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Aux funérailles de Graham, Netanyahu s’entretient avec Zelensky, une première en trois ans

Le cabinet du Premier ministre aurait décliné une demande de rencontre avec le président ukrainien ; Saar a souligné que l’Iran constituait une menace pour Israël comme pour l’Ukraine

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche), le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha et le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à droite) assistent aux funérailles du sénateur américain Lindsey Graham à la cathédrale nationale de Washington à Washington, le 28 juillet 2026. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche), le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha et le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à droite) assistent aux funérailles du sénateur américain Lindsey Graham à la cathédrale nationale de Washington à Washington, le 28 juillet 2026. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est entretenu avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et lui a serré la main avant les funérailles du sénateur Lindsey Graham, mardi. Un peu plus tôt, les deux dirigeants avaient été reçus séparément à la Maison Blanche par le président américain Donald Trump.

L’échange semblait à la fois sérieux et cordial, les deux dirigeants affichant des sourires au moment de leur poignée de main.

Leur dernier entretien remontait à janvier 2025, tandis que leur précédente rencontre en personne avait eu lieu en septembre 2023. Les deux hommes avaient envisagé de tenir une réunion officielle à Washington mardi, mais celle-ci n’a finalement pas eu lieu.

Selon Haaretz, le cabinet de Netanyahu aurait décliné une demande de rencontre. Une source ukrainienne a cependant assuré au quotidien hébreu que le cabinet du Premier ministre était lui-même à l’origine de cette proposition, mais qu’il n’avait plus donné suite après l’accord de Zelensky. Aucun des deux camps n’a réagi dans l’immédiat à ces informations.

Mardi également, le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar s’est entretenu avec son homologue ukrainien, Andrii Sybiha, qu’il a invité à se rendre en Israël.

« Nous avons discuté des défis auxquels nos deux pays sont confrontés, notamment de la menace que représente l’Iran », a déclaré Saar.

« Israël et l’Ukraine sont des pays amis, et je me réjouis à l’idée d’approfondir encore notre coopération, notamment grâce à la création de nouveaux centres de formation dans les hôpitaux ukrainiens », a-t-il écrit sur X.

Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar aux côtés de son homologue ukrainien Andrii Sybiha, à Kiev, en Ukraine, le 23 juillet 2025. (Crédit : Shlomi Amsalem/GPO)

Sybiha a indiqué avoir accepté l’invitation de Saar. Il a ajouté avoir informé son homologue israélien « de l’intensification des actes de terrorisme commis par la Russie contre des navires civils et contre la liberté de navigation en mer Noire, ainsi que de leurs répercussions sur la sécurité alimentaire mondiale, y compris pour Israël en tant qu’importateur ».

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a ajouté avoir également informé Saar des préparatifs de l’Ukraine en vue des commémorations du 85ᵉ anniversaire du massacre de Babyn Yar, au cours duquel les nazis et leurs collaborateurs assassinèrent plus de 33 000 Juifs en l’espace de deux jours, en septembre 1941.

Les relations entre Jérusalem et Kiev sont tendues depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, en 2022. Plus tôt cette année, Zelensky a déclaré plus tôt cette année que Netanyahu s’était efforcé de maintenir une position de neutralité dans ce conflit, alors même que la Russie fournissait à la République islamique des renseignements cruciaux dans le cadre de la guerre qui l’oppose aux États-Unis et à Israël.

L’Ukraine a cherché à obtenir le système israélien de défense antimissile Dôme de fer, une demande que Netanyahu a rejetée afin de ne pas compromettre les relations d’Israël avec la Russie. Il a également écarté des propositions ukrainiennes visant à aider Israël à faire face à la menace des attaques de drones lancées depuis le Liban par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran.

C’est la position que les responsables israéliens ont invoquée à maintes reprises avant la chute du régime de Bashar el-Assad en 2024, lorsque la Russie contrôlait encore l’espace aérien syrien. Depuis, plusieurs responsables israéliens se sont montrés plus enclins à prendre leurs distances avec Moscou, mais Netanyahu s’y est jusqu’à présent refusé.

