Barak rencontre Livni et Yaalon : vers un pacte d’unité de la gauche ?
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Barak rencontre Livni et Yaalon : vers un pacte d’unité de la gauche ?

L'ancien Premier ministre - dont un grand nombre de personnes estiment qu'il pourrait faire son retour en politique - est un critique virulent de Netanyahu

L'ancien ministre de la Défense Ehud Barak à Tel Aviv, le 22 décembre 2017. (Crédit : Flash90)
L'ancien ministre de la Défense Ehud Barak à Tel Aviv, le 22 décembre 2017. (Crédit : Flash90)

L’ancien Premier ministre Ehud Barak aurait rencontré séparément la responsable de l’opposition Tzipi Livni et l’ex-ministre de la Défense Moshe Yaalon jeudi à son domicile de Tel Aviv, alors que des rumeurs portant sur la possibilité d’une initiative d’unification politique pour le camp de centre-gauche du pays se multiplient.

Barak et Livni se sont entretenus dans la matinée, tandis que Yaalon est venu dans l’après-midi, a noté la Dixième chaîne.

« Ce n’est pas un secret que Livni rencontre et s’entretient avec des parties variées pour examiner la possibilité de faire se rejoindre l’Union sioniste et toutes les factions impliquées dans la voie qui mènera à la révolution », a dit l’un des portes-paroles de la femme politique à la chaîne d’information.

Pour sa part, le porte-parole de Yaalon a noté qu’il y a « des rencontres fréquentes entre des éléments variés au sein du système politique et en-dehors, qui partagent l’inquiétude nationale de faire revenir Israël sur le bon chemin et de mettre en place un leadership différent ».

La députée Tzipi Livni (Union sioniste) prend la parole lors de la réunion de faction à la Knesset, à Jérusalem, le 11 juin 2018. (Hadas Parush/Flash90)

Yaalon a été déchu par Netanyahu de son poste de ministre de la Défense au mois de mai 2016 et remplacé par Liberman. Il a peu près quitté le parti du Likud et le Parlement israélien. Il critique depuis fréquemment Netanyahu et il a fait savoir qu’il ferait son retour en politique pour se présenter contre le Premier ministre.

Samedi, alors qu’il s’exprimait lors d’un événement culturel organisé au conseil régional d’Eshkol, Yaalon a expliqué que « ce qui arrive en ce moment, cette situation politique, est une menace existentielle pour Israël ».

Au début du mois, Barak a pour sa part qualifié l’enquête sur des actes de corruption présumés – à hauteur de milliers de dollars – commis lors de l’achat de sous-marins allemand de l’une des corruptions les plus graves de toute l’histoire d’Israël, disant qu’ils étaient une « quasi-trahison ».

L’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon durant un rassemblement contre la corruption gouvernementale, place Sion à Jérusalem, le 23 décembre 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

S’exprimant samedi lors d’une manifestation culturelle à Nes Tziona, quelques jours à peine après que la police a recommandé d’inculper un certain nombre de suspects dans l’enquête, Barak a également appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à démissionner, à la suite d’accusations criminelles portées contre plusieurs de ses proches collaborateurs.

L’enquête, connue sous le nom d’Affaire 3000, est considérée comme l’un des plus lourds cas de corruption de l’histoire du pays et porte sur l’achat de sous-marins à 2 milliards de dollars à un constructeur naval allemand.

Netanyahu lui-même n’est pas suspecté dans l’affaire, mais la police l’a interrogé comme témoin en raison de soupçons pesant sur d’éventuels pots-de-vin payés à des responsables de l’Etat pour influencer une décision concernant l’achat de quatre bateaux de patrouille et de trois sous-marins de classe Dolphin auprès du fabricant naval allemand ThyssenKrupp, malgré l’opposition du ministère de la Défense.

Au mois de juillet, dans des propos énigmatiques susceptibles d’annoncer un come-back politique, Barak a par ailleurs estimé qu’il y avait une « possibilité réelle et historique » de remplacer le « gouvernement obscur et nationaliste » du Premier ministre Benjamin Netanyahu par un autre qui promettrait « l’espoir et la vision ».

Barak, 76 ans, qui a été le ministre de la Défense de Netanyahu entre 2009 et 2013, est au cours de l’année passée devenu un fervent critique du Premier ministre, un grand nombre d’observateurs considérant qu’il pourrait ainsi préparer un retour en politique.

Au mois de décembre, Barak, dans une lettre ouverte du New York Times, avait expliqué que le gouvernement actuel mettait en péril le projet sioniste dans son ensemble dans la mesure où il se rapprochait d »une annexion de la Cisjordanie « empêchant toute séparation permanente d’avec les Palestiniens ».

Il avait accusé le gouvernement dirigé par Netanyahu ‘’afficher un irrespect généralisé pour l’Etat de droit et affirmé qu’il avait « déclaré la guerre » aux tribunaux, aux médias, à la société civile, et au code éthique de l’armée israélienne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense d’alors, Ehud Barak, pendant une conférence de presse au bureau du Premier ministre, le 21 novembre 2012. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Barak est l’homme qui est resté le plus longtemps au plus haut poste de l’Etat-major et il est le soldat le plus décoré. Il est devenu Premier ministre en 1999 après avoir battu Netanyahu lors des élections.

Suite à sa défaite, en 2001, face à feu Ariel Sharon, Barak avait pris temporairement sa retraite politique mais il était ensuite retourné en 2005 au Parti travailliste. De 2007 à 2013, il avait été ministre de la Défense, sous Netanyahu pendant les quatre dernières années.

En 2011, il avait quitté les travaillistes accompagné de quatre autres députés et il avait formé le parti de l’Indépendance – dont l’existence a été brève – afin de rester au sein de la coalition de Netanyahu malgré l’objection de la majorité du parti travailliste. La formation avait été effectivement démantelée lors de la seconde retraite de la politique de Barak, en 2013.

Dans un sondage réalisé par la radio militaire lundi par Mina Tzemach et Meno Geva, les Israéliens ont été interrogés sur leur préférences de vote, montrant un léger glissement à droite.

Le Likud conserve sa première place au classement avec 30 sièges à la Knesset contre 24 dans une enquête réalisée la semaine dernière – mais c’est le même nombre de fauteuils que celui qu’il occupe actuellement à la Knesset. A la deuxième place, il y a Yesh Atid (18), un record dans les sondages récents. Le parti de centre-gauche de l’Union sioniste passe pour sa part de 24 sièges à seulement 12, à égalité avec la Liste arabe unie.

La formation HaBayit HaYehudi, pour sa part, passe de 8 à 9 sièges, s’élevant légèrement et Yisrael Beytenu, la formation d’Avigdor Liberman dont la démission du poste de ministre de la Défense a déclenché une crise politique d’une semaine, passe de 5 à huit fauteuils.

Le parti ultra-orthodoxe HaYadout HaTorah enregistre 7 sièges et Shas 6. La formation du député Orly Levy-Abekasis, qui n’a pas encore été lancée, remporte 6 sièges et le Meretz de gauche 4, stationnant juste au-dessus du seuil électoral.

Mercredi dernier, Liberman a démissionné du gouvernement pour manifester son mécontentement face à un accord de cessez-le-feu passé avec le Hamas après que le groupe gazaoui a lancé des centaines de roquettes vers des villes israéliennes pendant deux jours. Son retrait a fait plonger la coalition à une majorité minuscule de 61 sièges à la Knesset forte de 120 députés.

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