Baisse de ventes d’armes israéliennes en 2018 avec 7,5 milliards de dollars
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Baisse de ventes d’armes israéliennes en 2018 avec 7,5 milliards de dollars

Une baisse de 1,7 milliard de dollars des exportations d'armes par rapport à l'année 2017 a été enregistrée en 2018

Un F-16C de l’armée de l’air israélienne lors de l’exercice international Blue Flag, à la base militaire d’Ovda, le 8 novembre 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)
Un F-16C de l’armée de l’air israélienne lors de l’exercice international Blue Flag, à la base militaire d’Ovda, le 8 novembre 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Mercredi, le ministère de la Défense a déclaré que les exportations de défense en 2018 étaient d’environ 7,5 milliards de dollars, en baisse de presque 2 milliards de dollars par rapport à l’année dernière.

Selon le département des exportations du ministère, environ un quart des ventes concernaient des missiles ou des systèmes de défense de missiles.

Environ 15 % des exportations de défense concernaient des drones, 14 % des systèmes de radars et des systèmes de guerre électronique, 14 % des exportations correspondaient à des mises à jour et de l’avionique et 12 % étaient des batteries d’armes.

En outre, il y a eu des exportations de systèmes optroniques, de systèmes de satellite et d’espace mais aussi des produits numériques.

Les chiffres étaient en baisse par rapport à 2017, avec 9,2 milliards de dollars, quand l’industrie qui avait profité d’un accord à 2,5 milliards de dollars avec l’Inde pour l’exportation du système de missile Barak 8.

Pour 2018, les chiffres sont aussi à la berne à cause d’un accord avec la Croatie annulé qui prévoyait la vente de 12 F-16 israéliens, après que les Etats-Unis se sont opposés à cette vente. L’Inde a aussi annulé un accord pour acheter des missiles Spike pour 500 millions de dollars, mais les chiffres battent tout de même le record de 2016 d’un milliard de dollars.

« C’est une preuve supplémentaire du désir de nombreux pays de coopérer avec l’Etat d’Israël et d’exprimer leur confiance dans les excellentes capacités de notre industrie de défense », a déclaré Michel Ben-Baruch, le chef du département des exportations du ministère.

Selon les chiffres, 46 % des exportations israéliennes de défense en 2018 étaient à destination de l’Asie et du Pacifique, 26 % de l’Europe, 20 % de l’Amérique du Nord, 6 % de l’Amérique latine et 2 % de l’Afrique.

Un avion de chasse israélien F-16 lance un missile air-sol « Rampage » sur une photographie non datée. (Israeli Military Industries Systems and Israel Aerospace Industries)

Israël est le huitième pays au monde concernant les exportations d’armes. L’Inde, l’Azerbaïdjan et le Vietnam sont ses trois principaux clients sur la période 2014-2018, selon un rapport publié le mois dernier par l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm.

Israël était responsable de 3,1 % des exportations mondiales d’armes sur la période examinée, une augmentation de 60 % en volume par rapport aux années précédentes.

Israël considère les exportations de défense comme un élément clef pour renforcer ses liens avec des pays à travers le monde. L’Etat juif a été observé de près pour ses ventes d’armes, de drones et de technologie d’espionnage informatique à des régimes accusés d’avoir des pratiques contestables en ce qui concerne les droits de l’homme.

Les exportations de défense d’Israël sont régies par une loi de 2007 qui impose que les industriels de la défense prennent en considération pourquoi et où les armes israéliennes seront utilisées. Cette loi vise à empêcher les entreprises de vendre sciemment des armes à des pays qui ont l’intention de les utiliser pour commettre des atrocités.

Le Hermes 900 StarLiner, d’Elbit Systems Ltd. Hermes 900 StarLiner, un nouveau drone capable d’opérer dans l’espace aérien civil. (Crédit : Elbit Systems Ltd.)

Si, selon cette loi, les industriels sont légalement tenus de prendre en considération des violations potentielles des droits de l’homme, cette exigence peut être outrepassée pour des raisons diplomatiques ou de sécurité.

Actuellement, la loi israélienne interdit uniquement la vente d’armes à des pays qui sont sous embargo officiel du Conseil de sécurité des Nations unies. Pourtant, de tels embargos sont rarement imposés, généralement à cause des vétos de la Chine et de la Russie.

Très récemment, Israël a été accusé d’avoir fourni à Myanmar des « armes avancées » lors d’une action de nettoyage ethnique du pays contre les musulmans Rohingya, et d’avoir vendu des armes et d’autres systèmes au Soudan du Sud, où un guerre civile fait rage depuis des années.

Le ministère a aussi été critiqué pour avoir permis au Groupe NSO, basé à Herzliya, de vendre des technologies de traçage de téléphone à des régimes qui sont accusés de les utiliser contre des activistes.

Le logo de l’entreprise israélienne Groupe NSO est affiché sur un bâtiment où ils avaient des bureaux à Herzliya jusqu’en 2016. (AP Photo/Daniella Cheslow)

En 2018, Rodrigo Duterte, le très controversé président des Philippines, avait déclaré au président Reuven Rivlin que son pays allait acheter des armes à feu à Israël étant donné son manque de restrictions.

Dans le passé, il a déclaré qu’il voyait Israël comme un fournisseur alternatif d’armes après que les Etats-Unis et d’autres pays avaient refusé de lui vendre des armes suite à ses violations de droits de l’homme.

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