Barbara Zehnpfennig favorable à la publication de ‘Mein Kampf’
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Barbara Zehnpfennig favorable à la publication de ‘Mein Kampf’

Même s'll est très peu probable que la réédition du livre connaisse un succès, la politologue allemande encourage l'étude de l'idéologie totalitaire

Barbara Zehnpfennig (Crédit : YouTube)
Barbara Zehnpfennig (Crédit : YouTube)

Le Docteur Barbara Zehnpfennig a été interviewée par Arte sur la publication imminente du pamphlet « Mein Kampf » écrit par Hitler.

Ainsi pour cette politologue allemande, cette publication est vue comme étant une bonne chose qui permettra de comprendre comment une idéologie qui n’est pas prise au sérieux dès ses débuts peut s’avérer être complètement destructrice.

« Hitler n’a pas été pris au sérieux, pas plus que son livre, » explique Zehnpfennig qui a consacré sa thèse à l’écrit d’Adolf Hitler.

« Si les historiens ont pris de la distance par rapport à ‘Mein Kampf’ c’est aussi je pense à cause d’un complexe de supériorité, Hitler un amateur, un homme sans culture, on a certes bien dû le prendre au sérieux en tant que dictateur après la guerre mais pas en tant qu’écrivain. Inutile en quelque sorte de prendre son temps à disséquer la prose de celui qu’on va appeler un parvenu. »

Pour Barbara Zehnpfennig l’erreur a été de mettre à distance la parole d’Hitler et ses actes.

« On n’a pas forcément fait le lien entre les paroles et les actes. Pendant très longtemps on a considéré Hitler comme un opportuniste sans principe, parce qu’on avait pas compris quel projet d’ensemble gouvernait ses actes. On aurait pu se dire en lisant ‘Mein Kampf’ attentivement, le livre donne toutes les clés de la pensée et de la personne d’Hitler. C’est un ouvrage fondamental pour comprendre tous les tenants et les aboutissants. »

Dans cet ouvrage explique la professeure allemande, Hitler procède par étape.

D’abord il explique sa vision du monde au niveau mondial. Pour que cette vision devienne réalité il a un projet au niveau intérieur de l’Allemagne, puis à l’extérieur.

« C’est la qu’on voit se dessiner le plan d’ensemble. Qu’on comprend que ce qu’Hitler a fait, correspondait à une stratégie. Et on comprend pourquoi il l’a fait. Ce n’était rien d’autre que la mise en oeuvre de sa vision du monde. »

Barbara Zehnpfennig rapporte le langage très simple de l’ouvrage d’Hitler, ainsi que les dicrétions de l’auteur. Elle souligne même des « références historiques incompréhensibles ».

Pour Barbara Zehnpfennig il est très peu probable que la réédition du livre connaisse un succès.

Elle explique également que cette publication pourrait se passer d’un avertissement aux lecteurs comme c’est le cas en France. « Le lecteur est a priori suffisamment mature pour s’informer lui-même et se faire une opinion. Je comprends que les victimes d’Hitler aient peur mais elles devraient souhaiter qu’on étudie et qu’on analyse ce livre pour comprendre pourquoi c’est une erreur de s’intéresser d’abord aux crimes qui ont été commis et de chercher ensuite ce qui cloche. C’est trop tard. Une chose que nous enseigne le national-socialisme, c’est que la pensée précède les actes, d’ou l’importance de cette publication. »

Elle fait alors un parallèle entre le National-socialisme et les actes de terrorisme actuels. « D’ailleurs je ne comprends pas qu’aujourd’hui face à la menace du terrorisme islamiste on ne commence pas par s’intéresser à ce qui se passe dans les têtes. »

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