Bennett : le gouvernement Netanyahu encourage le harcèlement de ses détracteurs
"Le jour où, Dieu nous en préserve, les journalistes craindront de critiquer le gouvernement, notre État cessera d'être démocratique", a déclaré l'ancien Premier ministre

Le harcèlement dont a été victime, dimanche dernier, la présentatrice de journal télévisé arabe israélienne Lucy Aharish de la part du provocateur d’extrême droite Mordechai David constitue une attaque contre la démocratie israélienne, et relève de la responsabilité du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a affirmé l’ancien Premier ministre Naftali Bennett.
« Payer des voyous pour qu’ils se rendent chez Lucy Aharish et qu’ils l’intimident, elle et sa famille, est un acte dangereux qui franchit une ligne rouge. Et lorsque cet acte est encouragé ou toléré par des ministres du gouvernement, c’est encore plus grave », a ajouté Bennett dans un communiqué.
« Le jour où, Dieu nous en préserve, les journalistes craindront de critiquer le gouvernement, notre État cessera d’être démocratique. Il ne sera plus non plus un État juif, car l’héritage juif repose sur la liberté, la liberté de critiquer et l’existence d’un contrôle sur le pouvoir », a-t-il renchéri, soulignant que si les critiques sévères des médias sont désagréables, « elles sont aussi le moteur de la démocratie ».
« Nous ne laisserons pas la violence réduire les médias au silence », a martelé Bennett.
David et Rami Ben-Yehuda, militant du Likud, ont été arrêtés pour intrusion et trouble à l’ordre public après avoir pénétré, munis d’un mégaphone, dans l’immeuble où vit Aharish, à Tel-Aviv.
David, dans la soirée de samedi, a également été vu en train d’essayer de bloquer le passage à deux autres journalistes, Shai Goldin et Raviv Druker, critique du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Selon la chaîne N12, David a expliqué qu’il voulait exprimer son mécontentement à l’égard de la journaliste Aharish suite aux récentes déclarations de cette dernière sur la Treizième chaîne, dans lesquelles elle a évoqué la « colère légitime » des Arabes israéliens, qui reprochent au gouvernement son inaction face à la vague de criminalité qui a déferlé sur leur communauté ces dernières années.
David, qui a été condamné pour tentative d’incendie criminel en 2021, est connu pour ses coups d’éclat politiques. Il bloque régulièrement les véhicules des politiciens, journalistes et autres personnalités avec lesquels il est en désaccord, et se livre à des actes de harcèlement à leur encontre.
David bénéficie du soutien de membres de la coalition gouvernementale de Netanyahu. Il a notamment été reçu par le ministre de la Justice Yariv Levin et le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir, qui supervise la police, et a été félicité par d’autres politiciens de la coalition.