L’Ukraine souligne les liens entre l’Iran et la Russie

Avant cette rencontre, Zelensky a également averti que la Russie continuait d’apporter son soutien à la République islamique d’Iran en lui fournissant des images satellites de bases américaines situées dans la région du Golfe, qui se retrouvaient ensuite entre les mains de Téhéran. Le président ukrainien a affirmé qu’il existait une « corrélation claire » entre ces images fournies par la Russie et les frappes iraniennes qui ont suivi.

Téhéran est un allié clé de la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine. Il a notamment aidé Moscou à développer ses capacités dans le domaine des drones.

Trump a toutefois minimisé, lundi, l’impact potentiel de cette aide russe au régime iranien, tout en indiquant qu’il aborderait la question avec le président russe Vladimir Poutine.

« Je ne pense pas qu’ils l’aient fait, en tout cas pas à un niveau élevé », a déclaré Trump à des journalistes à bord d’Air Force One, alors qu’il se rendait dans le Michigan. « Et s’ils l’ont fait, cela n’a eu que très peu d’impact. »

Concernant l’attaque en mer Caspienne, les ministres des Affaires étrangères iranien et ukrainien se sont entretenus à ce sujet, selon des publications diffusées mardi sur les réseaux sociaux. Sybiha a qualifié cet échange de « franc » et a déclaré que l’Ukraine se concentrait « uniquement sur la défense de notre pays contre l’agression russe et n’a jamais eu l’intention de prendre pour cible des navires civils ou des civils ».

Un drone Shahed 136 (Geranium-2), de conception iranienne et utilisé par l’armée russe, survolant Kiev lors d’une attaque par drones et missiles menée par la Russie dans le cadre de l’invasion de l’Ukraine, le 27 décembre 2025. (Crédit : Sergei Supinsky/AFP)

L’Ukraine affirme que le navire transportait des armes destinées à la Russie.

« Notre objectif est de contrer l’agression russe, qui est à l’origine de tous ces incidents, et c’est la Russie qui porte l’entière responsabilité de toutes les provocations et de toutes les victimes », a déclaré Sybiha, ajoutant qu’il avait demandé à Araghchi « de s’abstenir de toute mesure susceptible d’aggraver la situation et de mettre fin à tout soutien à la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine ».

« Notre position reste inchangée : l’Europe et le Moyen-Orient méritent la stabilité, la sécurité et la paix », a ajouté Sybiha, soulignant implicitement que le régime iranien représente un danger non seulement pour sa propre région, mais aussi bien au-delà.

Téhéran a indiqué qu’au moins un marin avait été tué lors de l’attaque. De son côté, Araghchi a déclaré que l’Iran ne cherchait pas non plus à aggraver la situation, mais qu’il avait « clairement fait savoir que toute attaque contre nos citoyens ou nos intérêts était inacceptable » et « qu’il fallait réparer les pertes subies ».

Les soutiens de l’Ukraine font pression pour faire avancer le projet de loi sur les sanctions

Zelensky avait un programme chargé lors de sa visite à Washington. Outre son entretien à la Maison Blanche, il s’est rendu mardi soir au Capitole, après les funérailles de Graham à la cathédrale nationale de Washington, où il a rencontré plus de 60 sénateurs lors d’une réunion à huis clos avant d’assister, depuis la tribune du Sénat, au vote de procédure sur le projet de loi de sanctions contre la Russie et le régime iranien.

Les dirigeants républicains espéraient faire avancer cette semaine le projet de loi sur les sanctions porté par Graham. Mardi, le Sénat a franchi une première étape en adoptant, par 86 voix contre 12, une motion de procédure ouvrant la voie à l’examen du texte, qui devra encore franchir plusieurs étapes avant son adoption définitive.

Le texte est soutenu par des dizaines de sénateurs des deux principaux partis et est considéré comme le principal hommage politique rendu à Graham, décédé de manière inattendue ce mois-ci des suites d’une rupture de l’aorte. Il prévoit l’imposition de droits de douane sur les importations en provenance des cinq principaux acheteurs mondiaux de pétrole et de gaz naturel russe, notamment la Chine et l’Inde.

Le projet de loi prévoit également des sanctions contre le président russe Vladimir Poutine, de hauts responsables politiques et militaires russes, ainsi que des institutions financières et des projets énergétiques russes.

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