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Ben Gvir stopperait une campagne contre la criminalité arabe dirigée par la JDC

Le ministre de la Sécurité intérieure aurait fait cette annonce lors d’une réunion ; il a justifié sa décision en disant que l'organisation américaine était "de gauche"

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, pendant une commission de la Défense et des Affaires étrangères à la Knesset, à Jérusalem, le 15 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, pendant une commission de la Défense et des Affaires étrangères à la Knesset, à Jérusalem, le 15 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, aurait annulé une campagne anti-criminalité dans plusieurs villes arabes en raison de la gestion du projet par le bureau local de l’American Jewish Joint Distribution Committee, qu’il a qualifié d’« organisation de gauche ».

Le nationaliste d’extrême droite Ben Gvir a tenu ces propos lors d’une récente réunion, lorsqu’il a été décidé que son ministère ne financerait plus ou ne coopérerait plus avec le projet, baptisé « Arrêter l’hémorragie », a rapporté mardi la chaîne publique Kan.

Le ministère de la Sécurité intérieure a déclaré dans un communiqué, en réaction à l’information, que le projet avait été annulé parce que JDC Israël, la division locale des organisations mondiales JDC, n’avait pas fourni les rapports semestriels requis depuis un an et demi.

« Le ministre examine à la loupe tous les transferts de fonds du ministère et la répartition des budgets », a déclaré le ministère dans son communiqué, ajoutant que « le temps où les fonds et les budgets étaient distribués sans critères ni preuves d’activité est désormais révolu ».

JDC Israël, qui, comme son organisation mère, est également connue sous le nom de Joint, n’a pas tenu à réagir dans l’immédiat dans les colonnes du Times of Israel.

Le député Yesh Atid, Yoav Segalovitz, ex-officier supérieur de police et vice-ministre qui a contribué à mettre en place le projet « Arrêter l’hémorragie », a déclaré à Kan que son annulation était « très préoccupante ».

Il a dénoncé le fait d’accuser le Joint d’être « gauchiste » et il a critiqué Ben Gvir, qui « fait dans la surenchère et la propagande politique ».

« C’est un nouvel exemple de son incompétence », a déclaré Segalovitz.

« C’est un programme décidé par le gouvernement, pas le jouet de Ben Gvir. »

Selon le groupe anti-violence Abraham Initiatives, 31 personnes originaires de la communauté arabe ont été assassinées ces deux derniers mois et demi.

Dans un communiqué, il a déclaré que « ce que souhaite le ministre de la Sécurité intérieure, c’est mettre un terme au principal programme de lutte contre les violences dans les communautés arabes. Le ministre Ben Gvir n’est pas qualifié pour occuper le poste et cela se fait au prix de vies humaines. »

Illustration : Des Israéliens arabes manifestent contre la violence, la criminalité et les récents meurtres dans leur communauté, dans la ville arabe d’Umm al-Fahm, le 22 octobre 2021. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

Le programme était en cours dans sept villes arabes depuis une décision prise par le gouvernement, en 2021, pour lutter contre la criminalité au sein de la communauté arabe, et suppléer l’action de la police en identifiant les problèmes spécifiques à chaque district et en fournissant des outils adaptés pour y faire face.

Il s’agit d’un projet conjoint impliquant le ministère de la Sécurité intérieure, l’Autorité nationale pour la sécurité communautaire, le bureau de la procureure générale, la police, le département de criminologie de l’Université hébraïque, le cabinet du Premier ministre et le JDC Israël.

Il était exploité à Turan, Tamra, Jisr az-Zarqa, Umm al-Fahm, Tayibe, la ville bédouine de Rabat et la ville mixte judéo-arabe de Lod.

Selon des documents du ministère de la Sécurité intérieure, l’objectif était de tirer parti de l’expérience acquise dans ces villes pour élaborer un plan national de lutte contre la criminalité au sein de la communauté arabe.

Le JDC, fondé en 1914 et basé à New York, se présente comme la principale organisation de secours juive au monde. Active dans plus de 70 pays, elle vient en aide aux communautés juives en Israël et dans le monde entier.

Au-delà des secours en cas de catastrophe, il se consacre aux questions de protection sociale.

En 1976, il a créé JDC Israël, qui a travaillé avec le gouvernement sur de nombreux projets sociaux au service des populations les plus vulnérables d’Israël.

Les communautés arabes en Israël ont enregistré une recrudescence des violences ces dernières années, principalement motivée, mais pas exclusivement, par le crime organisé.

Les Arabes israéliens estiment que la police a échoué à réprimer les puissantes organisations criminelles et a ignoré les violences pendant de longues années, que ce soient les querelles familiales, les guerres de territoire mafieuses ou les violences faites aux femmes.

Capture d’écran du bureau de l’American Joint Distribution Committee à Jérusalem. (Google Streetview)

Ben Gvir, chef du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, a fait campagne en promettant de réprimer les attentats palestiniens et la criminalité arabe israélienne.

Il a subordonné sa participation à la coalition de Netanyahu à l’octroi du ministère de la Sécurité intérieure, en insistant pour disposer de plus de pouvoir encore sur la police.

Une loi de décembre, qu’il a lui-même présentée, lui a donné les pleins pouvoirs sur la définition de la politique générale de la police en plus d’une certaine influence sur la politique relative aux enquêtes, à condition qu’il consulte le chef de la police et entende l’avis de la procureure générale.

Suite à la modification des règlements de la police existants, la loi stipule désormais que le gouvernement a « autorité » sur la police israélienne et confie à Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, une « compétence » sur la police au nom du gouvernement.

Ben Gvir entretient une relation tendue avec le chef de la police israélienne, Kobi Shabtai.

Ce dernier a d’ailleurs ordonné à ses commandants de ne pas s’entretenir directement avec le ministre de la Sécurité nationale, a rapporté la Douzième chaine cette semaine.

Mardi, le procureur général adjoint, Gil Limon, a déclaré lors d’une réunion de commission de la Knesset que l’influence accrue du gouvernement sur la politique de la police portait atteinte à son indépendance opérationnelle et contribuait à sa politisation.

Ben Gvir a fait l’objet de critiques de la part de la droite dure après plusieurs attentats terroristes meurtriers, ces dernières semaines.

Ses détracteurs affirment qu’il n’a jusqu’à présent pas tenu sa promesse de mettre un coup d’arrêt au terrorisme et de durcir les peines contre les assaillants et leurs familles, en allant jusqu’à la peine de mort pour les terroristes condamnés.

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