Bande de Gaza : 2 nouveaux cas de Covid-19, soit 12 au total
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Bande de Gaza : 2 nouveaux cas de Covid-19, soit 12 au total

Selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas, les deux malades revenaient d’Égypte et se trouvent dans un état stable ; l'UNRWA commence à distribuer des colis alimentaires

Les employés palestiniens de l'UNRWA, agence d'aide de l'ONU aux réfugiés palestiniens, à l'arrière d'un camion qui livre de l'aide alimentaire à Gaza City, le 31 mars 2020 (Crédit : Mahmud Hams/AFP)
Les employés palestiniens de l'UNRWA, agence d'aide de l'ONU aux réfugiés palestiniens, à l'arrière d'un camion qui livre de l'aide alimentaire à Gaza City, le 31 mars 2020 (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Deux nouveaux Gazaouis ont contracté le Covid-19, a-t-on appris mardi, ce qui porte le nombre de malades au sein de l’enclave côtière à douze.

Leur état est « stable et rassurant », a déclaré le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.

Les deux patients ont été placés en quarantaine après être récemment revenus d’Égypte, selon le ministère.

Mardi également, l’agence d’aide aux réfugiés palestiniens de l’ONU a commencé à distribuer des colis alimentaires au domicile des Palestiniens défavorisés au lieu de les laisser se rendre dans les centres habituels d’approvisionnement, généralement pris d’assaut – une tentative visant à prévenir une propagation massive du nouveau coronavirus dans ce territoire densément peuplé.

L’agence d’aide aux réfugiés palestiniens de l’ONU, l’UNRWA, a fourni notamment de la farine, du riz, de l’huile et des conserves à près de la moitié des deux millions d’habitants du territoire. Sous l’ancien système, les personnes éligibles à ce programme d’aide devaient se rendre dans des centres de distribution quatre fois par semaine pour s’y approvisionner. L’agence a commencé à assurer des livraisons à domicile mardi.

« Nous avons évalué que des dizaines de milliers de personnes viendraient dans les centres de distribution alimentaire, et c’est très dangereux », a expliqué Adnan Abu Hasna, porte-parole de l’agence à Gaza.

Des employés palestiniens de l’UNRWA, l’agence d’aide aux réfugiés palestiniens, délivrent des aides alimentaires à la porte de l’habitation de réfugiés palestiniens à Gaza City, le 31 mars 2020 (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Environ 4 000 livraisons ont été effectuées dans la journée de mardi et 70 000 autres devraient être réalisées au cours des trois prochaines semaines, a-t-il indiqué.

Des employés à scooter sont chargés de poser les sacs de produits à l’extérieur des maisons, appelant les habitants, confirmant leurs identités avant de laisser les livraisons à l’extérieur. L’agence a donné pour instruction aux destinataires des colis alimentaires de se tenir à une distance de deux mètres des livreurs pour minimiser le risque de contamination.

Le virus est entré à Gaza même si l’enclave est très largement coupée du monde extérieur depuis la mise en place d’un blocus israélo-égyptien, dû à la prise de contrôle par le groupe terroriste palestinien du Hamas du territoire, arraché à l’Autorité palestinienne lors d’un coup d’État, il y a 13 ans.

L’État juif clame que ce blocus est nécessaire pour empêcher le Hamas d’importer des armes et autres équipements de type militaire à des fins terroristes.

La terrifiante possibilité d’une épidémie de la maladie dans l’un des territoires les plus peuplés du monde – deux millions de personnes vivent dans la bande, dont le périmètre représente deux fois celui de Washington D.C – ne semble pas avoir été pleinement acceptée. Un grand nombre à Gaza semble croire le Hamas qui a indiqué que la menace était contenue.

Même si les déplacements depuis et vers l’enclave sont fortement restreints depuis 2007, ils n’ont pas pour autant totalement cessé. Les deux premiers cas de Covid-19 concernaient deux hommes revenus d’une conférence religieuse au Pakistan, et faisaient partie d’une vague de personnes également de retour qui avaient été placées en quarantaine.

Le Hamas a tenté de renforcer ses efforts de confinement ses derniers jours en ouvrant 18 structures supplémentaires dans des cliniques et dans des hôtels, ces derniers étant interdits d’accès. Le groupe terroriste a également prohibé les marchés hebdomadaires en plein air et fait fermer les salles de mariage, les cafés et les mosquées, et a prolongé d’une semaine la période de quarantaine.

Les membres de l’aile militaire du Jihad islamique palestinien, les Brigades Al-Quds, désinfectent les rues de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 mars 2020 (Crédit : Said Khatib/AFP)

Il n’y a qu’un petit nombre de tests disponibles à Gaza. Les responsables internationaux craignent une propagation rapide du virus qui viendrait submerger un système de soins déjà exsangue.

Le COGAT, instance de Défense israélienne responsable des questions civiles palestiniennes, a annoncé avoir coordonné la livraison de centaines de kits de dépistage par l’Organisation mondiale de la santé, ainsi que d’équipements de protection, de médicaments et de désinfectants.

Israël, aux côtés de la majorité des nations occidentales, considère le Hamas comme un groupe terroriste. Mais l’État juif craint qu’une épidémie catastrophique dans la bande de Gaza n’ait des répercussions à l’intérieur de ses frontières.

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