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Ben Gvir fera cavalier seul et accuse Smotrich de l’échec des négociations

Entre sondages favorables et frictions avec le parti Sionisme religieux, le chef d'Otzma Yehudit dit qu'on lui a forcé la main, mais il reste encore un mois avant les finalisations

Le politicien d'extrême droite, Itamar Ben Gvir lors d'une session plénière à la Knesset, à Jérusalem, le 20 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le politicien d'extrême droite, Itamar Ben Gvir lors d'une session plénière à la Knesset, à Jérusalem, le 20 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député Itamar Ben Gvir, leader d’extrême droite, a déclaré lundi soir que son parti Otzma Yehudit fera cavalier seul aux élections générales du 1er novembre, et a accusé le leader du parti Sionisme religieux, le député Bezalel Smotrich, avec qui il s’était allié pour les élections de l’année dernière, de ne pas avoir négocié de bonne foi pour maintenir leur alliance.

« J’ai essayé par tous les moyens de parvenir à une union entre nous, mais comme Bezalel a refusé toutes mes concessions, je déclare ce soir, le cœur lourd, qu’Otzma Yehudit se présentera seul aux élections », a déclaré Ben Gvir, lors d’une conférence de presse à Kfar Maccabiah.

Ben Gvir et Smotrich sont engagés dans des négociations laborieuses depuis des semaines pour renouveler l’alliance politique qui a vu leurs deux partis se présenter sur une liste commune aux élections de mars 2021, où ils avaient remporté six sièges ensemble. Les sondages de dimanche ont montré que leur alliance se dirigeait vers 9 à 11 sièges cette fois-ci.

Malgré la déclaration de Ben Gvir, il reste un mois entier avant la date butoir du 15 septembre pour la présentation des listes de partis, ce qui signifie que les négociations sur une candidature commune peuvent encore être relancées et menées à bien.

Ben Gvir a fait de fréquentes apparitions dans les médias pour inciter Smotrich à accélérer les négociations et à offrir à son parti de meilleures conditions pour former une faction unie.

Otzma Yehudit a récemment été stimulé par une série de sondages favorables, dont certains indiquaient qu’une liste commune obtiendrait plus de sièges si Ben Gvir, plutôt que Smotrich, était à sa tête, et d’autres prédisaient qu’Otzma Yehudit obtiendrait plus de sièges que le parti d’extrême droite Sionisme religieux s’ils se présentaient séparément.

Les députés d’extrême droite Itamar Ben Gvir, à gauche, et Bezalel Smotrich à la porte de Damas, à l’extérieur de la Vieille Ville de Jérusalem, le 20 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon un sondage de la Douzième chaîne dimanche soir, Otzma Yehudit remporterait huit sièges et le parti Sionisme religieux seulement cinq, si les deux partis se présentaient en solo.

« D’abord, mon ami Bezalel Smotrich a refusé toute négociation. Ensuite, il a accepté, mais apparemment juste pour les apparences, et maintenant il exige six des huit premières places [sur la liste électorale] », a affirmé Ben Gvir lors de sa conférence de presse.

Ben Gvir a affirmé qu’il avait fait une série de concessions à Smotrich, dont celles de ne pas briguer la tête de la liste commune, de ne pas demander plus de sièges pour Otzma Yehudit que pour le parti Sionisme religieux, et même de ne pas insister pour avoir un nombre égal de places sur la liste pour les candidats des deux partis.

Il a également affirmé que Smotrich avait apparemment choisi de ne courtiser que les électeurs sionistes religieux « classiques », et a déclaré qu’Otzma Yehudit, en revanche, visait « les résidents de la périphérie, du nord, du sud, les religieux traditionalistes, les laïcs, les ultra-orthodoxes, les soldats et les jeunes ».

Smotrich, dit-il, « a choisi de ne pas se présenter ensemble parce qu’il ne veut, par principe, [représenter], que les religieux-sionistes classiques ».

Les crises précédentes dans les négociations entre Otzma Yehudit et les anciennes versions du parti Sionisme religieux ont, par le passé, amené le leader du Likud et ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu à intervenir et à amadouer les factions pour les réunir, par crainte que l’une d’entre elles ne franchisse pas le seuil électoral, nuisant ainsi aux chances du bloc pro-Netanyahu de former un gouvernement.

Plus tôt dans la journée de lundi, après l’annonce par Ben Gvir qu’il tiendrait une conférence de presse, Smotrich a exhorté son collègue d’extrême droite à ne pas se présenter seul, affirmant que la division du camp religieux de droite nuirait au bloc pro-Netanyahu.

« Nous avons encore un mois avant la clôture des listes électorales. Revenez dans la salle de négociation – parlons de tout, discutons de tout, et nous arriverons à un accord sur la meilleure façon de se présenter ensemble pour maximiser notre force et apporter une victoire au camp national », a déclaré Smotrich.

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