Avec la guerre qui s’annonce, Israël s’attend à plus de violences à Gaza
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Avec la guerre qui s’annonce, Israël s’attend à plus de violences à Gaza

Les manifestants palestiniens devraient converger vers la frontière à l'occasion d'une journée essentielle qui déterminera si les parties peuvent encore reculer face à un conflit

Des gaz lacrymogènes lancés par les troupes israéliennes retombent sur des Palestiniens durant une manifestation à la frontière entre Israël et Gaza, le 13 juillet 2018 (Crédit : Wissam Nassar/Flash90)
Des gaz lacrymogènes lancés par les troupes israéliennes retombent sur des Palestiniens durant une manifestation à la frontière entre Israël et Gaza, le 13 juillet 2018 (Crédit : Wissam Nassar/Flash90)

Les autorités israéliennes espèrent éviter une répétition des violences transfrontalières lourdes survenues vendredi et samedi, une semaine après que les manifestations gazaouies ont entraîné l’un des affrontements les plus importants survenu depuis des années.

Les Palestiniens devraient se réunir à la clôture frontalière pour manifester contre le blocus israélien de la bande dans la journée de vendredi, un rassemblement considéré comme un test déterminant qui indiquera si les deux parties peuvent encore faire marche arrière face à une guerre qui paraît inévitable.

Il y a d’ores et déjà des signes qui montrent que l’accalmie espérée pourrait ne pas se maintenir sur le terrain.

Jeudi, l’Etat juif a pour la première fois tué un membre du Hamas qui participait au lancement de ballons incendiaires de l’autre côté de la frontière. Cette frappe aérienne a marqué une escalade grave dans les initiatives prises par Israël pour mettre un terme au lancement de ces dispositifs incendiaires, qui ont ravagé les communautés à proximité de la frontière et qui ont renforcé les pressions politiques exercées sur l’armée en faveur d’un passage à l’action contre les responsables de ces envois.

Des proches autour de la dépouille d’Abdel Karim Radwan, un membre de l’aile militaire du Hamas tué lors d’une frappe israélienne menée contre un groupe qui lançait des ballons incendiaires, le 19 juillet 2018 (Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)

Jusqu’à jeudi, l’armée israélienne n’avait procédé qu’à des coups de semonce à proximité de ceux qui préparaient les cerfs-volants et les ballons transportant des combustibles – ou parfois, selon Israël, un explosif – et avait fermement résisté aux appels des politiciens d’utiliser la force létale contre les Gazaouis qui les lançaient.

Les Gazaouis ont riposté en envoyant deux obus de mortier sur l’etat juif, et l’aile militaire du Hamas a juré d’agir en représailles.

Au début de la semaine, des informations parues dans les médias palestiniens ont indiqué que le Hamas a accepté de mettre un terme, petit à petit, aux lancements de cerfs-volants et de ballons après des pressions égyptiennes.

Les autorités israéliennes ont maintenu qu’elles étaient prêtes à envahir Gaza et à entrer en guerre. Mardi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que l’Etat juif était déjà « en campagne militaire » alors que les soldats se sont exercés à une incursion à Gaza City. L’armée a fait savoir que l’exercice était prévu à l’avance et qu’il n’était aucunement lié aux événements actuels.

Samedi dernier, les terroristes gazaouis avaient lancé environ 200 projectiles vers Israël et l’Etat juif avait mené de larges frappes contre des cibles au sein de l’enclave côtière lors d’un week-end marqué par l’un des affrontements les plus lourds depuis la guerre de Gaza, en 2014.

Quatre Israéliens avaient été blessés par des tirs de roquette et deux Palestiniens avaient été tués dans une frappe aérienne.

Ces violences ont éclaté après qu’un soldat a été blessé, vendredi dernier, par une grenade au cours des manifestations frontalières organisées contre le blocus et l’Etat juif a mené une frappe aérienne en réponse. Israël maintient que le blocus, imposé par la coopération avec l’Egypte, est nécessaire pour empêcher le Hamas et d’autres groupes terroristes d’obtenir des armes ou d’élaborer des infrastructures militaires.

« Le Hamas doit changer »

Les tensions à la frontière ont menacé de compromettre la diffusion d’un plan de paix américain attendu depuis longtemps et qui comprendrait des mécanismes qui permettraient de gérer séparément Gaza et la Cisjordanie.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (2e à partir de la droite) rencontre à Jérusalem l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Ron Dermer (à droite), le conseiller de la Maison-Blanche Jared Kushner (au centre), l’ambassadeur des États-Unis en Israël David Friedman (2e à gauche) et l’envoyé spécial Jason Greenblatt, le 22 juin 2018 (Kobi Gideon/GPO).

Dans un article d’opinion qui a été publié jeudi soir dans le Washington Post, les négociateurs américains Jared Kushner et Jason Greenblatt, aux côtés de l’ambassadeur américain David Friedman, ont indiqué que les Etats-Unis et les autres pays étaient prêts à offrir une aide humanitaire à l’enclave assiégée mais qu’ils étaient freinés par l’engagement du Hamas à combattre l’Etat juif.

« Les donateurs internationaux sont partagés : doivent-ils tenter d’aider directement la population, au risque certain d’enrichir les terroristes, ou retenir les financements destinés au Hamas et voir souffrir le peuple que ce dernier est censé gouverner ? », ont écrit dans l’article Kushner, Greenblatt et Friedman.

Dans ce qui peut être considéré comme un changement, les trois hommes ont déclaré souhaiter travailler avec un Hamas réformé, semblant ainsi reconnaître que le groupe terroriste palestinien ne permettrait pas à l’Autorité palestinienne de reprendre le pouvoir dans l’enclave.

« Il y a des personnes engagées, intéressées, dotées de ressources et qui sont prêtes à se mettre au travail. Et pourtant, sans aucun changement réel accompagné par une sécurité fiable, tout progrès est impossible », ont-ils commenté. « Si le Hamas montre des intentions claires, pacifiques – pas seulement par la parole mais, de manière plus importante, par ses actions – alors toutes sortes d’opportunités nouvelles deviennent possibles ».

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