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Bennett aux Emirats pour la première visite d’un Premier ministre israélien

Ce pays du Golfe a normalisé ses relations avec l'Etat hébreu en 2020

Le Premier ministre Naftali Bennett monte à bord d'un avion à l'aéroport Ben Gourion en partance pour les Émirats arabes unis, le 12 décembre 2021. (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett monte à bord d'un avion à l'aéroport Ben Gourion en partance pour les Émirats arabes unis, le 12 décembre 2021. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Naftali Bennett a atterri dimanche pour les Emirats arabes unis, première visite officielle d’un Premier ministre israélien dans cette monarchie du Golfe, qui a normalisé en 2020 ses relations avec l’Etat hébreu.

Le Premier ministre doit « s’entretenir demain (lundi) avec le prince héritier d’Abou Dhabi cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahyane » notamment de « l’approfondissement des liens entre les deux pays », est-il précisé dans un communiqué de son bureau.

Peu avant 16H30 locales, le bureau de M. Bennett a annoncé que son avion avait décollé, citant le Premier ministre évoquant une visite « historique » et une « première ». Il y était arrivé en début de soirée.

« La visite est destinée à approfondir la coopération dans tous les domaines », a-t-il dit avant d’embarquer. « Les relations sont excellentes, nous devons les cultiver, les renforcer et construire la paix entre les peuples », a-t-il encore dit dans une vidéo diffusée par son bureau.

« Il s’agit de la première visite officielle d’un Premier ministre israélien aux Emirats arabes unis », est-il indiqué.

Les deux dirigeants doivent également discuter des « enjeux économiques et régionaux qui contribuent à la richesse, à la prospérité et au renforcement de la stabilité » entre Israël et les Emirats.

Cette visite intervient alors que les négociations pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien ont reprises à Vienne entre Téhéran et les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Allemagne, Royaume-Uni).

Ces pourparlers ont été décriés par Israël, qui a appelé Washington à y mettre fin ainsi qu’à prendre des « mesures concrètes » contre l’Iran.

L’accord, qui offrait à Téhéran la levée d’une partie des sanctions étouffant son économie en échange d’une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous strict contrôle de l’ONU, est moribond depuis le retrait unilatéral du pacte des Etats-Unis en 2018. Washington a rétabli des sanctions, poussant en riposte Téhéran à se détacher de la plupart de ses engagements.

Les Emirats, qui partagent avec Israël une animosité envers l’Iran, restent un important partenaire économique de la République islamique.

Le président américain Donald Trump, (au centre), avec de gauche à droite, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn Khalid bin Ahmed Al Khalifa, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Trump, et le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis Abdullah bin Zayed al-Nahyan, lors de la cérémonie de signature des Accords d’Abraham sur la pelouse sud de la Maison Blanche, mardi 15 septembre 2020, à Washington. (AP Photo/Alex Brandon)

Début décembre, le conseiller émirati à la sécurité nationale, cheikh Tahnoun ben Zayed, s’était rendu à Téhéran, pour le premier déplacement d’un haut responsable émirati depuis la rupture des relations entre l’Iran et l’Arabie saoudite en 2016, après l’exécution par Ryad d’un influent opposant religieux chiite. Les Emirats avaient par la suite réduit leurs liens diplomatiques avec Téhéran.

Le 15 septembre 2020, les Emirats arabes unis et Bahreïn étaient devenus les premiers pays arabes du Golfe à normaliser publiquement leurs relations avec Israël, sous l’impulsion du président américain de l’époque, Donald Trump, et de son gendre, Jared Kushner, architecte de cette stratégie.

Ces « accords d’Abraham » avaient également abouti à des pactes similaires avec le Maroc et le Soudan.

Ils avaient été signés par l’ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et approuvés par l’actuelle coalition israélienne au pouvoir, alors dans l’opposition.

Ils ont été dénoncés par les Palestiniens comme une trahison, la résolution du conflit israélo-palestinien étant longtemps restée une condition à toute normalisation des relations des pays arabes avec l’Etat hébreu.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid serre la main du ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Cheikh Abdullah bin-Zayed al-Nahyan à Abou Dhabi, Émirats arabes unis, le mardi 29 juin 2021. (Shlomi Amsalem / Bureau de presse du gouvernement via AP)

Fin juin, le chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid avait inauguré aux Emirats la première ambassade d’Israël dans le Golfe, à Abou Dhabi ainsi qu’un consulat à Dubaï, lors d’une visite officielle inédite, les responsables émiratis ayant fait de même à Tel-Aviv.

Les Emirats, lancés depuis des décennies dans la diversification de leur économie, dépendant de moins en moins du pétrole, ont signé depuis la normalisation une série d’accords avec Israël allant du tourisme à l’aviation en passant par les services financiers.

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