Avec le confinement en famille, la violence domestique bat des records
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Avec le confinement en famille, la violence domestique bat des records

Dans un contexte de pandémie et de chômage massif, les refuges pour les femmes sont presque pleins ; les lignes d'écoute signalent une augmentation des cas de maltraitance

Une femme juive orthodoxe regarde par la fenêtre de sa chambre dans un refuge pour femmes victimes de violence à Beit Shemesh, le 15 juillet 2014 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)
Une femme juive orthodoxe regarde par la fenêtre de sa chambre dans un refuge pour femmes victimes de violence à Beit Shemesh, le 15 juillet 2014 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Les refuges pour les victimes de violence conjugale en Israël sont presque à capacité totale en raison de l’épidémie de Covid-19, ce qui a incité le ministère des Affaires sociales à s’engager à ouvrir de nouveaux centres d’accueil, selon un rapport publié lundi.

« Nous examinons les structures existantes qui peuvent servir de refuges, et nous cartographions et surveillons les besoins chaque jour. Chaque femme qui a besoin d’aide en recevra », a assuré le ministère au quotidien Haaretz.

Les refuges sont remplis à 90 % de leur capacité, selon les chiffres du ministère des Affaires sociales, tandis que ceux qui y travaillent estiment ce chiffre à 95 %. Des sources ont indiqué au journal que la raison de décalage était à la fois due à une augmentation des plaintes pour violence et au fait que les femmes qui avaient prévu de quitter les refuges sont restées à cause du virus.

Les lignes d’assistance téléphonique pour les victimes ont observé une augmentation du nombre de plaintes pour abus depuis que des restrictions de mouvement ont été introduites dans le pays, selon le rapport. Les autorités de protection sociale s’attendaient à ce que le nombre de cas de violence domestique monte en flèche en raison de la pandémie et des insécurités financières.

« Nous ne sommes pas préparés pour le tsunami qui va arriver. C’est une situation extrême que nous n’avons jamais vue auparavant », a déclaré Rivka Neumann, directrice de la Division de la WIZO pour la promotion des femmes, au journal. « Nous voyons des familles qui dénoncent la violence pour la première fois, et une détérioration au sein des familles qui étaient déjà dans le cycle de la violence ».

Le ministère des Affaires sociales s’efforce de faire en sorte que les femmes qui cherchent à quitter leur foyer aient un endroit où aller. Selon le rapport, 50 femmes fuient vers des centres d’accueil pour victimes de violences domestiques chaque mois.

Les Israéliens sont confinés chez eux à cause de la pandémie et ne sont autorisés à sortir que pour l’achat de nourriture et de biens de première nécessité, et toutes les écoles ont été fermées. Plus de 1 200 personnes ont été infectées par le virus depuis le début de l’épidémie, qui a fait un mort.

Le taux de chômage en Israël est monté en flèche et atteint désormais 16,5 %, avec plus de 500 000 personnes qui ont perdu leur emploi depuis le début du mois de mars, a indiqué dimanche le Bureau du Travail. Le taux de chômage était de 3,6 % au quatrième trimestre de l’année dernière, selon la Banque d’Israël.

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