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Barlev invoque Rabin pour condamner le « danger » des mots des politiciens

Le ministre de la Sécurité intérieure a comparé les critiques à son encontre des politiciens de droite aux actions de Netanyahu avant le meurtre de l'ex-Premier ministre

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev à Nazareth, le 9 novembre 2021. (Crédit : Michael Giladi/Flash90) et, à gauche, la ministre de l'Intérieur Ayelet Shaked au ministère des Finances de Jérusalem, le 31 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev à Nazareth, le 9 novembre 2021. (Crédit : Michael Giladi/Flash90) et, à gauche, la ministre de l'Intérieur Ayelet Shaked au ministère des Finances de Jérusalem, le 31 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les ministres de droite ont riposté, mardi, après que leur partenaire de coalition Omer Barlev, actuellement ministre de la Sécurité intérieure, a déclaré que leur manière de le désigner comme un « ennemi » de la droite s’apparentait à ce qu’avait pu faire le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu dans les semaines qui avaient précédé l’assassinat de Yitzhak Rabin, Premier ministre à l’époque.

Ces propos de Barlev avaient été tenus alors qu’il avait accusé, la veille, des ministres de droite de le faire passer pour un « ennemi » des résidents des implantations de Cisjordanie. Il avait expliqué lors d’une réunion de faction du parti Travailliste que trois ministres étaient responsables de ces incitations à la haine, une référence à la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked, au ministre des Affaires religieuses Matan Kahana et au ministre des Communications Yoaz Hendel.

Shaked, qui appartient à la formation Yamina de droite, a déclaré mardi que Barlev diabolisait une communauté toute entière.

« Les tâches brûlantes qui attendent le ministère de la Sécurité intérieure sont nombreuses », a écrit Shaked sur Twitter. « Salir une communauté respectueuse de la loi et une communauté idéologique n’en fait pas partie ».

Hendel a également répondu. « Il est de mon devoir, en tant que ministre du cabinet, de critiquer les membres du cabinet quand ils ont tort. Omer a de nombreux mérites mais il n’est pas à l’abri des critiques », a-t-il écrit sur Twitter. « Je combattrai les incitations à la haine de toutes mes forces et je combattrai aussi en faveur des critiques factuelles. Toujours ».

Hendel et Shaked ont tous les deux partagé dans leur publication des images de l’interview où Barlev fait la comparaison avec Netanyahu.

Yoaz Hendel s’exprime lors d’une conférence à Ramat Gan, le 8 septembre 2019. (Crédit : Flash90)

« Je n’ai aucun doute sur le fait que cela n’a pas été l’intention des ministres mais dans les faits, leur réponse est que je suis l’ennemi de tous les habitants d’implantation, que je ne comprends pas ce qu’est la sécurité, que j’ignore les menaces des organisations terroristes et que j’aide à propager un narratif mensonger – les réactions sont extrêmes et nous avons pu le constater sur les réseaux sociaux », a dit Barlev sans nommer les ministres.

« Nous nous souvenons tous du fait que l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui était alors à la tête de l’opposition, s’était tenu à un balcon de la place Sion et que dans la foule qui défilait en-dessous de lui, il y avait des images de feu le Premier ministre Yitzhak Rabin avec l’uniforme SS, avec un cercueil, et qu’il ne l’avait pas condamné », explique Barlev. « Netanyahu ne voulait pas, Dieu nous en préserve, que cela entraîne l’assassinat d’un Premier ministre israélien mais en fin de compte, sa passivité n’a pas aidé à empêcher cette évolution des choses ».

Alors qu’il lui était demandé s’il faisait directement l’équivalent entre les deux situations, Barlev avait répondu que « je fais la comparaison avec les politiciens qui ne veulent pas qu’un extrémiste interprète leurs propos ; toutefois, si les politiciens ne font pas eux-mêmes attention à ce qu’ils disent, les extrémistes peuvent décider de prendre les choses en main. Ce qu’on dit peut être dangereux ».

Barlev a révélé, lundi, qu’il bénéficiait dorénavant d’une protection vingt-quatre heures sur vingt-quatre en raison de menaces à son encontre proférées par des Juifs israéliens. Il n’a précisé ni la nature de ces menaces, ni les personnes qui les ont émises.

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