Ben Gvir justifie la démolition de maisons bédouines dans le Neguev
Le ministre a dit à la Knesset qu'il mettait un terme à quarante ans de laxisme, faisant fi des critiques sur l'absence de relogement et d'abris pour les habitants
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Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, a justifié la campagne gouvernementale qui a été lancée à l’encontre des constructions bédouines illégales dans le Neguev en disant aux députés que « si ce n’est pas légal, on démolit la maison », avant d’ajouter que les autorités devaient « sauver le Neguev ».
Lors d’une réunion de la commission des Affaires intérieures et de la protection de l’environnement de la Knesset, Ben Gvir a affirmé avoir mis fin à des années d’application laxiste des lois : « Je fais ce qui n’a pas été fait depuis 40 ans… On me disait qu’on ne démolissait pas les maisons habitées parce que les gens risquaient de se mettre en colère. On en a fini avec ça. »
Selon les chiffres du ministère de la Sécurité intérieure, les démolitions et autres mesures répressives prises à l’encontre des constructions illégales dans le Neguev ont augmenté de 81 % ces trois dernières années par rapport aux trois années précédentes, avec plus de 5 700 démolitions et ordonnances d’exécution qui ont été menées à bien en 2025.
A l’occasion d’un échange houleux avec Ben Gvir, la députée du parti Yesh Atid, Yasmin Fridman, a critiqué l’absence de solutions alternatives pour les bédouins dont les maisons sont détruites.
« Je ne suis pas favorable aux constructions illégales, mais je veux qu’on leur donne une alternative… Est-ce que le ministère des Affaires sociales se rend là-bas ? Il y a des enfants. Et au final, l’avenir du Neguev ne dépend pas seulement de la lutte contre la criminalité, mais aussi de la vie commune, de l’éducation, des infrastructures et de l’emploi », a-t-elle déclaré.
La multiplication des démolitions commandées par le gouvernement a suscité la critique d’organisations de défense des droits humains, lesquelles soutiennent que la répression s’est faite sans se soucier du relogement des habitants et sans se soucier des services de base qui doivent rester accessibles aux communautés non reconnues.
Selon le rapport qui a été publié en janvier dernier par le centre de recherche du Forum de coexistence du Neguev, Nagabiyah, 35 % seulement des Bédouins ont accès à un abri au sein de leur communauté et la plupart des villes bédouines ne disposent d’aucun abri collectif.
Ben Gvir est par ailleurs tres critiqué en raison de la hausse de la criminalité dans le Neguev.
Selon le rapport publié en avril par le contrôleur de l’État sortant, Matanyahu Englman, la gouvernance s’est détériorée dans la région – en particulier au sein des communautés bédouines – où il manquait 205 policiers dans les commissariats en 2024, un facteur favorable à l’augmentation de la délinquance et à la généralisation du racket organisé.
Ben Gvir estime qu’une application de la loi rigoureuse contre les constructions illégales est indispensable pour restaurer « la gouvernance et la souveraineté » dans la région.
la Communauté du Times of Israël !







