Autriche : le FPÖ indésirable aux cérémonies de Mauthausen
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Autriche : le FPÖ indésirable aux cérémonies de Mauthausen

Le parti d'extrême-droite a jugé que "des commémorations d'une telle importance devraient se tenir loin des calculs de politique politicienne" et s'est dit ouvert au dialogue

Des prisonniers libérés du camp de Mauthausen (Crédit : Domaine public)
Des prisonniers libérés du camp de Mauthausen (Crédit : Domaine public)

Les ministres du parti d’extrême droite autrichien FPÖ, fondé par d’anciens nazis, seront persona non grata aux cérémonies organisées dimanche à Mauthausen pour commémorer la libération du camp de concentration mis en place par le régime d’Hitler, ont indiqué lundi des organisateurs, suscitant la réprobation de ce parti.

Des cérémonies se déroulent chaque année sur le site de cet ancien camp nazi du nord de l’Autriche où cent mille prisonniers ont trouvé la mort.

La manifestation de dimanche intervient alors que l’Autriche est gouvernée depuis fin 2017 par une coalition formée de la droite conservatrice ÖVP et du parti FPÖ, une formation née après la Seconde guerre mondiale et qui compte d’anciens nazis parmi ses fondateurs.

Dans ce contexte, le Comité autrichien Mauthausen (MKÖ), l’un des organisateurs des cérémonies, a confirmé lundi qu’il ne souhaitait pas la présence de responsables FPÖ aux cérémonies. Les élus de ce parti ont été déclarés persona non grata aux commémorations de Mathausen il y a plusieurs années déjà.

Le vice-chancelier autrichien Heinz-Christian Strache lors d’une conférence de presse après la première réunion du nouveau gouvernement autrichien le 19 décembre 2017 à Vienne, en Autriche. (AFP Photo/Joe Klamar)

La présence au gouvernement de six ministre FPÖ, dont le vice-chancelier Heinz-Christian Strache et le ministre de l’Intérieur Herbert Kickl, ne change rien à ce principe, a déclaré Willi Mernyi, responsable du MKÖ, au quotidien Standard.

Leur présence serait « une humiliation supplémentaire pour les survivants », a-t-il déclaré dans son édition de lundi. Il a cité, entre autres griefs, les liens entre le FPÖ et la revue « Die Aula », publication autrichienne d’extrême droite qui a plusieurs fois donné voix aux thèses révisionnistes et négationnistes.

Le site commémoratif de Mauthausen et son musée sont notamment financés par le ministère de l’Intérieur.

Le FPÖ a regretté lundi être évincé des cérémonies, jugeant que « des commémorations d’une telle importance devraient se tenir loin des calculs de politique politicienne » et affirmant, dans un communiqué, que les ministres FPÖ étaient ouverts au dialogue avec le Comité Mauthausen.

Le camp de Mauthausen, où sont passés quelque 200 000 prisonniers, était destiné aux « ennemis politiques » du régime nazi et fut l’un des plus grands camps de travail nazis, avec de nombreuses annexes.

Le site avait été choisi pour sa proximité avec une carrière d’où le granit était extrait dans des conditions atroces. Le camp a été libéré le 5 mai 1945 par des troupes américaines.

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