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Avi Maoz, de la faction d’extrême-droite Noam, quitte le gouvernement

Le chef du parti anti-LGBTQ explique que l'accord de coalition n'a pas été respecté et que la création du Bureau de l'identité juive qu'il devait diriger n'a jamais été d'actualité

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le chef du parti Noam durant sa réunion de faction à la Knesset de Jérusalem, le 30 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le chef du parti Noam durant sa réunion de faction à la Knesset de Jérusalem, le 30 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le seul député du parti d’extrême-droite Noam a quitté le gouvernement lundi soir, disant qu’il ne croyait plus à la création du bureau « de l’identité juive » dont il devait prendre la tête conformément aux accords de coalition qui avaient été conclus avec le parti du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Avi Maoz a envoyé un courrier à Netanyahu, lui disant qu’il démissionnait de son poste de vice-ministre au Bureau du Premier ministre parce qu’il était frustré par son incapacité de procéder à des changements significatifs dans son rôle. Il écrit avoir été « choqué de se rendre compte qu’il n’y a jamais eu d’intention sérieuse d’honorer l’accord de coalition ».

Homophobe assumé qui a tenu des propos misogynes sur le rôle des femmes dans la société et critiqué les courants non-orthodoxes du judaïsme, Maoz devait prendre le contrôle d’un département du ministère de l’Éducation supervisant les programmes d’enseignement extérieurs dans les écoles. Une nomination qui avait entraîné l’indignation des forces pro-libérales.

Un porte-parole du ministère de l’Éducation a confirmé lundi que cette unité resterait placée sous son autorité.

Malgré son retrait du gouvernement, Maoz a indiqué qu’il resterait dans la coalition de Netanyahu, forte de 64 députés. Le gouvernement ne se serait toutefois pas effondré s’il avait pris la décision de la quitter.

Cette démission souligne les tensions internes qui agitent la coalition de Netanyahu qui avait été formée par le Premier ministre il y a deux mois et qui est constituée de partis de droite, d’extrême-droite et ultra-orthodoxes.

Le député Avi Maoz, à gauche, et le chef du Likud, Benjamin Netanyahu, après avoir signé un accord de coalition, le 27 novembre 2022. (Crédit : Likud)

Ainsi, lundi matin, le parti d’extrême-droite Otzma Yehudit a ouvertement « boycotté » une discussion symbolique à la Knesset, échangeant par la suite des piques avec le Likud. Yahadout HaTorah s’est aussi retiré de la discussion, invoquant des accords qui n’ont pas été honorés. De plus, Netanyahu s’est heurté au parti Hatzionout HaDatit concernant la question des avants-postes illégaux. Pour couronner le tout, Netanyahu, au mois de janvier, avait été dans l’obligation de renvoyer le leader du Shas, Aryeh Deri, du cabinet en raison de ses condamnations criminelles passées et il doit encore trouver le moyen qui l’autorisera à réintégrer son allié à la table du gouvernement.

Dans une lettre écrite à Netanyahu, Maoz a écrit qu’il avait travaillé – en vain – à revenir sur un certain nombre de points politiques avancés par le dernier gouvernement pendant son court passage au bureau du Premier ministre.

Parmi ces points, Maoz dit avoir tenté de réintroduire les libellés « père » et « mère » sur les formulaires officiels du ministère au lieu des formules plus progressistes de « Parent 1 » et de « Parent 2 », qui avaient été adoptées par le gouvernement d’unité Bennett-Lapid.

De plus, Maoz a essayé aussi de changer la politique de l’État sur l’espace de prière égalitaire au mur Occidental. En février, le gouvernement avait dit à la Haute-cour de Justice qu’il prévoyait encore d’améliorer la zone de prière mixte.

Un petit garçon lit la Torah pour sa barmitzvah à la section égalitaire du mur Occidental de Jérusalem, le 17 novembre 2022. (Crédit : Section égalitaire/Facebook)

Maoz s’est insurgé contre ce projet, écrivant dans sa lettre de démission qu’il a tenté de faire en sorte que le gouvernement « préserve le caractère sacré du mur Occidental et mette un terme aux actions entreprises pour le diviser ».

La prière égalitaire, ainsi que les formules progressistes utilisées pour désigner les parents d’un enfant, entrent dans le cadre de ce que Maoz a qualifié « de procédures inquiétantes dans la mesure où elles changent nos fondements les plus profonds, les plus importants, comme le sont le peuple d’Israël et la famille juive ».

Depuis qu’il a fait son apparition sur la scène politique en 2019, le parti Noam s’est concentré sur la préservation de la structure familiale hétéronormative.

Un certain nombre de députés de Yesh Atid ont salué la démission de Maoz, notamment l’ancienne ministre à l’Égalité sociale Meirav Cohen.

« Un homophobe de moins au gouvernement », a écrit Cohen sur Twitter peu après l’annonce.

Moshe Tur-Paz, un député religieux de Yesh Atid, a écrit en plaisantant sur le même réseau social : « Mais qui va donc renforcer l’identité juive [en l’absence de Moaz] » ?

En plus du poste de dirigeant des programmes d’enseignement extérieurs dans les écoles, il avait été promis à Maoz qu’il prendrait le contrôle de Nativ, une organisation responsable de l’immigration juive en provenance de l’Union soviétique. Cette décision était également controversée dans la mesure où Maoz était favorable à la restriction des critères d’éligibilité à l’immigration au sein de l’État juif.

Selon la loi juive, le judaïsme se transmet par le biais de la mère même si – strictement à des fins d’immigration – la loi israélienne reconnaît deux générations d’ascendance patrilinéaire. Maoz soutient, pour sa part, la limitation de la Loi du retour et il a dit vouloir supprimer la clause dite « des petits-enfants », qui permettait à de nombreux Juifs d’origine soviétique de faire leur alyah.

Maoz avait affirmé vouloir créer un département de la connaissance de l’État juif dans le cadre du Bureau de l’identité juive qui n’a finalement jamais vu le jour – mais les responsabilités et le mandat de cette unité n’auront jamais été clairement établis.

Pour toutes ces initiatives, il avait été promis à Noam 20 embauches et la somme de 440 millions de shekels lors de ses deux premières années.

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