Avant le vote à l’ONU, Israël dénonce un « mépris » pour sa sécurité
L’Assemblée générale doit se prononcer sur le renvoi à la Cour internationale de Justice. Pour certains, c'est une tentative pour rendre la présence de Tsahal en Cisjordanie illégale
Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

À quelques jours du vote de l’Assemblée générale des Nations Unies sur l’opportunité de demander à la Cour internationale de Justice de se prononcer sur le conflit israélo-palestinien, un responsable israélien a déclaré, jeudi, que les Palestiniens « souhaitaient rendre illégale la présence des forces de l’ordre israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est ».
Les soutiens à cette résolution témoignent « du mépris et du refus de prendre en compte les questions sécuritaires israéliennes », a ajouté le responsable lors d’un briefing avec des journalistes israéliens.
La résolution, intitulée « Pratiques israéliennes et activités de colonisation affectant les droits du peuple palestinien et des autres Arabes des territoires occupés », demande à la CIJ, dont le siège se trouve à La Haye, de « rendre un avis consultatif urgent » sur « l’occupation, la colonisation et l’annexion prolongées du territoire palestinien » par Israël.
Le vote de l’Assemblée générale des Nations Unies n’est pas encore programmé, mais il aura lieu avant la fin de l’année.
La résolution a été adoptée par la Quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies en novembre dernier, par 98 votes pour, 17 contre et 52 abstentions.
Israël « voit l’opportunité d’augmenter le nombre des pays opposés », a déclaré le responsable, « mais de nombreux facteurs entrent en ligne de compte ».
« Nous savons qu’il y a automatiquement une majorité. »
Israël fait en sorte de rallier à sa cause les pays démocratiques « partageant les mêmes idées », afin de s’opposer à la mesure ou, du moins, s’abstenir. Sur les 27 États de l’UE siégeant dans la Quatrième Commission, 21 n’ont pas soutenu cette mesure.
« Je pense que beaucoup n’y ont pas vu une démarche constructive », poursuit le responsable.
« Même s’ils ne sont pas d’accord avec notre politique, ils s’opposent à cette mesure spécifique. »
Israël a contacté une centaine de pays : une soixantaine d’entre eux ont été destinataires de lettres signées du Premier ministre, Yair Lapid. Le président Isaac Herzog a également contacté par téléphone certains chefs d’État pour discuter de cette question.
Dans sa lettre, Lapid qualifie la campagne palestinienne « de mesure destinée à isoler Israël, discréditer nos préoccupations légitimes en matière de sécurité et délégitimer notre existence-même ».
Le courrier a été adressé à des partenaires européens, dont le Royaume-Uni, la France, la Croatie, la Roumanie, la Bulgarie, les Pays-Bas, la Slovaquie, la Géorgie et la Lettonie et au-delà, au Brésil, en Uruguay, au Pérou et au Vietnam.
« Les Palestiniens tentent de supplanter les négociations par des mesures unilatérales. Ils utilisent à nouveau les Nations Unies pour attaquer Israël », a accusé Lapid suite à l’adoption de cette résolution.
Dans son courrier, il utilise le même argument, estimant que le fait de porter le conflit devant la CIJ contredisait le principe-même des négociations.
Cela « fait le jeu des extrémistes, polarise encore davantage les partis et sape le travail accompli au cours des dernières années », écrit-il.
L’administration Biden a également été extrêmement utile en faisant publiquement campagne contre la mesure, a ajouté le responsable.
Suite au vote de novembre dernier, le représentant des États-Unis à la commission, Richard Mills, a exprimé de « sérieuses préoccupations » au sujet de la résolution, affirmant qu’elle « ne ferait qu’attiser la défiance » envers le conflit.
« Ce n’est certainement pas une manière rapide pour parvenir à la solution à deux États », a-t-il ajouté.
Si la mesure était votée, la CIJ proposerait un calendrier dans les semaines à venir pour que les pays concernés et les ONG puissent faire valoir leurs positions de droit.
La Cour, composée de 15 juges, serait susceptible de rendre un avis consultatif d’ici un à deux ans.
« Les Palestiniens font du bruit sur la scène internationale au lieu de s’attaquer aux vrais défis du terrain », a ajouté le responsable, soulignant les attentats perpétrés par les groupes terroristes Hamas et Jihad islamique.
Le dernier avis consultatif de la CIJ sur le conflit remonte à 2004.







