l’extérieur du tribunal.

Sa sœur, Elly Sapper, a déclaré que justice a été rendue, « même si le verdict d’aujourd’hui ne reflète peut-être pas correctement » les violences subies.

Leifer, née en Israël et mère de huit enfants, avait plaidé non coupable devant le tribunal de comté de l’État de Victoria pour 27 délits sexuels qui auraient été commis à l’école ainsi qu’à son domicile de Melbourne et dans des camps scolaires dans les villes rurales de Blampied et Rawson, dans l’État de Victoria, entre 2003 et 2007.

Un croquis de salle d’audience représente l’ancienne directrice d’école de Melbourne, Malka Leifer, au tribunal de comté de Victoria à Melbourne, en Australie, le 8 février 2023. (Crédit : Mollie McPherson/AAP Image via AP)

Le procureur Justin Lewis avait demandé aux 12 jurés de considérer que Leifer avait manifesté un intérêt sexuel pour les jeunes filles lorsqu’elles étaient étudiantes à l’école et plus tard lorsqu’elles y sont devenues enseignantes stagiaires. Il a affirmé que Leifer s’était livrée à des activités sexuelles avec elles et avait profité de leur vulnérabilité et de leur ignorance en matière de sexualité, ainsi que de sa position d’autorité.

Les sœurs ont été élevées dans la communauté ultra-orthodoxe de Melbourne et n’ont reçu aucune éducation sexuelle, selon le tribunal. Elles étaient âgées d’environ 12, 14 et 16 ans lorsque Leifer est arrivée à l’école en provenance d’Israël en 2001.

Lewis a déclaré que les sœurs avaient fourni des preuves explicites qu’elles n’avaient pas compris la nature sexuelle de ce que Leifer leur avait fait.

Selon l’acte d’accusation, Leifer a violé une élève en 2006 après l’avoir invitée à dormir chez elle pour des « leçons de kallah », une sorte de cours d’étiquette avant le mariage.

Elle a à plusieurs occasions dit aux étudiantes qu’elle les préparait à devenir des épouses, selon l’exposé du procureur Justin Lewis.

« Cela t’aidera pour ta nuit de noces », aurait-t-elle encore dit à une élève après une agression sexuelle.

« C’est ce qui est bon pour toi », aurait-elle dit lors d’une autre agression.

Leifer a quitté brusquement l’école au milieu de l’année, à peu près au moment où les allégations à son encontre ont été révélées.

Elle avait fui l’Australie pour Israël après le dépôt d’une plainte en 2008 et s’était installée avec sa famille dans l’implantation d’Emmanuel en Cisjordanie.

Les sœurs ont témoigné pendant deux semaines à huis clos, à l’exclusion du public et des médias, conformément aux règles régissant les procès pour agression sexuelle dans l’État de Victoria.

Parmi les autres témoins figuraient les personnes à qui les sœurs avaient révélé leurs allégations.

La deuxième sœur du milieu a parlé pour la première fois à l’assistante sociale Chana Rabinowitz au début de l’année 2008 en Israël. Rabinowitz a déclaré avoir demandé à la sœur qui lui avait fait du mal et la jeune femme a répondu : « C’était Mme Leifer. »

Les sœurs australiennes Elly Sapper, Dassi Erlich et Nicole Meyer qui auraient été abusées sexuellement par l’ancienne directrice d’école Malka Leifer arrivent pour une audience au tribunal de district de Jérusalem, le 6 mars 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La psychologue Vicki Gordon a témoigné qu’elle avait entendu la plus jeune sœur déclarer avoir été abusée par Leifer. Gordon a déclaré au tribunal que la sœur avait expliqué que les abus étaient une tentative de surmonter un manque de chaleur et d’affection dans la vie familiale des filles.

L’avocat de Leifer, Ian Hill, a déclaré au jury que les sœurs vénéraient Leifer et que des écrits datant de leurs années d’école les montraient en train de la remercier pour son soutien. Hill a déclaré que la deuxième sœur était revenue plusieurs fois sur sa version des faits depuis que les allégations ont été faites en 2008.

« La vérité et la fiabilité se sont perdues dans les faux récits », a déclaré Hill, « peut-être même parfois durcies dans de fausses imaginations et de faux souvenirs de fausses réalités ».

L’avocat de la défense, Ian Hill, avait déclaré précédemment que Leifer niait « tous les actes criminels allégués par chacun des plaignants » et que ses interactions avec les élèves étaient « professionnelles et correctes ».

De plus, il a affirmé que les sœurs étaient suffisamment âgées pour consentir légalement à de tels actes dans le cadre de la majorité des accusations.

Leifer n’a pas témoigné.

Elle devait initialement répondre de 29 chefs d’accusation. Mais deux accusations d’attentat à la pudeur liées à des répétitions de pièces de théâtre scolaires ont été abandonnées au cours du procès parce que les incidents auraient eu lieu avant l’entrée en vigueur d’une loi pertinente en 2006.

Le procès de Leifer a eu lieu après des années de lutte pour son extradition d’Israël, au cours desquelles un tribunal a établi qu’elle avait simulé une maladie mentale afin d’éviter de faire face à la justice.

Les autorités australiennes ont demandé son extradition en 2014. Une première procédure a échoué en 2016 lorsque Mme Leifer a été déclarée par des experts inapte à un procès après avoir été hospitalisée en psychiatrie. Une enquête avait ensuite remis en question ces conclusions. Elle a été arrêtée en février 2018.

Elle est arrivée à Melbourne en janvier 2021 après le rejet fin 2020 par la Cour suprême israélienne de son recours, mettant fin à six ans de bataille juridique en Israël notamment pour déterminer si elle feignait une maladie mentale afin d’échapper à son extradition.

La procédure, qui a donné lieu à plus de 70 audiences, a mis à rude épreuve les relations entre Jérusalem et Canberra.

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