Israël en guerre - Jour 196

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Interview"Je pensais que j'allais mourir à chaque minute"

Aviva Siegel a serré son mari dans ses bras…et le Hamas l’a libérée, sans lui

L’institutrice israélienne de 62 ans, qui a assisté à la réunion du Conseil des droits de l'homme de l'ONU consacrée aux Territoires palestiniens, dit qu’elle ne se reposera pas tant que Keith Siegel ne reviendra pas sain et sauf

L'ex-otage du Hamas Aviva Siegel pose avec un t-shirt montrant une photo de son mari Keith Siegel lors d'une interview avec l'AFP pendant sa visite à la 55e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, le 28 février 2024. (Crédit : Fabrice COFFRINI / AFP)
L'ex-otage du Hamas Aviva Siegel pose avec un t-shirt montrant une photo de son mari Keith Siegel lors d'une interview avec l'AFP pendant sa visite à la 55e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, le 28 février 2024. (Crédit : Fabrice COFFRINI / AFP)

Aviva Siegel a survécu 51 jours aux mains du Hamas à Gaza, son mari Keith à ses côtés. Désormais libérée, elle s’accroche à l’espoir de le revoir vivant.

L’institutrice israélienne de 62 ans dit qu’elle ne se reposera pas tant qu’il ne reviendra pas sain et sauf.

« Nous ne savons pas s’il est vivant. Nous ne savons pas s’il est mort. C’est difficile », confie t-elle à l’AFP lors d’une visite à Genève, où elle a assisté jeudi à la réunion du Conseil des droits de l’homme de l’ONU consacrée aux Territoires palestiniens.

Aviva Siegel, née en Afrique du Sud, et son mari Keith, un Américain de 64 ans qui travaille dans le domaine médical, vivaient dans le kibboutz de Kfar Aza, près de la frontière avec Gaza.

Ils ont trois filles, un fils et cinq petits-enfants.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque le Hamas a envoyé 3 000 terroristes armés en Israël, le 7 octobre, pour mener une attaque brutale au cours de laquelle ils ont tué près de 1 200 personnes. Les terroristes ont également pris en otage 253 personnes, pour la plupart des civils, et les ont emmenées à Gaza.

Les ex-otages Raz Ben Ami (en haut à l’extrême gauche) et Aviva Siegel (en haut à la troisième gauche) écoutent le discours de l’ambassadeur d’Israël à l’ONU Meirav Eilon Shahar (à l’extrême droite en rouge) lors d’une session sur la situation dans le Territoire palestinien pendant la 55e session du Conseil des droits de l’homme à Genève, le 29 février 2024. (Crédit : Fabrice COFFRINI / AFP)

Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages.

Le couple Siegel faisaient partie des 253 otages pris par des militants, dont 130 sont toujours à Gaza. Trente et un sont présumés morts, selon Israël.

« Je n’oublierai jamais ce moment », se souvient Mme Siegel. « Nous avions très, très peur ».

« Ils ont juste ouvert la porte. Nous étions assis là, en pyjama. Et ils nous ont juste emmenés… d’une manière très brutale : ils ont poussé Keith et lui ont cassé les côtes ».

Keith Siegel, capturé par des terroristes du Hamas à son domicile dans le kibboutz Kfar Aza, le 7 octobre 2023. (Autorisation)

51 jours « d’enfer »

En captivité à Gaza, elle était avec d’autres otages et raconte avoir été déplacée d’un endroit à un autre.

« J’ai vécu l’enfer », dit-elle. « Je pensais que j’allais mourir à chaque minute ».

« J’ai été sous le choc pendant 51 jours. La façon dont j’ai été traité n’était pas humaine et j’avais tout le temps peur. Tout le temps. Je ne dormais pas. Je ne mangeais pas ».

Les otages « ont essayé de rester positifs et de s’entraider », se souvient Mme Siegel, même s’ils avaient ordre de ne pas parler entre eux.

Un jour, l’une des otages est revenue des toilette et a raconté comment elle avait été agressée sexuellement.

« Nous avons tous pleuré ensemble et nous étions très bouleversés. Pour elle et pour ce qui pourrait nous arriver », raconte Mme Siegel, pour qui l’un des pires moment a été de se sentir impuissante, « incapable d’aider les filles qui ont été maltraitées ».

Aviva Siegel a été libérée le 26 novembre, quand un homme lui a soudainement annoncé qu’elle retournait en Israël.

« Je ne savais pas où il m’emmenait », dit-elle.

Elle l’a poussé pour dire au revoir à son mari. « Je l’ai serré dans mes bras et je lui ai dit d’être fort pour moi et que je serai forte pour lui, sans savoir ce qui va se passer. Si j’allais vivre ou s’il allait mourir, ou si nous nous reverrions jamais ».

Fils présumé mort

Mme Siegel a décrit le tourbillon d’émotions extrêmes lors de sa libération.

« Le jour où j’ai quitté Gaza, je ne croyais pas que j’allais vivre », dit-elle, évoquant des personnes « tentant de briser les vitres » des véhicules, au passage du convoi de la Croix-Rouge.

Un véhicule de la Croix-Rouge traversant le point de passage de Rafah avec l’Égypte, lors de la libération des otages, le 29 novembre 2023. (Crédit : AFP)

Ensuite elle a vécu « l’un des moments les plus heureux » de sa vie en apprenant que son fils qu’elle croyait mort avait survécu à l’attaque.

Les négociations sont en cours pour une trêve et la libération d’autres otages israéliens.

« Je ne peux pas décider de ce qui va se passer… mais je veux que Keith rentre chez lui le plus tôt possible », dit sa femme.

Aux Nations Unies à Genève, Aviva Siegel portait un t-shirt noir avec une photo de Keith, prise trois semaines avant leur enlèvement.

« Je veux la paix », lance t-elle. Mais elle sait qu’elle ne la trouvera pour elle même « que lorsque Keith sera rentré à la maison » avec tous les autres otages.

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