Autriche : un cordon humain lumineux contre l’extrême droite
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Autriche : un cordon humain lumineux contre l’extrême droite

Un élu local désigné par le FPÖ pour siéger à la chambre haute du Parlement a été photographié il y a une dizaine d'années faisant la salut nazi

Les gens brandissent des bougies lors d'un rassemblement réuni sous le slogan "Nos ministères ne sont pas aux mains des extrémistes de droite" le 15 novembre 2017 devant la chancellerie de la capitale autrichienne, à Vienne, Autriche (Crédit : AFP PHOTO / JOE KLAMAR)
Les gens brandissent des bougies lors d'un rassemblement réuni sous le slogan "Nos ministères ne sont pas aux mains des extrémistes de droite" le 15 novembre 2017 devant la chancellerie de la capitale autrichienne, à Vienne, Autriche (Crédit : AFP PHOTO / JOE KLAMAR)

Plusieurs milliers de personnes ont formé mercredi soir un cordon lumineux autour du quartier des ministères de Vienne pour mettre en garde contre une éventuelle arrivée d’ « extrémistes de droite » à des postes gouvernementaux, un mois après des législatives.

Vainqueur de ce scrutin, le jeune leader conservateur Sebastian Kurz a engagé des négociations exclusives avec le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ), classé à l’extrême droite, en vue de la formation d’un gouvernement.

« Les ministères doivent être strictement réservés à des personnes qui n’ont pas le moindre lien avec l’extrême droite et le néo-nazisme », ont souligné les organisateurs de ce rassemblement, un collectif regroupant notamment des ONG catholique et juive.

Tenant des bougies, les manifestants ont formé une chaîne humaine autour du quartier du Ballhausplatz, au coeur de Vienne, qui englobe la chancellerie et les ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères, dont le FPÖ revendique la direction.

Malgré les efforts de son dirigeant Heinz-Christian Strache pour en polir l’image, ce parti créé après la guerre par d’anciens nazis reste régulièrement confronté aux dérapages racistes et antisémites de certains de ses cadres.

La presse autrichienne a ainsi révélé mercredi qu’un élu local désigné par le FPÖ pour siéger à la chambre haute du Parlement, Andreas Bors, 28 ans, avait été photographié il y a une dizaine d’années faisant le salut nazi.

Pressenti pour le poste de vice-chancelier, M. Strache, 48 ans, a lui-même été accusé d’avoir fréquenté des cercles néo-nazis par le passé, erreur de jeunesse « stupide », selon lui.

Le président de la République, Alexander Van der Bellen, élu il y a un an contre un candidat FPÖ, a souligné qu’il se réserverait un droit de veto concernant les nominations gouvernementales.

Selon le quotidien Die Presse mercredi, le chef de l’Etat a pour la première fois nommément cité deux personnalités FPÖ : l’élu viennois Johann Gudenus et l’eurodéputé Harald Vilimsky, deux membres de l’aile droite du parti.

M. Kurz a indiqué souhaiter parvenir à former un gouvernement d’ici à Noël. Il a assuré qu’une « tolérance zéro » envers l’antisémitisme était une « condition préalable » pour y prendre part, de même qu’ « une orientation pro-européenne claire ».

En 2000, l’entrée du FPÖ au gouvernement du chancelier conservateur Wolfgang Schüssel avait provoqué un séisme au sein de l’UE et l’adoption de sanctions à l’égard de Vienne.

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